Nouveau dossier médical électronique : OK DU Conseil national

Nouveau dossier sanitaire électronique approuvé en Suisse

La loi pour le nouveau dossier médical électronique en Suisse a été approuvée. Il remplacera l'infrastructure précédente d'ici 2030.

Contexte

En bref

  • Une nouvelle loi sur la santé approuvée par le Conseil national
  • Le dossier de santé électronique (CSE) voit le jour
  • Il remplacera l’ancien dossier informatisé du patient
  • Introduction prévue d’ici à 2030 par le Conseil fédéral

Faits clés

  • Votes favorables : 134
  • Votes contre : 53
  • Abstentions : 10
  • Échéance de la réorganisation : d'ici 2030
  • Gestion et financement : Cantons

Après les résultats décevants du dossier électronique du patient, qualifié par beaucoup de véritable fiasco en raison d'une structure complexe et d'une procédure d'ouverture lourde qui ont freiné son utilisation, très en deçà des attentes, le Conseil national a décidé d'opérer un tournant dans la numérisation du secteur suisse de la santé. Réuni pour débattre de l'avenir des données médicales dans la Confédération, le plénum a approuvé une nouvelle loi visant à introduire le dossier de santé électronique. Le dossier passe désormais au Conseil des États pour les prochaines étapes législatives prévues par l'ordre juridique fédéral.

Objectifs et structure de la réforme numérique

Le projet présenté par le gouvernement l'automne dernier vise à placer la personne au centre de son parcours médical, en offrant une vue d'ensemble des données médicales pertinentes sans aucune barrière liée au domicile, au lieu de soins ou au prestataire de soins concerné. Les informations aujourd'hui fragmentées, notamment les comptes rendus de consultations, les rapports de sortie, les vaccinations, les médicaments pris et les valeurs de laboratoire, seront stockées et rendues disponibles sous forme numérique en un lieu unique, toujours accessible. L'objectif poursuivi par le Conseil fédéral, comme cela a été souligné lors du débat parlementaire, est de procéder à une réorganisation radicale d'ici 2030, en remplaçant l'ancienne infrastructure afin d'améliorer globalement la qualité des soins, d'accroître la sécurité des patients, d'éliminer les doublons et de contribuer concrètement à contenir l'ensemble des coûts de santé. De nombreux parlementaires ont insisté sur la nécessité de rattraper le retard accumulé, en évitant les erreurs de conception qui ont marqué le passé.

Details pratiques

Participation des professionnels et modèle automatique

Contrairement au système précédent, la nouvelle réglementation prévoit que tous les professionnels de santé devront obligatoirement participer au système du dossier électronique du patient. L'obligation ne concernera plus seulement les hôpitaux et les établissements de soins, déjà tenus de se connecter, mais sera étendue aux médecins, pharmaciens, physiothérapeutes et à tous les autres prestataires de soins ambulatoires qui émettent des factures à la charge de l'assurance obligatoire des soins. Cet élargissement du cercle des participants vise à exploiter pleinement le potentiel technologique de l'outil numérique en recueillant un volume complet et homogène de données cliniques sur l'ensemble du territoire national suisse.

Un autre aspect central de la réforme concerne les modalités d'adhésion pour la population résidente. Le dossier électronique ne devra pas être demandé activement par les citoyens eux-mêmes : toute personne domiciliée en Suisse le recevra automatiquement et entièrement gratuitement. Néanmoins, le principe du caractère volontaire de son utilisation restera pleinement garanti. Toute personne qui ne souhaite pas disposer du dossier électronique du patient pourra en effet s'opposer à son ouverture initiale ou demander sa suppression complète à tout moment, en invoquant la clause d'exclusion volontaire. De cette manière, les patients conserveront la pleine et inconditionnelle souveraineté sur leurs données personnelles et cliniques, en gardant un pouvoir décisionnel absolu sur les personnes qui pourront accéder aux informations et sur les sections spécifiques à consulter.

Organisation centralisée et compétences cantonales

Sur le plan de l'infrastructure et de l'organisation, le nouveau dossier se différenciera nettement de son prédécesseur grâce à l'adoption d'une architecture centralisée. Sur proposition de la commission préparatoire, il est prévu de créer une unique communauté nationale de référence qui fera office d'interlocuteur officiel pour les titulaires du dossier, les professionnels de santé et les établissements de santé concernés. Cette entité centrale sera gérée et financée directement par les cantons, une solution qui, au cours du vote en séance plénière, a devancé la proposition alternative qui confiait la même responsabilité à la Confédération. Cette répartition des tâches institutionnelles souligne le rôle clé que les autorités cantonales continueront à jouer dans la gouvernance de la santé publique suisse, en coordonnant les ressources et la mise en œuvre pratique du projet sur leur territoire.

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Points cles

Débat sur la sécurité et le scepticisme politique

Malgré l'approbation à une large majorité au sein du Conseil national, le projet n'a pas été exempt de critiques et de réserves exprimées par une minorité parlementaire, notamment dans les rangs du centre démocratique. Les représentants de ce courant, tout en étant d'accord sur les objectifs fondamentaux de l'amélioration du système de santé, ont soulevé de sérieux doutes quant à la clarté des coûts réels de l'opération et à la sécurité du modèle fondé sur l'exclusion automatique. Selon les arguments critiques formulés en séance, l'approche prévoyant l'ouverture automatique sauf opposition explicite équivaudrait à une sorte de mécanisme dans lequel le silence vaut consentement concernant des données extrêmement sensibles, pour lesquelles il serait au contraire opportun d'exiger une manifestation préalable et explicite de la volonté de la personne concernée.

Les critiques ont également ciblé le choix de miser sur une infrastructure centralisée de grande envergure, considérée comme un projet informatique fédéral complexe et potentiellement risqué. Le risque de vulnérabilités face à des cyberattaques menées par des hackers a été souligné, tout comme la possibilité d'erreurs humaines dans la gestion d'un système aussi vaste. À ces préoccupations, la ministre de la santé Elisabeth Baume-Schneider a répondu en assurant que la sécurité des données constitue une priorité absolue et indiscutable pour l'exécutif. La conseillère fédérale a réaffirmé l'engagement institutionnel visant à mettre à disposition un outil technologique pleinement digne de la confiance des citoyens, en conciliant l'efficacité de la numérisation avec la protection rigoureuse de la sphère privée.

Prochaines étapes institutionnelles et approfondissements

Le processus législatif du dossier médical électronique se poursuit désormais avec le transfert du dossier pour examen au Conseil des États, où les sénateurs discuteront des détails techniques et financiers approuvés par le Conseil national. Pour les résidents et les professionnels du secteur de la santé suisse s'ouvre donc une phase de transition vers l'objectif de 2030 fixé par le Conseil fédéral pour l'achèvement de la réorganisation numérique. Toute personne souhaitant suivre l'évolution de la réglementation sanitaire, évaluer l'impact des coûts fixes liés au système de santé ou approfondir les aspects liés aux prestations de la LAMal et aux couvertures correspondantes peut consulter les outils d'information disponibles en ligne, y compris les dossiers consacrés au coût de la vie et aux dépenses fixes en Suisse. Pour une analyse complète des dépenses mensuelles et pour calculer la part des dépenses obligatoires dans votre budget, consultez le comparateur du coût de la vie.

Source : swissinfo.ch

Questions fréquentes
Qu'est-ce que le dossier médical électronique approuvé par le Conseil national ?
Il s'agit d'une nouvelle loi visant à introduire le dossier médical électronique, qui remplacera l'ancien dossier électronique du patient. L'objectif de la réforme est de rassembler en un seul endroit numérique toutes les informations cliniques pertinentes, telles que les rapports de consultation, les rapports de démission, les vaccinations, les médicaments et les valeurs de laboratoire, sans barrières liées au domicile ou au lieu de soins.
Quelles sont les échéances et les modalités d'adhésion pour les citoyens ?
Le Conseil fédéral prévoit d'achever la réorganisation radicale d'ici 2030. Chaque personne domiciliée en Suisse recevra le dossier de manière automatique et totalement gratuite. En tout état de cause, le principe du volontariat d'utilisation reste garanti : ceux qui ne le souhaitent pas peuvent en effet s'opposer à son ouverture initiale ou demander son élimination complète à tout moment.
Quels professionnels de santé sont obligés d'y participer ?
Contrairement au système précédent, la nouvelle réglementation prévoit que tous les professionnels de la santé devront obligatoirement participer au système. L'obligation concerne non seulement les hôpitaux et les établissements de soins, mais est étendue aux médecins, pharmaciens, physiothérapeutes et à tous les autres prestataires de services ambulatoires qui émettent des factures à la charge de l'assurance obligatoire des soins.

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