Changement climatique : des milliards de coûts pour la Suisse d’ici 2060

Paysage des Alpes suisses avec des sommets enneigés

Les dommages climatiques sont calculés jusqu’en 2060 La comparaison comprend trois scénarios climatiques Le tourisme hivernal perdra plus de 2 milliards par an L’hydroélectricité

Contexte

En bref

  • Les dommages climatiques sont calculés jusqu’en 2060
  • La comparaison comprend trois scénarios climatiques
  • Le tourisme hivernal perdra plus de 2 milliards par an
  • L’hydroélectricité pourrait légèrement augmenter

Faits clés

  • Horizon → jusqu’en 2060
  • Scénarios → trois
  • Risques analysés → cinq
  • Tourisme hivernal → pertes annuelles supérieures à 2 milliards de francs
  • Part des stations à risque → sous 1’500-1’800 mètres au-dessus du niveau de la mer
  • Hydroélectricité → légère croissance de la production

D’ici à 2060, le changement climatique coûtera des milliards à la Suisse. C’est le résultat d’une étude commandée par la Confédération, qui a évalué les dommages selon trois scénarios différents : un premier fondé sur une protection stricte du climat, un deuxième avec des mesures d’intensité intermédiaire et un troisième caractérisé par une hausse des températures presque sans frein. Pour chacun, cinq risques climatiques ont été évalués.

Les risques pris en compte

Le calcul part des effets considérés comme les plus importants pour le pays : surtout les vagues de chaleur et la sécheresse. Parmi les autres phénomènes examinés figurent le déplacement vers des altitudes plus élevées de la limite des chutes de neige, les précipitations intenses, les tempêtes et la grêle.

L’étude, toutefois, ne couvre pas tout le spectre des risques liés au climat. Les chercheurs, en outre, n’ont pas pris en compte dans les modèles les interdépendances entre les différents dangers. Si les effets se renforcent mutuellement, les coûts globaux pour la Suisse pourraient donc s’avérer nettement supérieurs à ceux calculés.

Tourisme, agriculture et énergie

Le tourisme hivernal devra faire face à des pertes annuelles supérieures à deux milliards de francs jusqu’en 2060. Les stations de ski situées sous 1’500-1’800 mètres au-dessus du niveau de la mer devront tôt ou tard fermer parce qu’elles n’auront pas suffisamment de neige, même dans le scénario climatique le plus favorable. Les skieurs pourront être accueillis dans les stations situées à plus haute altitude, mais l’adaptation nécessitera des coûts élevés dans les régions alpines, avec la stabilisation des stations de remontées mécaniques et des installations d’enneigement supplémentaires.

Pour l’agriculture, le tableau est plus favorable, mais seulement si l’eau est suffisante et si l’on investit dans l’irrigation. La production d’énergie hydroélectrique pourrait en revanche bénéficier d’un léger avantage : moins de chutes de neige et davantage de pluie sont prévues en hiver, malgré des périodes de sécheresse plus fréquentes, surtout en été. Les centrales devront gérer des précipitations intenses. La recherche indique ainsi où il vaut la peine d’investir dans l’adaptation et où, comme dans les stations de ski situées à plus basse altitude, l’investissement n’offre pas la même perspective.

Details pratiques

La valeur pratique de la recherche ne réside pas seulement dans la somme des dommages, mais dans l'exposition différente des secteurs. Les estimations montrent que le changement climatique n'a pas le même effet dans toute l'économie suisse : le tourisme hivernal subit des pertes élevées, l'agriculture peut contenir les dommages à une condition précise et l'hydroélectricité peut enregistrer une légère croissance globale. Pour quiconque doit évaluer un investissement, cette différence compte davantage qu'un chiffre national unique.

Une carte pour l'adaptation

Table 1: Secteur
SecteurEffet indiquéRéponse ou condition
Tourisme hivernalPertes annuelles supérieures à 2 milliards de francsLocalités d'altitude, stations de téléphériques stabilisées et enneigement supplémentaire
AgricultureDommages contenus s'il y a suffisamment d'eauInvestissements dans l'irrigation
Énergie hydroélectriqueLégère croissance de la productionGestion des précipitations intenses

Dans le tourisme hivernal, l'adaptation a une limite très concrète. Les localités situées à plus haute altitude peuvent accueillir les skieurs, mais stabiliser les stations des téléphériques et ajouter des installations d'enneigement entraîne des coûts élevés, surtout dans les régions alpines. Les stations situées à des altitudes plus basses sont en revanche présentées par l'étude comme des cas dans lesquels l'investissement dans l'adaptation n'offre pas la même perspective. L'emplacement devient donc un élément décisif de l'évaluation.

Pour l'agriculture, le résultat favorable reste lié à la disponibilité de l'eau. L'irrigation peut permettre de contenir les dommages économiques, mais la recherche ne présente pas ce résultat comme un feu vert général. La condition indiquée est précise et doit rester au centre de toute lecture de la donnée.

L'hydroélectricité présente également un équilibre entre avantages et coûts. La légère croissance globale de la production coexiste avec des sécheresses estivales plus fréquentes et avec la nécessité de gérer des précipitations intenses. Le bilan positif n'élimine donc pas les investissements nécessaires.

La prudence s'impose dans tous les scénarios. Puisque les interdépendances entre les dangers n'ont pas été modélisées, les risques pourraient se renforcer mutuellement et porter les coûts globaux au-delà des estimations. La comparaison sert donc à déterminer où et combien investir, et non à fixer une limite définitive aux pertes.

Points cles

Comment utiliser les estimations

L’étude peut devenir un cadre de travail pour qui, en Suisse, doit analyser les risques climatiques sans appliquer la même réponse à chaque secteur. La démarche part des dangers mesurés par la recherche et maintient séparées les conditions indiquées pour chaque activité.

Quatre étapes

1. Isoler le risque. Commencer par les cinq dangers analysés : vagues de chaleur et sécheresses, remontée de la limite des chutes de neige, précipitations intenses, tempêtes et grêle. La première vérification consiste à déterminer lequel de ces éléments concerne le secteur examiné.

2. Comparer les scénarios. Examiner ce même secteur dans les trois cadres prévus par l’étude : protection rigoureuse du climat, mesures modérées ou hausse des températures presque sans frein. La comparaison évite de fonder l’évaluation sur un seul résultat.

3. Associer la mesure à la condition. Dans le tourisme hivernal, l’altitude et la neige déterminent les perspectives des stations ; dans l’agriculture, l’irrigation nécessite une quantité d’eau suffisante ; dans l’hydroélectricité, la gestion des précipitations intenses reste nécessaire même avec une légère hausse de la production.

4. Tenir compte des risques combinés. Le calcul n’inclut pas les interdépendances entre les dangers. Chaque évaluation doit donc laisser ouverte la possibilité que les effets se renforcent et que les coûts s’avèrent supérieurs aux estimations.

Cette séquence permet de distinguer une mesure d’adaptation préconisée par la recherche d’une dépense qui n’offre pas les mêmes perspectives. Elle aide aussi à ne pas interpréter le résultat de l’agriculture comme une garantie inconditionnelle, ni la croissance de l’hydroélectricité comme une absence de coûts.

L’horizon explicite reste 2060. Dès lors, la comparaison doit rester limitée à cette période et être mise en relation avec le scénario choisi. Les questions opérationnelles sont simples : quel risque évalue-t-on, quelle mesure permet d’y faire face, quelle condition doit être remplie et quels effets croisés restent exclus du calcul ?

Pour compléter l’analyse des coûts climatiques par un examen des dépenses quotidiennes, consultez le costo della vita in Svizzera.

Source: rsi.ch

Questions fréquentes
Quels sont les principaux risques climatiques analysés pour la Suisse ?
L’étude a évalué cinq risques principaux, parmi lesquels les vagues de chaleur et la sécheresse, considérées comme les plus importantes. À ceux-ci s’ajoutent l’élévation de la limite des chutes de neige, les précipitations intenses ainsi que les épisodes de tempête et de grêle. Raphael Bucher, responsable de la politique climatique à l’Office fédéral de l’environnement, a confirmé que l’analyse s’est concentrée principalement sur la sécheresse et la chaleur.
Quel sera l'impact économique sur le tourisme hivernal ?
Le tourisme hivernal devra faire face à des pertes annuelles supérieures à deux milliards de francs jusqu'en 2060. Les stations de ski situées sous 1.500-1.800 mètres au-dessus du niveau de la mer risquent de fermer faute de neige, même dans le scénario le plus favorable. Les stations situées à plus haute altitude pourront accueillir les skieurs, mais nécessiteront des coûts élevés pour l'enneigement et la stabilisation des téléphériques.
Comment le climat influera-t-il sur l’agriculture et l’énergie hydroélectrique ?
L’agriculture pourra limiter les dégâts à condition qu’il y ait suffisamment d’eau et que des investissements soient réalisés dans l’irrigation. L’hydroélectricité pourrait enregistrer une légère hausse de la production globale grâce à davantage de pluie et à moins de neige en hiver, bien que les centrales devront gérer des précipitations intenses et des sécheresses estivales plus fréquentes.

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