Taxe santé pour les frontaliers : la Lombardie seule à vouloir l’appliquer, le Tessin menace des représailles

La Lombardie est la seule région italienne à vouloir appliquer la « taxe santé » pour les frontaliers, entrée en vigueur il y a 27 mois mais jamais appliquée. Le Canton du Tessin menace de réduire les ristournes.
Contexte
En bref
- La Lombardie veut abolir la 'taxe santé' pour les frontaliers.
- La taxe viole l'accord italo-suisse de 2020 selon la CGIL.
- La Suisse menace de réduire les ristournes aux communes lombardes.
Faits clés
- Date examen: 14 avril 2026
- Parti proposant: Parti démocrate
- Date accord: 23 décembre 2020
- Date ratification: 2023
Mardi 14 avril, le Conseil régional de Lombardie examinera une motion présentée par les conseillers du Parti démocrate Samuele Astuti et Angelo Orsenigo. L’objectif est d’inciter le gouvernement italien à abroger la norme sur la « taxe santé » pour les travailleurs frontaliers, introduite dans la loi de finances il y a 27 mois mais jamais appliquée. Giuseppe Augurusa, responsable national des frontaliers à la CGIL, n’a pas hésité à qualifier cette taxe de violation du droit international : « Ce que le législateur appelle une ‘contribution’ est en réalité une taxe et viole l’accord italo-suisse de 2020, devenu loi en 2023. » Selon la CGIL, les travailleurs frontaliers « historiques », déjà en régime transitoire, doivent être imposés exclusivement dans le pays où ils travaillent, c’est-à-dire en Suisse.
La taxe dite « santé » est la contribution au Service national de santé italien prévue par la loi 213/2023 (art. 1, alinéas 237-239) : de 3 % à 6 % du salaire net perçu en Suisse, avec un minimum de 30 et un maximum de 200 euros par mois travaillé, fixée chaque année par la région de résidence.
L’accord de 2020 et ses répercussions
L’accord a été signé le 23 décembre 2020 et ratifié en 2023. L’introduction par l’Italie d’une retenue supplémentaire sur des revenus déjà imposés à la source, sans aucun lien avec des services individuels fournis, constitue selon la CGIL une violation directe de cet accord. « Si cette norme était appliquée, elle aboutirait inévitablement devant la Cour constitutionnelle », a déclaré Augurusa. La position du syndicat a été réaffirmée à l’approche des débats au Conseil régional lombard, où la motion du PD pourrait marquer un tournant.
📊 Point clé : La CGIL estime que la « taxe santé » est une violation de l’accord italo-suisse et menace de saisir la justice constitutionnelle si elle est appliquée.
Les réactions du Canton du Tessin
Des représentants du Canton du Tessin ont déjà qualifié cette taxe de contraire à l’accord contre les doubles impositions. La menace de représailles concerne les ristournes, ces transferts que la Suisse verse aux communes italiennes frontalières en vertu des accords fiscaux. « Les ristournes sont fondamentales pour le budget de nombreuses communes lombardes qui dépendent de ces fonds pour financer les services publics », a souligné un fonctionnaire du DFE tessinois.
⚠️ Attention : Une baisse des ristournes pourrait fragiliser les services publics dans les zones frontalières, avec des conséquences directes sur la population.
La fracture régionale en Italie
Le Piémont, la Vallée d’Aoste et le Haut-Adige ont pour l’essentiel ignoré la norme, tandis que la Lombardie reste la seule région à poursuivre une voie qui, selon des sources internes à la majorité, ne fait pas l’unanimité. Les déclarations contradictoires entre le président de la région et certains conseillers de la majorité ont déjà révélé les divisions internes. L’audition de l’assesseur compétent a été reportée à une date indéterminée, mais la motion du PD représente un premier acte concret pour demander une révision de la législation.
Details pratiques
Le non-application de la « taxe santé » depuis plus de deux ans a plongé les frontaliers dans une zone grise juridique, source d’incertitudes quotidiennes. Pour beaucoup d’entre eux, cette situation se traduit par une double incertitude : fiscale, en raison d’une norme jamais appliquée, et professionnelle, puisque d’éventuelles représailles sur les rétrocessions pourraient fragiliser les services publics locaux.
La taxe dite « santé » est la contribution au Service national de santé italien prévue par la loi 213/2023 (art. 1, alinéas 237-239) : de 3 % à 6 % du salaire net perçu en Suisse, avec un minimum de 30 et un maximum de 200 euros par mois travaillé, fixée chaque année par la région de résidence.
Ce qui change pour les frontaliers « anciens » et « nouveaux »
Les frontaliers sont répartis en deux catégories : les « anciens » et les « nouveaux ». Les premiers (art. 9 de l’accord de 2020) sont imposables uniquement en Suisse, sans limite de durée. Pour les seconds (art. 3), la Suisse impose jusqu’à 80 %, puis l’Italie impose et élimine la double imposition.
📊 Scénarios possibles Deux scénarios principaux se dessinent : le premier prévoit l’abrogation de la norme par la Lombardie, évitant ainsi l’ouverture d’un contentieux juridique avec la Suisse. Le second, plus risqué, impliquerait l’application de la taxe et la réaction consécutive de la Suisse. Dans ce cas, les communes lombardes pourraient perdre une partie des rétrocessions. « Cela entraînerait des coupes immédiates dans des services comme l’entretien des routes et les soins de santé de base », a déclaré un maire de la province de Varèse.
Le rôle du gouvernement fédéral
Le gouvernement de Berne, signataire de l’accord de 2020, ne s’est pas encore prononcé officiellement. Sa position est attendue comme déterminante pour débloquer la situation.
« Ce que le législateur appelle une “contribution” est en réalité une taxe, et à ce titre, elle viole le droit international » — Giuseppe Augurusa, CGIL frontalieri
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Points cles
Pour les travailleurs frontaliers et les communes concernées, la discussion au Conseil régional lombard de mardi 14 avril représente un moment décisif. Voici comment se préparer à d’éventuels scénarios.
La taxe dite « santé » est la contribution au Service national de santé italien prévue par la loi 213/2023 (art. 1, alinéas 237-239) : de 3 % à 6 % du salaire net perçu en Suisse, avec un minimum de 30 et un maximum de 200 euros par mois travaillé, fixée chaque année par la région de résidence.
Étape 1 : Vérifier la catégorie d’appartenance
Les frontaliers doivent distinguer entre :
- Frontaliers « anciens » : art. 9 de l’accord de 2020, imposables uniquement en Suisse.
- Frontaliers « nouveaux » : art. 3 de l’accord de 2020, la Suisse impose jusqu’à 80 %, puis l’Italie impose et élimine la double imposition.
Étape 2 : Suivre les communications officielles
La Région Lombardie publiera les résultats de la motion du PD sur ses canaux institutionnels. Les travailleurs peuvent s’inscrire aux newsletters des communes frontalières (Varèse, Côme, Lecco) pour recevoir des mises à jour en temps réel.
Étape 4 : Télécharger les outils utiles
Pour calculer l’impact fiscal actuel et simuler des scénarios futurs, nous recommandons d’utiliser le calculateur de salaire des frontaliers de Frontaliere Ticino.
Échéances à retenir
- 14 avril 2026 : Discussion de la motion du PD au Conseil régional lombard.
Source: varesenews.it
Questions fréquentes
- La « taxe santé » pour les navetteurs transfrontaliers est-elle déjà en vigueur en Lombardie ?
- Non. La règle est entrée en vigueur il y a 27 mois, mais n’a jamais été appliquée. La discussion au Conseil régional de Lombardie le 14 avril 2026 pourrait conduire à son abrogation ou au début des procédures d’application.
- Que se passe-t-il si la Lombardie applique la taxe santé ?
- Selon la CGIL, cette règle violerait l’accord italo-suisse de 2020 et serait portée devant la Cour constitutionnelle. Parallèlement, la Suisse menace de représailles sur des relèves, avec d’éventuelles coupes dans les services publics dans les municipalités frontalières.
- Quelles sont les différences entre les anciens et nouveaux navetteurs transfrontaliers selon l’accord de 2020 ?
- Les anciens travailleurs transfrontaliers, sous un régime transitoire, sont soumis à une imposition exclusive en Suisse sans limite de temps. Pour les nouveaux travailleurs, la Suisse applique une imposition allant jusqu’à 80 % de la retenue à la source, tandis que l’Italie procéde à une imposition résiduelle en éliminant la double imposition. Cette distinction est essentielle pour déterminer les obligations fiscales de chaque catégorie de travailleur.
- Quels risquent les municipalités de Lombardie si la taxe santé est appliquée aux navetteurs transfrontaliers ?
- L’application de la taxe sanitaire pourrait déclencher des représailles du canton du Tessin concernant les remboursements, c’est-à-dire les transferts financiers que la Suisse verse aux municipalités frontalières italiennes. La perte de ces fonds entraînerait des coupes immédiates des services publics locaux, notamment l’entretien des routes et les soins de santé de base, mettant en grave difficulté les budgets des communes lombardes concernées.
- Quelles autres régions italiennes, en dehors de la Lombardie, ont introduit la taxe santé ?
- Actuellement, la Lombardie reste la seule région à exiger l’application possible de cette contribution. D’autres régions impliquées dans ce phénomène transfrontalier, telles que le Piémont, la Vallée d’Aoste et le Tyrol du Sud, ont essentiellement ignoré la règle prévue par la loi 213/2023, évitant ainsi d’entamer le processus d’introduction de cette taxe supplémentaire sur les salaires des travailleurs transfrontaliers.
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