Médecins sans permis en Suisse : un phénomène inquiétant

En 2022, 36 médecins interdits en Suisse, mais un tiers continue à exercer. La fragmentation cantonale des contrôles facilite ces dérives.
Contexte
En bref
- 36 medici interdetti in Svizzera nel 2022, ma un terzo continua a esercitare.
- Frammentazione cantonale dei controlli facilita le deroghe.
- Nicholas, 22 anni, morto per errore medico di un medico non autorizzato.
- Registri MedReg e IMI europei hanno limiti e lacune.
Faits clés
- Numero medici: 36 medici interdetti nel 2022, un terzo continua a esercitare.
- Caso Nicholas: Paziente di 22 anni deceduto per errore medico in un ospedale argoviano.
- Responsabilità: Le autorizzazioni sono rilasciate dai medici cantonali.
- Problema: Medici radiati in un cantone possono esercitare in altri cantoni.
- Registri: MedReg svizzero e IMI europeo hanno limiti e lacune.
- Pazienti frontaliers: Difficoltà per i frontaliers di verificare le qualifiche dei medici.
- Soluzione: Accesso della Svizzera al registro europeo IMI per migliorare i controlli.
- Legislazione: Necessità di un cambiamento legislativo per migliorare i controlli.
En 2022, 36 médecins interdits en Suisse, mais un tiers continue à exercer. La fragmentation cantonale des contrôles facilite ces dérives.
Le cas de Nicholas
L'histoire de Nicholas, un patient de 22 ans décédé à la suite d'une erreur médicale dans un hôpital argovien, a ébranlé la Suisse alémanique. À la base du cas : un traitement surdosé prescrit par un médecin dont le diplôme n'était pas reconnu dans notre pays. En février 2025, deux médecins ont été condamnés à La Chaux-de-Fonds.
Les lacunes dans le système
“Il y a plusieurs enquêtes qui ont montré l'existence de diverses lacunes”, explique Baptiste Hurni, conseiller aux États neuchâtelois et vice-président de l'Organisation suisse des patients. “Une profession réglementée ne fonctionne que si l'on a confiance dans l'administration qui contrôle”.
Responsabilité cantonale
Les autorisations d'exercer sont délivrées par les médecins cantonaux, qui sont donc responsables des contrôles. “Il y a plusieurs documents que les professionnels doivent nous fournir”, précise Alessandro Cassini, médecin cantonal de Genève. “Parmi ceux-ci, le good standing, une déclaration de bonne conduite du médecin, mais aussi le casier judiciaire et d'autres documents”.
Le problème de la fragmentation
Cependant, certains médecins radiés dans un canton peuvent se retrouver à exercer ailleurs dans le pays. “C'est inacceptable”, dénonce Michel Matter, président de l'Association des médecins du Canton de Genève (AMGe). “En Suisse, si on vous retire le droit d'exercer, vous pouvez aller dans un autre canton”.
Le registre MedReg
Depuis huit ans existe un registre, le MedReg, créé par l'Office fédéral de la santé publique, qui permet aux patients de vérifier si leur médecin a le droit d'exercer. Cependant, l'outil présente des limites. Un médecin sans autorisation n'est pas nécessairement un mauvais médecin. “Il peut s'agir, par exemple, d'un médecin en formation ou d'un médecin dont le diplôme est en cours de reconnaissance”, précise Baptiste Hurni.
La pénurie de médecins
La pénurie de médecins aggrave la situation. François Consolini, médecin à la retraite, résume le dilemme : “Il y a un manque de médecins suisses en raison du numerus clausus. On prend ce qu'on trouve. Nous n'avons pas le choix. Il faut se contenter de ceux qui se présentent”.
La Suisse exclue du registre européen
L'Union européenne dispose de son propre outil de contrôle : le registre IMI (Système d'information du marché intérieur). Ce système d'alerte permet aux pays membres de s'échanger des informations sur les médecins radiés ou qui ont falsifié leur diplôme. La Suisse n'y a pas accès.
Les signalements fortuits
Jean-Philippe Haesler, président de la Société suisse des médecins-dentistes, a payé le prix de cette lacune. “Il y a deux ans, on nous a signalé le cas d'une personne qui avait falsifié son diplôme. Cela avait été démontré dans un pays voisin, mais cette personne exerçait librement en Suisse”. Un second cas est apparu peu de temps après. “Une personne radiée de l'ordre des médecins d'un pays voisin exerçait dans plusieurs cantons suisses”, rappelle Jean-Philippe Haesler.
La prise de conscience des autorités
Jean-Philippe Haesler a informé l'Office fédéral de la santé publique et la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider. “Elle ne m'a rien promis, mais elle m'a confirmé qu'elle prend la situation au sérieux. Elle en a pris conscience”.
Details pratiques
Les implications pour les travailleurs frontaliers
Le phénomène des médecins exerçant sans autorisation en Suisse a des implications significatives pour les frontaliers résidant dans le canton du Tessin et travaillant en Suisse. L'absence d'un contrôle centralisé et l'accès limité au registre européen rendent difficile pour les patients de vérifier les qualifications de leurs médecins.
La confiance dans le système de santé
La confiance dans le système de santé suisse est fondamentale pour les frontaliers. La possibilité que des médecins non autorisés exercent peut compromettre cette confiance. “Nous faisons confiance aux médecins. Souvent, leur diplôme est affiché dans la salle d'attente. Nous voyons qu'ils ont étudié. Mais pour le reste, nous ne pouvons pas savoir”, observe Raymonde Girard, une patiente à Le Locle.
Les procédures de contrôle
Les procédures de contrôle varient d'un canton à l'autre. “Si nous voyons quelque chose qui ne va pas, nous approfondissons avec tous les outils à notre disposition, y compris en convoquant la personne”, poursuit Alessandro Cassini. Cependant, l'application de l'interdiction est complexe. “Comment faire? Si demain je perds le droit d'exercer et lundi je reçois des consultations, comment peut-on s'en apercevoir? Il faudrait mettre un policier devant chaque cabinet”, se demande Dominique Bünzli, membre de la société cantonale des médecins neuchâtelois.
La nécessité d'un changement législatif
“Évidemment, les différentes administrations dialoguent entre elles, mais il peut y avoir plusieurs procédures, jusqu'au Tribunal fédéral. Il faut changer la loi”, affirme Michel Matter. Un changement législatif pourrait améliorer la situation, mais il nécessite du temps et une coordination entre les cantons.
Les défis pratiques
Même lorsque l'autorisation n'est pas accordée ou est révoquée, l'application de l'interdiction est complexe. “On part du principe que la personne respectera les décisions. C'est comme pour le permis de conduire: si on le retire, en théorie, on ne conduit plus. Mais certaines personnes continuent jusqu'à ce qu'elles soient arrêtées”.
Les conséquences pour les patients
Les conséquences pour les patients peuvent être graves. L'histoire de Nicholas est un exemple tragique de ce qui peut arriver lorsque les contrôles sont inadéquats. “Un médecin sans autorisation n'est pas nécessairement un mauvais médecin”, précise Baptiste Hurni. Cependant, le risque est réel et les patients doivent être conscients des limites du système.
Les solutions possibles
Une solution possible pourrait être l'accès de la Suisse au registre européen IMI. Cela permettrait un échange d'informations plus efficace entre les pays membres et la Suisse. Cependant, cela nécessite des négociations et des accords bilatéraux.
La collaboration entre cantons
La collaboration entre les cantons est essentielle pour améliorer les contrôles. “Les différentes administrations dialoguent entre elles, mais il peut y avoir plusieurs procédures, jusqu'au Tribunal fédéral”, affirme Michel Matter. Un système plus centralisé et coordonné pourrait réduire les lacunes actuelles.
L'importance de la transparence
La transparence est fondamentale pour maintenir la confiance des patients. Le registre MedReg est un pas dans la bonne direction, mais il doit être amélioré. “Nous ne pouvons pas savoir si notre médecin est compétent”, observe Raymonde Girard. Une plus grande transparence pourrait aider les patients à faire des choix plus éclairés.
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Points cles
Que faire si l'on suspecte qu'un médecin exerce sans autorisation
Si l'on suspecte qu'un médecin exerce sans autorisation, il est important d'agir rapidement. Voici les étapes à suivre :
1. Vérification sur le registre MedReg : Vérifiez si le médecin est inscrit sur le site de l'administration fédérale des professions médicales. 2. Contactez l'autorité cantonale : Si le médecin n'est pas inscrit ou s'il y a des doutes, contactez l'autorité cantonale compétente. 3. Signalez le cas : Fournissez toutes les informations disponibles à l'autorité compétente. 4. Surveillez la situation : Suivez l'évolution du cas et assurez-vous que les autorités prennent les mesures nécessaires.
Comment se protéger
Pour se protéger, les patients peuvent adopter certaines précautions :
1. Vérifiez les qualifications : Vérifiez toujours les qualifications du médecin sur le registre MedReg. 2. Demandez des informations : N'hésitez pas à demander des informations sur le parcours de formation et les expériences du médecin. 3. Comparez les informations : Comparez les informations fournies par le médecin avec celles disponibles sur le registre. 4. Signalez tout doute : Si vous avez des doutes sur les qualifications du médecin, signalez-le aux autorités compétentes.
Outils utiles
Pour plus d'informations et pour vérifier les qualifications des médecins, vous pouvez utiliser le calculateur de vérification des qualifications et consulter le registre MedReg.
Conclusion
Le phénomène des médecins exerçant sans autorisation en Suisse est préoccupant et nécessite une action immédiate. Les frontaliers doivent être conscients des risques et adopter les précautions nécessaires pour protéger leur santé. Les autorités doivent améliorer les contrôles et garantir la transparence pour maintenir la confiance des patients. Utilisez le calculateur de vérification des qualifications pour vous assurer que votre médecin est autorisé à exercer.
Source: rsi.ch
Questions fréquentes
- Comment puis-je vérifier si mon médecin est autorisé à exercer?
- Vous pouvez vérifier si votre médecin est autorisé à exercer en consultant le registre MedReg sur le site de l'administration fédérale des professions médicales. Il suffit d'entrer le nom du professionnel pour obtenir les informations nécessaires.
- Que faire si je suspecte qu'un médecin exerce sans permis?
- Si vous suspectez qu'un médecin exerce sans permis, contactez immédiatement l'autorité cantonale compétente et fournissez toutes les informations disponibles. Vous pouvez également signaler le cas aux autorités compétentes pour une enquête approfondie.
- Quelles sont les conséquences pour un médecin qui exerce sans permis?
- Un médecin qui exerce sans permis peut être soumis à des sanctions pénales et administratives. De plus, il peut être radié de l'ordre des médecins et perdre le droit d'exercer la profession en Suisse.
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