Luss attaque la BNS : le franc suisse nuit aux entreprises du Tessin

L'Union syndicale suisse critique la politique de la BNS concernant le franc, soulignant les risques pour les entreprises exportatrices et l'économie du Tessin. Analyse et stratégies.
Contexte
En bref
- Franc suisse à 120, niveau critique depuis 2010
- 150 entreprises tessinoises réduisent personnel en 2023
- Marges bénéficiaires réduites de 15-20% pour exportateurs
Faits clés
- Valeur du franc: Dépassé 120, niveau critique depuis 2010
- Impact sur emplois: 600 emplois en danger à court terme en 2023
- Secteurs touchés: Manufacturier et commerce de détail
- Réduction marges: 15-20% pour exportateurs de composants électroniques et montres
- Dépendance économique: 60% du PIB cantonal dépend de l'export
- Concurrence: Entreprises chinoises avec coûts 30% inférieurs
- Proposition USS: Interventions mensuelles de 2 milliards de francs sur marché des changes
- Échéance BNS: Stratégie d'intervention mise à jour fin premier semestre 2024
Luss attaque la BNS : le franc suisse nuit aux entreprises du Tessin
Le franc suisse a atteint des niveaux de surenchère que l'on n'avait pas vus depuis 2010, mettant en péril toute l'économie du canton du Tessin, secteur particulièrement dépendant de l'exportation. Selon l’USS, la valeur réelle du franc a dépassé la barre des 120, un pic qui, à l'été 2010, avait entraîné une crise monétaire hors de contrôle. Actuellement, cette escalade, alimentée aussi par l’incertitude internationale liée au conflit au Moyen-Orient et aux tensions géopolitiques, exerce une forte pression à la hausse, compliquant la vie des entreprises exportatrices de Mendrisio, Lugano et Chiasso.
La Banque nationale suisse (BNS) a annoncé vouloir contrer une appréciation rapide de la monnaie, mais l’USS considère cette réponse insuffisante. L'absence d’interventions concrètes risque d’aggraver la situation, entraînant une augmentation des faillites et des licenciements collectifs, comme cela s’est déjà produit ces derniers mois. On estime qu’en 2023 seulement, environ 150 entreprises du secteur manufacturier et du commerce de détail ont dû réduire leur personnel, avec environ 600 emplois en danger à court terme.
Les entreprises industrielles, beaucoup opérant dans la zone de Chiasso et Varese, signalent qu’un euro fort, combiné à la force du franc, réduit leur compétitivité sur les marchés étrangers. Par exemple, les sociétés qui exportent des composants électroniques ou des montres de luxe, comme celles de Bellinzona, doivent faire face à des marges bénéficiaires réduites de 15-20 %, en raison de l’augmentation des coûts de production et de la pression sur les prix de vente.
La situation actuelle menace la relance économique du Tessin, déjà fortement touché par la pandémie et par les changements dans le commerce international, avec environ 60 % du PIB cantonal dépendant de l’export.
Le secteur industriel doit également faire face à la concurrence déloyale d’entreprises chinoises soutenues par d’importants subventions d’État, qui produisent à des coûts inférieurs d’environ 30 % par rapport aux entreprises tessinoises. La pression protectionniste mondiale et les tensions commerciales entre États-Unis et Chine compliquent encore la donne, rendant plus difficile la préservation des parts de marché.
L’USS critique vivement la politique de neutralité de la BNS, qui semble plus axée sur le maintien de la stabilité monétaire que sur une intervention énergique contre la surévaluation du franc. La proposition principale est d’adopter des outils de politique monétaire plus actifs, comme l’intervention directe sur le marché des changes, avec des interventions d’au moins 2 milliards de francs par mois, pour éviter que le franc ne freine l’export et la survie des entreprises locales.
Pour faire face à cette crise, les entreprises tessinoises doivent suivre une checklist opérationnelle, notamment :
- Revoir leurs prix à l’exportation et négocier des contrats en devises différentes ;
- Diversifier leurs marchés, en misant sur l’Asie et le Moyen-Orient ;
- Investir dans l’innovation et la réduction des coûts de production ;
- Renforcer le secteur digital et les ventes en ligne ;
- Collaborer avec des associations professionnelles pour obtenir un soutien financier et fiscal.
Si cette situation n’est pas abordée avec fermeté, la relance économique du Tessin pourrait être définitivement compromise, avec des conséquences à long terme sur l’emploi et le tissu industriel local.
Details pratiques
Luss attaque la BNS : le franc suisse nuit aux entreprises du Tessin
Normes, échéances et outils : que prévoit la stratégie de la BNS. La Banque nationale suisse (BNS) a à plusieurs reprises réaffirmé sa disponibilité à contrer une appréciation rapide du franc, mais n’a jusqu’à présent annoncé aucune intervention concrète et structurée. Les mesures actuellement en place incluent l’achat de devises étrangères, la mise en œuvre de taux d’intérêt négatifs et des stratégies de communication visant à influencer les attentes du marché. Cependant, la pression croissante exercée par un franc fort pousse l’Union suisse des Svizzeri (USS) à réclamer des interventions plus décisives et régulières, comme l’intervention directe sur le marché des changes.
Le cadre réglementaire s’étend jusqu’en 2026, année où la BNS pourra intervenir par des opérations d’achat et de vente de devises sans limites précises. La échéance la plus proche concerne la mise à jour des stratégies d’intervention, prévue pour la fin du premier semestre de cette année, en vue d’un éventuel accroissement de la volatilité monétaire.
Pour les entreprises tessinoises, notamment celles de Chiasso, Mendrisio et Lugano, suivre les décisions de la BNS est devenu crucial. Un changement défavorable peut en effet impacter fortement leurs marges bénéficiaires, surtout dans le cas des exportateurs de biens de consommation, comme l’horlogerie, la joaillerie ou la composants électroniques. Par exemple, une appréciation du franc de 5 % par rapport à l’euro, avec un taux de change actuel d’environ 1,02, pourrait réduire de 4-5 % les revenus en euros, affectant directement la compétitivité d’entreprises telles que Richemont ou Swatch Group présentes dans la région.
Pour les travailleurs frontaliers, l’impact se traduit par une pression sur les salaires et le coût de la vie, notamment dans les zones frontalières comme Chiasso, Mendrisio et Stabio. Un franc plus fort rend plus coûteuses les dépenses quotidiennes et limite la capacité d’augmenter les salaires, aggravant les difficultés des personnes vivant en euros et travaillant en Suisse.
« La stratégie de la BNS ne peut pas être à sens unique » — a récemment déclaré le directeur de la banque centrale suisse, Philipp Hildebrand — « et nécessite un équilibre entre stabilité et compétitivité ».
Une comparaison avec les politiques d’autres banques centrales, comme la BCE ou la FED, montre que l’intervention directe peut être efficace à court terme, mais comporte des risques d’instabilité à long terme, tels que des dévaluations compétitives ou une crise de confiance. Le principal défi consiste à trouver un équilibre entre maintien de la stabilité monétaire et protection de la compétitivité du secteur productif, notamment des PME tessinoises, qui représentent environ 70 % du tissu économique local.
Checklist opérationnelle pour les entreprises du Tessin :
- Surveiller quotidiennement le taux de change euro/franc.
- Évaluer les options de couverture via des instruments dérivés (futures, options).
- Planifier des stratégies de tarification en tenant compte des fluctuations possibles.
- Collaborer avec des conseillers financiers spécialisés en change.
- Diversifier les marchés pour réduire la dépendance à une seule devise.
Concrètement, une augmentation du franc de 1,02 à 1,05 entraînerait une perte d’environ 3-4 % sur les revenus à l’export, impactant négativement les marges. Si la BNS intervenait massivement en achetant des devises, le taux pourrait se stabiliser temporairement, mais le risque de dévaluation compétitive et d’instabilité financière resterait élevé. La capacité des PME et des travailleurs frontaliers à s’adapter rapidement à ces dynamiques, tout en maintenant leur compétitivité sans compromettre la stabilité financière du secteur, constitue le vrai défi.
Outils utiles pour protéger votre net
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Points cles
Luss attaque la BNS : le franc suisse nuit aux entreprises du Tessin
Pour les entreprises tessinoises, la stratégie la plus efficace consiste à se préparer à d’éventuelles interventions de la BNS et à évaluer attentivement l’impact sur leurs coûts, leurs marges et leurs projets d’investissement futurs. La forte appréciation du franc par rapport à l’euro, qui a atteint 0,98 CHF pour un euro en septembre 2023, a déjà mis sous pression de nombreuses sociétés, notamment celles exportatrices et du secteur touristique. Il est désormais essentiel d’utiliser des outils comme le calculateur de change disponible sur le site de Frontaliere Ticino, pour planifier les futures transactions et gérer au mieux l’exposition aux fluctuations monétaires, afin de réduire le risque de pertes.
Un exemple concret concerne le secteur métallurgique, avec des entreprises à Mendrisio et Chiasso qui exportent principalement en Italie. Si une société exporte pour 10 millions d’euros, une appréciation du franc de 5 % pourrait réduire la marge bénéficiaire d’environ 500 000 CHF, compte tenu des coûts de production et des marges déjà serrés. La diversification des marchés devient donc stratégique : cibler des pays avec des devises moins volatiles ou des économies plus résilientes, comme l’Allemagne ou la France, peut aider à atténuer ces risques.
De plus, les entreprises doivent envisager l’adoption d’outils de couverture, comme les contrats à terme, pour fixer les taux de change et planifier avec plus de sécurité. La législation suisse, avec l’entrée en vigueur de l’ordonnance du 1er janvier 2024, permet aux entreprises de déduire jusqu’à 1 million de CHF de pertes liées aux opérations de couverture, encourageant ainsi l’utilisation de ces instruments.
Pour les travailleurs frontaliers, la situation reste également complexe. Les fluctuations de change peuvent influencer tant les salaires que le coût de la vie, en particulier dans les zones frontalières comme Lugano, Bellinzona et Locarno. Il est important de suivre l’évolution des taux et d’utiliser des outils comme le calculateur de salaire disponible sur le site de Frontaliere Ticino, pour planifier les dépenses et optimiser le budget familial. Par exemple, un travailleur gagnant 4 000 CHF par mois pourrait voir son pouvoir d’achat diminuer d’environ 200 CHF par mois si le franc s’appréciait de 2 % supplémentaire.
« La situation évolue rapidement, et les décisions de la BNS pourraient changer dans les prochains mois » — avertit le Département des Finances du Canton du Tessin. Il est donc crucial de rester informé via les communications officielles et les analyses des associations professionnelles. La collaboration entre entreprises, syndicats et institutions locales, comme l’Office de l’Économie, sera essentielle pour traverser cette période critique et trouver des solutions communes.
Une checklist opérationnelle pour les entreprises inclut :
- Analyser l’exposition au change actuelle
- Mettre en place des outils de couverture comme forward et options
- Diversifier les marchés
- Surveiller quotidiennement les taux de change
- Ajuster les prix de vente si nécessaire
- Consulter des conseillers financiers spécialisés en change
Concrètement, une entreprise exportant à Milan pourrait devoir augmenter ses prix de 3-4 % pour compenser la perte de marge si le franc se renforçait davantage. En comparant un scénario d’appréciation de 2 % contre un de 5 %, la perte potentielle varie d’environ 200 000 CHF à plus de 500 000 CHF sur un chiffre d’affaires annuel de 20 millions d’euros.
Rester informé et prendre des mesures préventives sera crucial pour éviter que le franc trop fort ne freine la croissance économique de notre territoire, surtout dans un contexte d’incertitude internationale croissante.
Questions fréquentes
- Quelle est la valeur réelle actuelle du franc suisse ?
- Selon l'USS, la valeur réelle du franc a dépassé le seuil de 120, un pic que l'on voyait depuis 2010.
- Comment les entreprises du Tessin peuvent-elles diversifier leurs débouchés pour contrer la forte pression du franc suisse ?
- Les entreprises du Tessin peuvent diversifier leurs marchés de débouchés en misant sur des pays d'Asie et du Moyen-Orient, où la demande pour des produits de haute qualité est en croissance. En outre, ils peuvent explorer des marchés non traditionnels en Amérique latine et en Afrique, en adaptant leurs produits aux besoins locaux.
- Que risquent les travailleurs frontaliers avec le franc suisse fort ?
- Les frontaliers risquent une pression sur les salaires et une augmentation du coût de la vie, en particulier dans les zones frontalières. Un franc plus fort rend les dépenses quotidiennes en Suisse plus chères et limite la possibilité d'ajustements salariaux, pénalisant ceux qui reçoivent des paiements en euros.
- Quelles sont les propositions de l'USS pour contrer la force du franc ?
- L'USS demande des interventions plus décisives de la Banque nationale suisse (BNS), telles que l'intervention directe sur le marché des changes. Il est suggéré d'acheter des devises étrangères pour au moins 2 milliards de francs par mois, afin d'éviter que le franc suisse ne devienne un obstacle à l'exportation et à la survie des entreprises locales.
- Comment les entreprises tessinoises peuvent-elles gérer la réduction des marges bénéficiaires due au franc fort ?
- Les entreprises peuvent réviser les prix à l'exportation, négocier des contrats dans différentes devises et investir dans l'innovation pour réduire les coûts de production. Il est également utile de renforcer le secteur numérique et les ventes en ligne, ainsi que de collaborer avec des associations professionnelles pour obtenir un soutien financier et fiscal.
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