Kühne+Nagel : plus de 2 000 emplois menacés, y compris au Tessin

Le géant de la logistique réduit ses effectifs au-delà des prévisions : 2 000 emplois supprimés dans le monde entier, avec des répercussions sur le marché du travail tessinois et frontalier.
Contexte
En bref
- Kühne+Nagel supprime 2 000 emplois dans le monde.
- Impact significatif sur le Tessin et les frontaliers.
- Objectif d'économies opérationnelles de 150 millions de francs.
Faits clés
- Nombre d'emplois: 2 000 emplois supprimés dans le monde.
- Effectif total: 80 000 employés équivalents à temps plein fin 2025.
- Économies visées: 150 millions de francs d'économies opérationnelles.
- Impact local: Réduction de la demande de main-d'œuvre aux postes-frontières de Brogeda et Gaggiolo.
- Secteurs affectés: Communes de Chiasso, Mendrisio et Lugano pourraient être touchées.
- Législation: Respect des procédures de licenciement collectif selon la loi suisse.
- Frontaliers: Complexités supplémentaires pour les travailleurs frontaliers italiens.
- Délai: Plan de réduction à finaliser fin 2026.
Kühne+Nagel, multinationale leader mondial dans le secteur de la logistique ayant son siège à Schindellegi (SZ), a annoncé un plan de restructuration prévoyant la suppression de plus de 2 000 emplois dans le monde entier. Ce chiffre dépasse largement l'estimation initiale de suppressions d'emplois, fixée entre 1 000 et 1 500 postes à temps plein. À la fin de 2025, le groupe comptait environ 80 000 employés équivalents à temps plein, la réduction représente donc une coupe significative dans l'effectif. Le groupe a motivé cette décision par la nécessité d'accroître l'efficacité et de générer des économies plus importantes, visant des économies opérationnelles de 150 millions de francs, dépassant les 110 millions prévus précédemment. L'objectif global de réduction des coûts reste fixé à 200 millions de francs.
L'impact sur le canton du Tessin n'est pas à sous-estimer, compte tenu de la présence de nombreux collaborateurs qui travaillent dans la région et du rôle de la logistique en tant que secteur clé pour le marché du travail local, en particulier pour les frontaliers venant de Lombardie et de la province de Varese. En particulier, les postes-frontières de Brogeda et Gaggiolo, points névralgiques pour les travailleurs transfrontaliers, pourraient voir une diminution de la demande de main-d'œuvre de la part de Kühne+Nagel et d'entreprises connexes.
Le secteur logistique au Tessin se caractérise par une forte intégration avec les économies italiennes voisines. La réduction des emplois dans le géant suisse pourrait donc générer des effets en chaîne, influençant les taux d'emploi dans les communes de Chiasso, Mendrisio et Lugano. Les institutions cantonales, dont l'Office du Travail (DFE) et le Secrétariat d'État à l'Économie (SECO), sont déjà en alerte pour surveiller la situation et coordonner d'éventuelles mesures de soutien au personnel touché par le plan de réduction.
Selon la note officielle de Kühne+Nagel : « Le renforcement du plan d'efficacité répond à la nécessité de s'adapter à un marché logistique en rapide mutation et d'optimiser les coûts dans un contexte économique difficile ».
Les prochains mois seront cruciaux pour comprendre les retombées sur le marché du travail tessinois et pour les frontaliers, qui représentent une composante essentielle de la main-d'œuvre dans les entreprises de transport et de logistique de la région.
Details pratiques
Le plan de réduction de Kühne+Nagel s'inscrit dans un contexte normatif et de marché complexe, qui impose à de nombreuses entreprises de grande échelle de revoir leurs stratégies de gestion du personnel pour répondre à la volatilité économique mondiale et aux pressions sur les coûts. La législation suisse sur le travail, mise à jour en 2026, prévoit des protections spécifiques pour les employés et des procédures de communication obligatoires en cas de licenciements collectifs, que l'entreprise est tenue de respecter.
Au Tessin, la gestion du personnel transfrontalier ajoute des complexités supplémentaires. Les travailleurs frontaliers, principalement italiens, sont soumis à des règles fiscales et de sécurité sociale particulières, gérées par le biais d'accords bilatéraux entre la Suisse et l'Italie. Une éventuelle réduction des emplois par Kühne+Nagel implique donc également des questions relatives aux permis de travail, aux assurances sociales et à l'assistance sanitaire, qui nécessitent une planification attentive de la part des employeurs et des autorités cantonales.
D'un point de vue pratique, l'entreprise devra suivre une série d'étapes obligatoires :
1. Information préventive et consultation avec les représentants des travailleurs. 2. Communication officielle aux autorités cantonales, en particulier à l'Office du Travail et au DFE. 3. Gestion du processus de licenciement collectif selon la loi, avec respect des délais et des critères de sélection. 4. Offre de mesures de soutien et de réemploi, en collaboration avec des institutions telles que le Centre pour l'Emploi et les agences du travail.
📊 Les coûts extraordinaires liés aux licenciements et à la réorganisation sont prévus en augmentation, mais l'entreprise vise un bilan net d'économies opérationnelles d'au moins 150 millions de francs fin 2026.
La situation nécessite un suivi continu également au niveau transfrontalier, impliquant des entités italiennes telles que les Chambres de Commerce et les services pour l'emploi des provinces de Côme et de Varese, qui suivent de près les dynamiques occupationnelles des frontaliers.
En outre, la structure salariale et les avantages pour les employés au Tessin sont parmi les éléments évalués pour optimiser les coûts. La différence de coût du travail entre la Suisse et l'Italie demeure un facteur critique pour les stratégies de gestion du personnel dans des entreprises comme Kühne+Nagel, qui ont recours à un modèle mixte d'emploi direct et d'externalisation.
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Points cles
Pour les travailleurs frontaliers et les résidents du Tessin impliqués dans le secteur logistique, le plan de réduction de Kühne+Nagel soulève de nombreuses questions pratiques et préoccupations. Comment s'orienter dans cette phase délicate ? Voici quelques conseils utiles pour défendre vos droits et vous préparer à d'éventuels changements :
- Tenir sous contrôle les communications officielles de l'entreprise et des autorités cantonales. Les informations sont cruciales pour connaître les délais et les modalités des licenciements.
- Vérifier votre contrat de travail et les conditions de permis, en particulier pour les frontaliers avec des permis G ou B. D'éventuelles modifications peuvent influencer votre position professionnelle.
- Utiliser les services de conseil offerts par l'Office du Travail du canton du Tessin et par les centres d'orientation professionnelle pour évaluer les opportunités de réemploi.
- Mettre à jour votre CV et évaluer des cours de formation ou de requalification, également auprès d'instituts tels que SUPSI et USI, qui offrent des programmes spécifiques pour le secteur logistique et du transport.
- Considérer les opportunités dans des secteurs connexes, tels que la gestion de la chaîne d'approvisionnement ou le secteur numérique, pour élargir les possibilités d'emploi.
💡 Un outil valable pour les travailleurs frontaliers est notre calculateur de salaire, qui permet d'évaluer l'impact des variations contractuelles sur le revenu net, en tenant compte des impôts, des cotisations sociales et des coûts de vie en Suisse et en Italie.
Le suivi de cette situation par les entités cantonales et les associations de catégorie est continu. L'objectif est d'atténuer les effets sociaux et de garantir un soutien adéquat aux travailleurs impliqués.
Le défi pour le Tessin reste celui de maintenir un équilibre entre la compétitivité des entreprises et la protection du travail, dans un secteur crucial pour l'économie et le bien-être de milliers de familles transfrontalières.
Questions fréquentes
- Combien d'emplois seront supprimés dans le monde par Kühne+Nagel?
- La multinationale prévoit de réduire plus de 2 000 emplois dans le monde.
- Quel est l'impact attendu du plan de restructuration de Kühne+Nagel sur les navetteurs italiens transfrontaliers du canton du Tessin?
- L'impact pourrait être important, avec une baisse de la demande de main-d'œuvre, notamment aux carrefours de Brogeda et Gaggiolo, affectant les communes de Chiasso, Mendrisio et Lugano.
- Comment fonctionne la procédure de licenciement collectif pour les navetteurs transfrontaliers au Tessin si je travaille pour Kühne+Nagel?
- La procédure prévoit une communication officielle de la société aux autorités cantonales (DFE) et aux représentants des travailleurs dans les 30 jours suivant l'annonce des coupes. Pour les navetteurs transfrontaliers, la sélection doit respecter des critères objectifs et les droits garantis par les accords bilatéraux entre la Suisse et l'Italie, y compris les permis de travail et la sécurité sociale.
- Quels sont mes droits en tant que navetteur italien transfrontalier si je suis licencié par Kühne+Nagel au Tessin?
- Vous avez droit à un préavis d'au moins 1 à 2 mois (selon l'ancienneté), au paiement des congés non utilisés et à toute indemnité de départ prévue par le contrat ou la loi suisse. De plus, vous pouvez accéder aux services de regroupement proposés par le canton du Tessin ainsi qu'aux mesures de soutien pour les navetteurs transfrontaliers.
- Puis-je demander une aide financière si je perds mon emploi chez Kühne+Nagel au Tessin?
- Oui, vous pouvez demander auprès du Bureau du travail du canton du Tessin des allocations chômage (AD). En tant que navetteur transfrontalier, vous avez les mêmes droits que les travailleurs suisses, mais vous devez respecter les exigences de contribution et vous enregistrer à temps auprès du centre d'emploi.