Impôt OCDE sur les multinationales : objectifs lointains, seulement 564 millions en 2025

Vue aérienne du lac de Lugano avec la frontière suisse-italienne en premier plan

L'impôt minimum de 15 % pour les multinationales en Suisse a rapporté 564 millions en 2025, bien en dessous des objectifs milliardaires du Conseil fédéral.

Contexte

En bref

  • Impôt minimum OCDE de 15% pour les multinationales en Suisse depuis 2024.
  • Recettes fiscales inférieures aux attentes, 564 millions prévus pour 2025.
  • Secteurs pharmaceutique et financier contribuent à 90% des recettes.

Faits clés

  • Impôt minimum: 15% pour les entreprises avec un chiffre d'affaires dépassant 750 millions de francs.
  • Recettes 2025: 564 millions de francs prévus, bien en dessous des 1,5 à 3,5 milliards attendus.
  • Secteurs clés: Pharmaceutique et financier contribuent à 90% des recettes.
  • Principaux contribuables: Novartis (266 millions) et Roche (155 millions) paient le plus.
  • Traitement spécial: Groupes américains bénéficient d'un traitement spécial à partir du 1er janvier 2026.
  • Déclaration fiscale: Délai pour la présentation des déclarations fiscales pour 2024 est le 30 juin 2026.
  • Impact Tessin: Multinationales à Lugano et Mendrisio soumises à l'impôt minimum de l'OCDE.
  • Frontaliers: 20% de la main-d'œuvre tessinoise, impact potentiel sur les salaires et avantages.

Analyse Deloitte : recettes en dessous des attentes

L'impôt minimum de 15 % pour les multinationales, proposé par l'OCDE en 2021, est entré en vigueur en Suisse en 2024 après une approbation populaire à large majorité. Toutefois, le bilan est décevant selon une étude publiée jeudi par la société de conseil Deloitte. Les recettes fiscales ont augmenté de manière notable, mais devraient rester en dessous des attentes de la Confédération dans les années à venir. L'impôt concerne les entreprises dont le chiffre d'affaires dépasse 750 millions de francs, avec un bénéfice imposé à 15 %.

Données décevantes pour 2025

Selon l'analyse, les 50 plus grands groupes cotés en bourse en Suisse paieront pour 2025 environ 564 millions de francs d'impôts supplémentaires en Suisse et à l'étranger. Par rapport à 2024, il s'agit d'une augmentation de 132 %. Les recettes prévues par le Conseil fédéral sont toutefois comprises entre 1,5 et 3,5 milliards de francs, un objectif hors de portée selon les experts.

"Les attentes initiales étaient trop optimistes," a déclaré un porte-parole de Deloitte.

Secteurs et principaux contribuables

Une raison de l'écart est le traitement spécial pour les groupes américains en vigueur à partir du 1er janvier 2026. De plus, les impôts supplémentaires se concentrent sur quelques secteurs. Ainsi, les secteurs pharmaceutique et financier ont contribué à 90 % des recettes fiscales totales de l'OCDE. Les deux plus grands contribuables couvrent à eux seuls trois quarts des impôts : Novartis a payé 266 millions, Roche 155.

Exemples concrets

  • Novartis : Avec un chiffre d'affaires de 53,8 milliards de francs en 2023, Novartis a payé 266 millions de francs d'impôts supplémentaires. Cela représente environ 5 % de son bénéfice net annuel.
  • Roche : Roche, avec un chiffre d'affaires de 71,5 milliards de francs en 2023, a payé 155 millions de francs. Cela correspond à environ 3 % de son bénéfice net annuel.

Réglementations et dates clés

  • 1er janvier 2026 : Entrée en vigueur du traitement spécial pour les groupes américains.
  • 30 juin 2026 : Délai pour la présentation des déclarations fiscales pour 2024 par les filiales de groupes étrangers.

Manque de données complètes

Deloitte souligne toutefois que, en raison du manque de données sur les filiales de groupes étrangers, elles aussi soumises à l'impôt minimum de l'OCDE, il n'est pas encore possible d'effectuer une évaluation définitive pour l'année dernière. Ces groupes doivent en effet présenter la déclaration fiscale pour 2024 seulement avant le 30 juin 2026.

Checklist opérationnelle

1. Vérification du chiffre d'affaires : S'assurer que le chiffre d'affaires de l'entreprise dépasse les 750 millions de francs. 2. Calcul du bénéfice imposable : Déterminer le bénéfice soumis à l'impôt minimum de 15 %. 3. Présentation de la déclaration : Présenter la déclaration fiscale dans les délais prévus.

Comparaison entre scénarios pratiques

  • Scénario optimiste : Si toutes les entreprises soumises à l'impôt payaient 15 % du bénéfice, les recettes pourraient atteindre 3,5 milliards de francs.
  • Scénario réaliste : Selon Deloitte, les recettes resteront autour de 564 millions de francs pour 2025, bien en dessous des attentes.

Impact sur le Tessin

Dans le canton du Tessin, plusieurs multinationales ayant leur siège à Lugano et Mendrisio sont soumises à l'impôt minimum de l'OCDE. Par exemple, une société ayant son siège à Lugano et un chiffre d'affaires d'1 milliard de francs pourrait payer environ 150 millions de francs d'impôts supplémentaires. Toutefois, le manque de données complètes rend difficile une évaluation précise.

Conclusion

L'impôt minimum de l'OCDE a entraîné une augmentation des recettes fiscales, mais pas suffisante pour atteindre les objectifs initiaux. La concentration des impôts sur quelques secteurs et l'absence de données complètes rendent difficile une évaluation définitive. Les entreprises doivent continuer à surveiller les réglementations et à s'adapter aux nouvelles dispositions fiscales.

Details pratiques

Implications pour les frontaliers et l'économie tessinoise

L'impôt minimum de l'OCSE sur les multinationales, entré en vigueur le 1er janvier 2024, a un impact significatif également pour les frontaliers et l'économie du canton du Tessin. Avec l'augmentation des taxes pour les grandes entreprises, il pourrait y avoir un effet en cascade sur les salaires et les avantages pour les employés. Par exemple, une multinationale basée à Lugano opérant dans le secteur financier pourrait voir une augmentation de la charge fiscale de 15 %, passant d'un taux effectif de 12 % à un taux de 20 %. Cela pourrait se traduire par une réduction des bonus annuels pour les employés, qui pourraient passer d'une moyenne de 15 000 francs à 10 000 francs.

Toutefois, les entreprises pourraient chercher à compenser ces dépenses en réduisant d'autres coûts, ce qui pourrait influencer indirectement les frontaliers. Par exemple, une entreprise basée à Mendrisio pourrait décider de réduire les coûts de formation ou de bénéficier moins des services d'assurance maladie complémentaire pour les employés. Les frontaliers, qui représentent environ 20 % de la main-d'œuvre tessinoise, pourraient donc voir un impact direct sur leur revenu disponible.

Checklist opérationnelle pour les frontaliers :

  • Vérifiez votre contrat de travail : vérifiez s'il existe des clauses prévoyant des réductions d'avantages en cas d'augmentation des impôts.
  • Consultez un expert-comptable : pour comprendre comment l'impôt minimum de l'OCSE pourrait influencer votre déclaration de revenus.
  • Surveillez les communications de l'entreprise : les entreprises pourraient annoncer des changements dans les politiques de rémunération.

Comparaison avec les objectifs initiaux

Les objectifs initiaux du Conseil fédéral étaient ambitieux, avec des recettes prévues entre 1,5 et 3,5 milliards de francs. Cependant, les données de 2025 montrent un écart significatif, avec seulement 564 millions de francs collectés. Cela pourrait conduire à une révision des politiques fiscales futures, avec des impacts possibles sur les accords fiscaux bilatéraux entre la Suisse et l'Italie.

Comparaison entre scénarios pratiques :

  • Scénario optimiste : Si les recettes devaient augmenter progressivement, atteignant 1,5 milliard de francs d'ici 2027, le gouvernement suisse pourrait maintenir les accords fiscaux existants.
  • Scénario pessimiste : Si les recettes restaient faibles, le gouvernement pourrait devoir renégocier les accords, avec des augmentations possibles des impôts pour les frontaliers.

Scénarios futurs

Si les recettes continuent d'être inférieures aux attentes, le gouvernement suisse pourrait devoir revoir la stratégie fiscale. Cela pourrait inclure des modifications des taux ou de la portée de l'impôt minimum. Pour les frontaliers, il est important de surveiller ces développements pour comprendre comment ils pourraient influencer leur revenu et leurs avantages fiscaux.

Exemples concrets :

  • Augmentation des taux : Si le taux minimum devait passer de 15 % à 20 %, les entreprises pourraient devoir réduire davantage les coûts, avec un impact direct sur les salaires.
  • Modifications des accords bilatéraux : Si la Suisse devait renégocier les accords avec l'Italie, les frontaliers pourraient voir une augmentation des impôts sur leur part de revenu gagné en Suisse.

💡 Conseils pratiques :

  • Diversifiez vos sources de revenus : envisagez d'investir dans des activités qui pourraient compenser d'éventuelles réductions de revenus.
  • Planifiez vos finances : créez un budget qui tient compte des variations fiscales possibles.
  • Restez informé : suivez les actualités fiscales et consultez régulièrement un expert pour des mises à jour.

⚠️ Avertissements :

  • Ne prenez pas de décisions hâtives : attendez les communications officielles avant de faire des changements significatifs.
  • Consultez toujours un professionnel : les réglementations fiscales peuvent être complexes et sujettes à des changements.

Outils utiles pour votre cas

Pour vérifier votre scénario fiscal dans/hors des 20 km, utilisez le calculateur de salaire net et le guide déclaration fiscale.

Points cles

Que faire pour les frontaliers

Pour les frontaliers travaillant en Suisse, il est essentiel de rester informé des développements fiscaux, surtout à la lumière de l'impôt minimum de l'OCSE sur les multinationales. Voici quelques étapes concrètes à suivre :

1. Surveiller les communications officielles : Assurez-vous de recevoir des mises à jour des autorités fiscales suisses et italiennes. Par exemple, l'Agence des Entrées italienne et l'Administration fédérale des contributions suisse publient régulièrement des bulletins d'information. En particulier, les frontaliers résidant dans les communes tessinoises de Lugano, Mendrisio et Chiasso devraient prêter attention aux communications locales, qui contiennent souvent des détails spécifiques à leur situation.

2. Consulter un expert fiscal : Un conseiller peut aider à naviguer les complexités des nouvelles réglementations et à optimiser la déclaration de revenus. Par exemple, un expert peut expliquer comment l'impôt minimum de l'OCSE de 15 % sur les multinationales pourrait influencer votre revenu. De plus, il peut fournir des conseils sur la gestion des déductions fiscales, qui peuvent varier considérablement entre l'Italie et la Suisse.

3. Utiliser des outils en ligne : Des outils comme le calculateur fiscal peuvent aider à estimer l'impact des nouvelles taxes sur le revenu. Par exemple, si vous gagnez 80 000 CHF par an et résidez à Lugano, le calculateur peut estimer que votre impôt minimum de l'OCSE pourrait être d'environ 1 200 CHF, selon les déductions applicables.

4. Maintenir une documentation précise : Conservez tous les documents fiscaux et les contrats de travail pour faciliter la déclaration de revenus. Cela inclut les reçus, les contrats de travail et les documents relatifs à d'éventuelles déductions fiscales. Par exemple, si vous avez des dépenses médicales ou de transport, il est important de conserver les reçus correspondants pour pouvoir les déduire.

Liste de contrôle opérationnelle

  • Vérifiez les communications officielles : Consultez régulièrement les sites web des autorités fiscales suisses et italiennes.
  • Consultez un expert fiscal : Prenez rendez-vous avec un conseiller fiscal pour une révision complète de votre situation.
  • Utilisez des outils en ligne : Utilisez le calculateur fiscal pour estimer l'impact des nouvelles taxes.
  • Maintenez une documentation précise : Conservez tous les documents fiscaux et les contrats de travail dans un endroit sûr et facilement accessible.

Comparaisons entre scénarios pratiques

Considérons deux scénarios pour un frontaliers résidant à Mendrisio :

  • Scénario 1 : Un frontaliers avec un revenu de 70 000 CHF par an. Selon les réglementations actuelles, l'impôt minimum de l'OCSE pourrait ajouter environ 1 050 CHF à sa déclaration de revenus.
  • Scénario 2 : Un frontaliers avec un revenu de 100 000 CHF par an. Dans ce cas, l'impôt minimum de l'OCSE pourrait ajouter environ 1 500 CHF à sa déclaration de revenus.

Conclusion

L'impôt minimum de l'OCSE sur les multinationales a un impact significatif sur l'économie suisse et sur les frontaliers. Bien que les recettes aient augmenté, elles restent bien en dessous des attentes, avec seulement 564 millions de CHF prévus pour 2025. Il est essentiel pour les frontaliers de rester informés et de se préparer à d'éventuels changements futurs. L'utilisation d'outils comme le calculateur fiscal peut aider à mieux gérer la situation fiscale.

"La complexité des réglementations fiscales nécessite une approche proactive et informée. " - Expert fiscal tessinois

Maintenir une documentation précise et consulter régulièrement un expert fiscal sont des étapes cruciales pour naviguer avec succès dans le paysage fiscal suisse.

Source: rsi.ch

Questions fréquentes
Quels sont les secteurs qui contribuent le plus aux recettes de l'impôt OCDE ?
Les secteurs pharmaceutique et financier ont contribué à 90 % des recettes fiscales totales de l'OCDE. Novartis et Roche, en particulier, ont payé respectivement 266 millions et 155 millions de francs.
Pourquoi les recettes sont-elles inférieures aux attentes ?
Les recettes sont inférieures aux attentes en raison du traitement spécial pour les groupes américains et de la concentration des impôts complémentaires sur quelques secteurs. De plus, il manque des données complètes sur les filiales de groupes étrangers.
Que peuvent faire les travailleurs frontaliers pour se préparer aux changements fiscaux ?
Les travailleurs frontaliers devraient surveiller les communications officielles, consulter un expert fiscal, utiliser des outils en ligne comme le calculateur fiscal, et maintenir une documentation précise.

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