Suisse : 217 entreprises de robotique et 7 000 emplois

Analyse Raiffeisen : 50 nouvelles entreprises à partir de 2020. Zurich et Vaud pôles clés, lien fort avec la recherche académique et spin-off.
Contexte
En bref
- 217 entreprises suisses de la robotique et environ 7'000 employés
- Depuis 2020, 50 nouvelles entreprises dans le secteur
- Zurich et Vaud regroupent environ les trois quarts des entreprises
- La Chine est à la tête des installations industrielles et des robots humanoïdes
Faits clés
- Entreprises → au moins 217
- Employés → environ 7'000
- Nouvelles entreprises depuis 2020 → 50
- Spin-off académiques → environ 56%
- Pôles géographiques → Zurich et Vaud, environ les trois quarts
- Robots industriels dans le monde → plus de cinq millions
- Livraisons 2025 → environ 207'000 robots de service professionnels
- Start-up financées depuis 2020 → 3,8 par million d'habitants
La Suisse compte au moins 217 entreprises de robotique, avec environ 7'000 employés. C'est ce qui ressort d'une nouvelle analyse de Raiffeisen Economic Research, selon laquelle, rapportée à la population, la création de start-up du secteur financées par du capital-risque dépasse celle enregistrée aux États-Unis, en Grande-Bretagne et dans les autres pays européens analysés. L'analyse souligne toutefois la difficulté de faire croître les jeunes entreprises tout en maintenant en Suisse la création de valeur.
Le marché international élargit la portée du secteur. Plus de cinq millions de robots industriels sont déjà utilisés dans le monde et les machines trouvent aussi des applications dans la logistique, la médecine, l'agriculture, le nettoyage et l'inspection, en plus des usines. En 2025, environ 207'000 robots de service professionnels ont été livrés dans le monde. Depuis le début de 2026, en Californie, les robotaxis parcourent chaque mois plus de dix millions de kilomètres en transportant des passagers.
L'impulsion donnée aux investissements vient aussi de l'intelligence artificielle et des robots humanoïdes. La Chine concentre plus de 50% des nouvelles installations mondiales de robots industriels et près de 90% des robots humanoïdes livrés. Ce sont des éléments que Raiffeisen inscrit dans le cadre d'une diffusion soutenue par les progrès technologiques, la baisse des coûts et la pénurie croissante de main-d'œuvre.
Une filière concentrée entre recherche et entreprise
Dans les applications spéciales à forte composante technologique, la Suisse est active avec des drones, des robots mobiles autonomes et la robotique médicale. Le lien avec la recherche universitaire est marqué : environ 56% des entreprises examinées sont des spin-off académiques et une grande partie de ces entités provient de l'École polytechnique fédérale de Zurich, ETH, et de celle de Lausanne, EPFL. Zurich et Vaud concentrent environ les trois quarts des entreprises suisses de la robotique.
La création de nouvelles entreprises s'est accélérée ces dernières années. Depuis 2020, 50 entreprises ont été fondées et entre 2023 et 2025, on en compte au moins dix par an. Fredy Hasenmaile, économiste en chef de Raiffeisen Svizzera, estime que le pays dispose de bonnes conditions pour tirer un bénéfice économique de cette évolution, car il est fort tant dans le développement que dans l'utilisation des robots. L'analyse du marché peut donc partir des secteurs indiqués par la recherche et des annunci di lavoro, sans confondre la croissance de la robotique avec le remplacement automatique du personnel.
Details pratiques
L'avantage initial en matière de création de start-up n'élimine pas le problème de la croissance. Depuis 2020, 3,8 entreprises de robotique par million d'habitants ont reçu du capital-risque. Selon Raiffeisen, ce ratio par habitant place nettement la Suisse devant les États-Unis, la Grande-Bretagne et les autres pays européens analysés. Pour le marché national, il convient donc d'observer le passage de la phase de démarrage à l'échelle internationale : c'est là que la disponibilité des capitaux peut influer sur le maintien de la création de valeur dans le pays.
Le nœud des grands tours de financement
Environ 87% des entreprises suisses de robotique comptent moins de 100 employés. Lorsque de grands tours de financement sont nécessaires, l'origine du capital change. La comparaison présentée par l'analyse est la suivante :
| Mesure | Donnée |
|---|---|
| Entreprises comptant moins de 100 employés | environ 87% |
| Investissements dans des opérations supérieures à 100 millions de dollars provenant de Suisse | 12% |
| Investissements dans des opérations supérieures à 100 millions de dollars provenant des États-Unis | 54% |
Ces proportions permettent de comprendre pourquoi la croissance internationale est aussi une question économique nationale. L'afflux de capitaux étrangers et la présence en Suisse de nombreux sièges d'entreprises internationales confirment l'attrait de la place, selon Raiffeisen, mais augmentent le risque de rachats et d'un transfert à l'étranger de la création de valeur. Le défi mis en évidence par l'analyse consiste à permettre aux entreprises qui réussissent de se développer en Suisse et d'y conserver un ancrage à long terme.
La question du passage à l'échelle est liée au marché du travail. Plus de 30% des personnes occupées en Suisse travaillent dans des professions présentant un potentiel d'utilisation de la robotique supérieur à la moyenne. Cette donnée n'équivaut toutefois pas à une prévision de remplacement généralisé. Les professions caractérisées par une forte pénurie de personnel qualifié requièrent souvent des compétences spécialisées et des interactions humaines ; c'est pourquoi Raiffeisen estime que les robots doivent surtout assister les travailleurs, ne les remplaçant que dans des cas limités.
Pour ceux qui observent le marché, la distinction pratique se situe entre les entreprises qui développent des robots et celles qui les utilisent. Suivre les aziende che assumono permet de maintenir cette distinction, tandis que la question des capitaux montre dans quelle mesure la croissance future peut rester liée à la Suisse.
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Points cles
Toute personne vivant ou travaillant en Suisse peut utiliser cette analyse comme une grille de lecture, et non comme une prévision individuelle. Le parcours commence par une distinction simple : la robotique est soit développée, soit utilisée. La source attribue à la Suisse une force dans les deux phases, la première question à se poser concerne donc le volet de l'activité observé.
Quatre étapes opérationnelles
1. Séparer le développement de l'utilisation. Si l'intérêt porte sur le premier, il convient d'examiner les applications spéciales citées par l'analyse : drones, robots mobiles autonomes et robotique médicale. S'il porte sur le second, il faut considérer les domaines où les robots trouvent des applications au-delà des usines : logistique, médecine, agriculture, nettoyage et inspection. Il ne s'agit pas d'ajouter des secteurs étrangers, mais d'utiliser la carte fournie par la recherche.
2. Vérifier le lien avec la recherche. Zurich et Vaud, avec l'ETH et l'EPFL, constituent la référence territoriale et académique indiquée par la source. Pour une entité qui souhaite se développer, ce lien aide à comprendre la provenance des spin-offs et la relation entre les hautes écoles et l'industrie. La question pratique est de savoir si le développement et la création de valeur restent ancrés en Suisse.
3. Distinguer la phase de croissance. Une jeune entreprise ne doit pas être évaluée uniquement par sa présence dans le secteur. Il faut observer si elle recherche des capitaux pour un cycle de financement important, car l'analyse lie cette phase à la dépendance vis-à-vis d'investisseurs étrangers et au risque d'acquisition. Pour quiconque évalue un employeur, c'est un critère de lecture, et non une prévision sur le résultat de l'entreprise en question.
4. Lire l'effet sur le travail sans automatismes. Les professions ayant un potentiel d'utilisation de la robotique supérieur à la moyenne n'entraînent pas automatiquement la disparition des tâches. La source invite à prendre en compte les compétences spécialisées et les interactions humaines : dans de nombreux cas, le robot devrait accompagner la personne, tandis que le remplacement resterait limité. Cette distinction est utile lors de la consultation d'offres, de l'évaluation de compétences ou de la réflexion sur un parcours professionnel lié au développement et à l'utilisation des robots.
Pour évaluer l'effet d'un choix professionnel potentiel sur le salaire, utilisez le calculateur de salaire.
Source: tio.ch
Questions fréquentes
- Quelle est la consistance du secteur de la robotique en Suisse ?
- Le secteur compte au moins 217 entreprises employant environ 7'000 personnes. Il s'agit d'un écosystème dynamique, avec 50 nouvelles entreprises fondées depuis 2020 et une moyenne d'au moins dix nouvelles réalités chaque année entre 2023 et 2025. La croissance est soutenue par un lien étroit avec le monde universitaire, étant donné qu'environ 56% des entreprises analysées sont nées en tant que spin-off, principalement de l'École polytechnique fédérale de Zurich (ETH) et de celle de Lausanne (EPFL).
- Comment la Suisse se positionne-t-elle sur la scène internationale en termes de capital-risque ?
- Selon Raiffeisen Economic Research, la Suisse excelle dans la phase initiale. À partir de 2020, le taux de start-up financées par capital-risque est de 3,8 entreprises par million d'habitants, dépassant les États-Unis, la Grande-Bretagne et les autres pays européens analysés. Cependant, le principal défi reste la croissance à l'échelle internationale : alors que 87 % des entreprises ont moins de 100 salariés, les opérations d'investissement supérieures à 100 millions de dollars voient une prédominance du capital américain (54 %) par rapport à celui suisse (12 %).
- La robotique entraînera-t-elle un remplacement généralisé du personnel ?
- L'analyse de Raiffeisen exclut un remplacement automatique du personnel. Bien que plus de 30% des employés travaillent dans des professions avec un potentiel d'automatisation supérieur à la moyenne, les robots sont principalement destinés à accompagner les travailleurs, en particulier dans les secteurs caractérisés par une pénurie de personnel qualifié et la nécessité d'interactions humaines. La robotique sert de support technologique, avec des applications croissantes dans la logistique, la médecine, l'agriculture, le nettoyage et l'inspection, ainsi que dans la fabrication.