Varèse : 7 000 postes vacants en 2026. Voici ce qui change pour les frontaliers tessinois

Ouvrier métallurgiste dans un atelier tessinois examinant des plans, avec une offre d'emploi ICT affichée au mur

Au premier trimestre 2026, la province de Varèse enregistre 7 772 embauches impossibles à pourvoir. Secteurs critiques : la métallurgie, le BTP et les TIC. Le coût du déséquilibre entre l'offre et la demande s'élève entre 42 et 105 millions d'euros.

Contexte

En bref

  • 7 772 postes non pourvus sur 15 120 prévus en 2026 à Varese.
  • Taux de difficulté de recrutement à 51,4% dans la province.
  • Secteurs les plus touchés: TIC (72,1%), métallurgie et construction (>55%).
  • Impact économique estimé entre 42 et 105 millions d'euros au T1 2026.

Faits clés

  • Postes vacants: 7 772 sur 15 120 prévus au T1 2026.
  • Taux de difficulté: 51,4% dans la province de Varese.
  • Secteur le plus touché: Technologies de l’information et numérique (72,1%).
  • Impact économique: Entre 42 et 105 millions d’euros pour le T1 2026.
  • Microentreprises: Taux de difficulté de recrutement à 54,2%.
  • Frontaliers concernés: Secteurs critiques: métallurgie, BTP et TIC.
  • Compétences rares: Soudure, programmation CNC, développement logiciel, cybersécurité.
  • Formation recommandée: ITS, certifications numériques, formation interne.

Le premier trimestre 2026 a mis en lumière une tension structurelle sans précédent sur le marché du travail dans la province de Varese, avec plus de 7 772 postes impossibles à pourvoir sur les 15 120 embauches prévues par les entreprises. Selon le rapport du Centre d’études de Confartigianato Imprese Varese, le taux de difficulté de recrutement a atteint 51,4 %, dépassant ainsi le seuil critique.

Les données recueillies dans le bassin territorial incluant Varese, Côme, Monza-Brianza et le nord-ouest milanais révèlent une réalité où 13 embauches sur 100 ne se concrétisent pas. Le taux de couverture se limite à 87,1 %, avec un écart croissant entre l’offre et la demande de compétences.

Les quatre secteurs les plus en difficulté

L’analyse identifie quatre branches aux dynamiques différentes, mais toutes marquées par des tensions. Les secteurs les plus touchés sont :

  • Technologies de l’information et numérique : avec un taux de difficulté de 72,1 %, le plus élevé de tous. Les compétences techniques requises ne correspondent pas aux profils disponibles.
  • Métallurgie et construction : ces deux secteurs dépassent les 55 % de difficultés. La compétition pour les compétences y est si intense qu’elle pousse à une hausse des salaires, signe d’une lutte acharnée pour retenir ou attirer du personnel.
  • Tourisme et restauration : les difficultés restent élevées, mais sans augmentation correspondante des rémunérations, ce qui témoigne d’un secteur déjà habitué à des marges réduites.

Le seul point positif concerne des branches comme le caoutchouc-plastique, l’agroalimentaire et la logistique, où l’offre et la demande sont mieux équilibrées.

« Le chiffre qui nous préoccupe le plus est la tension qui se concentre sur le cœur productif du territoire. La métallurgie et la construction sont des secteurs où nos PME se battent chaque jour pour les mêmes compétences techniques rares. » Paolo Rolandi, président de Confartigianato Imprese Varese

Le président de Confartigianato souligne que la solution ne peut se réduire à une simple augmentation salariale, mais exige une intervention structurelle impliquant la formation, le renforcement des ITS (instituts techniques supérieurs) et l’attraction de profils issus de bassins plus larges.

L’impact économique du déséquilibre entre offre et demande

L’impossibilité de pourvoir les postes a un coût direct pour les entreprises. Le Centre d’études estime un impact économique compris entre 42 et 105 millions d’euros pour le seul premier trimestre 2026. Cette estimation repose sur une durée moyenne des postes vacants comprise entre 45 et 75 jours, avec un coût journalier par entreprise estimé entre 120 et 180 euros.

Les microentreprises, employant moins de dix salariés, sont les plus pénalisées : le taux de difficulté de recrutement atteint 54,2 %, malgré un coût du travail généralement inférieur à celui des entreprises plus structurées. On observe toutefois une attention croissante portée au bien-être en entreprise, à la formation interne et à la flexibilité organisationnelle pour améliorer l’attractivité.

Details pratiques

Pour les frontaliers tessinois qui travaillent en Lombardie, et en particulier dans la province de Varèse, la situation décrite dans le rapport de Confartigianato Imprese Varese représente un risque concret sur le plan de l'emploi et des rémunérations. L'écart entre les compétences requises et les candidats disponibles ne concerne pas uniquement les résidents locaux, mais se répercute directement sur les opportunités de ceux qui franchissent chaque jour la frontière.

Secteurs à risque pour les frontaliers

Les secteurs les plus critiques — la métallurgie, le BTP et les TIC — sont aussi ceux qui ont historiquement accueilli une forte proportion de travailleurs frontaliers. Voici les détails :

  • Métallurgie : secteur clé pour de nombreuses entreprises tessinoises opérant en Lombardie. La difficulté de recrutement dépasse les 55 %, avec une demande croissante de compétences spécialisées dans des domaines comme la soudure, la programmation CNC et la maintenance industrielle. Les entreprises qui ne parviennent pas à combler les postes vacants risquent de perdre des commandes ou de devoir reporter des projets.
  • BTP : le boom immobilier en Suisse italienne et en Lombardie a amplifié le besoin en main-d'œuvre qualifiée. Avec un taux de difficulté de 55 %, les entreprises peinent à trouver des ouvriers spécialisés, des maçons, des électriciens et des plombiers. Pour un frontalier, cela se traduit par une concurrence accrue pour les rares postes disponibles, mais aussi par des opportunités pour ceux qui possèdent des certifications reconnues.
  • TIC : le secteur numérique enregistre le pire taux, avec 72,1 % de postes non pourvus. Les compétences recherchées — développement logiciel, cybersécurité, cloud computing — sont de plus en plus rares, notamment parmi les travailleurs qui se déplacent quotidiennement entre l'Italie et la Suisse. Les entreprises tessinoises opérant en Lombardie pourraient devoir revoir leurs plans de recrutement ou augmenter les salaires pour attirer des talents.

Ce qui change par rapport au passé

Jusqu'à il y a quelques années, les secteurs de la métallurgie et du BTP étaient caractérisés par une demande constante mais maîtrisable. Aujourd'hui, la pénurie de personnel est devenue structurelle, avec des répercussions sur les salaires. Selon le rapport, dans les secteurs en difficulté, on observe une hausse des rémunérations, signe que les entreprises sont prêtes à payer plus pour retenir leurs employés ou attirer de nouveaux talents.

Pour un frontalier, cela signifie :

  • Une concurrence accrue : davantage de candidats pour chaque poste vacant, les entreprises pouvant se permettre d'être plus sélectives.
  • La nécessité d'une formation continue : les compétences requises évoluent rapidement, surtout dans le domaine numérique. Ceux qui ne se mettent pas à jour risquent d'être exclus.
  • Des possibilités de négociation : dans les secteurs critiques, les travailleurs disposant de compétences spécialisées peuvent avoir une marge de manœuvre plus importante pour négocier leur salaire ou leurs conditions contractuelles.

Micro-entreprises vs grandes entreprises

Les micro-entreprises, qui représentent la majorité du tissu productif varésien, sont les plus exposées à la crise. Avec moins de dix employés, elles ne peuvent rivaliser avec les grands groupes en termes de salaires et d'avantages sociaux, mais doivent s'appuyer sur la flexibilité et le bien-être en entreprise. Pour un frontalier, travailler dans une micro-entreprise peut signifier une plus grande stabilité professionnelle, mais aussi des opportunités de carrière plus limitées qu'au sein d'une structure plus importante.

« Malgré cela, le nombre d'entreprises investissant dans le bien-être, la formation interne et l'organisation flexible pour augmenter leur attractivité est en hausse. » Rapport Confartigianato Imprese Varese

Cette tendance pourrait représenter une opportunité pour ceux qui recherchent un environnement de travail plus familial et moins compétitif, mais elle exige une évaluation attentive des conditions proposées.

📊💡⚠️ Pour en savoir plus sur les opportunités de formation, consultez le guide des compétences ou contactez le service d'orientation de Frontaliere Ticino.

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Points cles

Pour un frontalier travaillant dans le Varésien ou d’autres territoires limitrophes, la situation décrite dans le rapport de Confartigianato Imprese Varese exige une action immédiate. Voici les étapes concrètes à suivre pour faire face à la pénurie de personnel et protéger sa position professionnelle.

1. Évaluer sa situation professionnelle

Avant toute chose, il est essentiel de déterminer si son secteur d’activité ou son poste figure parmi ceux en tension. Les domaines les plus touchés — métallurgie, construction et TIC — offrent à la fois des risques et des opportunités. Si vous travaillez dans l’un de ces secteurs, il est temps d’évaluer :

  • Compétences spécialisées : sont-elles toujours actuelles ou nécessitent-elles une mise à jour ?
  • Les certifications : disposer de titres reconnus peut faire la différence lors d’un recrutement.
  • Les langues : dans un marché du travail de plus en plus concurrentiel, la maîtrise de l’anglais ou d’autres langues peut représenter un atout majeur.

2. Actualiser son profil professionnel

Si ses compétences ne correspondent plus aux exigences du marché, il est temps d’investir dans la formation. Plusieurs options s’offrent à vous :

  • Les cours ITS : les Instituts Techniques Supérieurs proposent des parcours spécialisés dans des domaines comme la mécanique, le bâtiment ou le numérique. Beaucoup de ces formations sont gratuites ou à tarif réduit.
  • La formation en entreprise : certaines entreprises, notamment les plus structurées, proposent des programmes de mise à jour interne. Il peut être utile d’en discuter avec son employeur.
  • Les certifications numériques : des plateformes comme Coursera, Udemy ou LinkedIn Learning permettent d’obtenir des certifications reconnues dans des domaines tels que la cybersécurité, le développement logiciel ou la gestion de projet.

3. Élargir son réseau professionnel

Dans un marché du travail toujours plus compétitif, le réseau de contacts peut faire la différence. Voici quelques actions concrètes :

  • LinkedIn : mettre à jour son profil en y ajoutant ses compétences, certifications et résultats obtenus. Rejoindre des groupes de secteur et interagir avec des professionnels de son domaine.
  • Les associations professionnelles : des organismes comme Confartigianato, la CNA ou Federmeccanica organisent des événements, salons et rencontres de réseautage. Y participer peut ouvrir des portes à de nouvelles opportunités.
  • Les événements locaux : salons professionnels, ateliers et séminaires sont autant d’occasions de rencontrer des employeurs et d’autres professionnels. Dans le Varésien, par exemple, des événements comme le Salon de Varèse ou les manifestations organisées par Confartigianato peuvent être utiles.

4. Explorer des alternatives professionnelles

Si son secteur est particulièrement en tension, il peut être judicieux d’envisager des opportunités dans des domaines moins saturés. Des secteurs comme la logistique, l’agroalimentaire ou la plasturgie, bien qu’ils n’offrent pas des salaires élevés, garantissent une plus grande stabilité. Autrement, il est possible d’explorer :

  • Le télétravail : certaines entreprises, notamment dans le numérique, proposent des contrats en smart working qui permettent de travailler à distance.
  • L’entrepreneuriat individuel : pour ceux qui disposent de compétences techniques, créer sa propre activité peut être une alternative, surtout si l’on est prêt à se lancer en solo.

5. Surveiller les opportunités de l’autre côté de la frontière

Pour les frontalier·ère·s, le marché du travail ne se limite pas à la Lombardie : il s’étend aussi au Tessin. Certaines entreprises tessinoises, notamment dans les secteurs du numérique et de la construction, pourraient proposer des conditions plus avantageuses. Il est utile de :

  • Consulter les offres de l’autre côté de la frontière : des plateformes comme LinkedIn, InfoJobs ou des sites spécialisés comme Tessin Lavoro permettent de suivre les opportunités des deux côtés.
  • Évaluer la possibilité de s’installer au Tessin : dans certains cas, déménager au Tessin peut ouvrir des portes à des contrats plus stables et à des salaires plus compétitifs, surtout si l’on travaille pour une entreprise helvétique.

Outils utiles pour les frontalier·ère·s

Pour s’orienter au mieux, le site Frontaliere Ticino propose plusieurs outils pratiques :

  • calculateur de salaire : pour estimer son salaire net en fonction de sa rémunération brute et de sa résidence.
  • comparateur du coût de la vie : pour évaluer la pertinence de vivre au Tessin par rapport à la Lombardie.
  • carte des communes : pour identifier les zones les plus accessibles depuis la frontière et les opportunités professionnelles à proximité.

« L’objectif est d’intégrer le coût du déséquilibre dans les évaluations des politiques actives de l’emploi » Paolo Rolandi, président de Confartigianato Imprese Varese

Cette phrase souligne l’importance d’une vision stratégique tant pour les entreprises que pour les travailleur·euse·s. Pour un·e frontalier·ère, cela signifie ne pas se contenter de chercher un nouvel emploi, mais d’évaluer les opportunités dans une perspective à long terme, en tenant compte de la formation, du réseau et de la flexibilité.

Source: varesenews.it

Questions fréquentes
Quels sont les secteurs les plus critiques pour les frontaliers dans la province de Varèse selon le rapport de Confartigianato ?
Les secteurs les plus en difficulté sont les TIC et le numérique (72,1 % de difficultés), la métallurgie et le BTP (plus de 55 % chacun). Le tourisme et la restauration affichent des difficultés élevées, mais sans augmentation des salaires, tandis que la plasturgie, l’agroalimentaire et la logistique se révèlent plus équilibrés.
Quel est le coût pour les entreprises de l’inadéquation entre l’offre et la demande de travail ?
Le Centre d’études de Confartigianato estime un coût trimestriel compris entre 42 et 105 millions d’euros pour le premier trimestre 2026. Cette estimation repose sur une durée moyenne des postes vacants comprise entre 45 et 75 jours, ainsi que sur un coût journalier par entreprise oscillant entre 120 et 180 euros.
Les microentreprises sont-elles plus touchées par la pénurie de personnel ?
Oui, les microentreprises de moins de dix salariés enregistrent une difficulté de recrutement de 54,2 %, supérieure à la moyenne. Malgré cela, ces structures investissent dans le bien-être en entreprise, la formation interne et la flexibilité organisationnelle pour renforcer leur attractivité.
Quelles sont les compétences les plus recherchées dans les secteurs critiques ?
Dans les secteurs de la métallurgie et du BTP, les compétences spécialisées comme le soudage, la programmation CNC, la maintenance industrielle, la maçonnerie, l’électricité et la plomberie sont très demandées. Pour le numérique, les profils recherchés concernent surtout le développement logiciel, la cybersécurité et le cloud computing.
Que peut faire un frontalier pour améliorer sa position sur un marché du travail aussi concurrentiel ?
Un frontalier peut mettre à jour ses compétences en suivant des formations ITS ou des certifications numériques, élargir son réseau professionnel en participant à des événements sectoriels, explorer des opportunités dans des secteurs moins saturés et surveiller les offres d’emploi en Lombardie comme au Tessin. Des outils comme le calculateur de salaire et la carte des communes peuvent l’aider dans son orientation.

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