Les primes des caisses-maladie augmentent, mais la charge familiale reste stable (guide frontalier)

Vue urbaine suisse avec hôpital moderne, symbole des caisses maladie

De 2016 à 2023, la charge nette des ménages est restée stable : la prime standard a augmenté de 19 %, mais la part du revenu moyen est passée de 6,5 % à 6,4 % grâce à une augmentation des subventions d’environ 440 francs.

Contexte

En bref

  • De 2016 à 2023, la charge nette est restée stable
  • En 2027, les primes attendues augmenteront de 4% à 5%
  • La classe moyenne passe de 6,5% à 6,4% du revenu brut
  • La prime standard a augmenté de 19%

Faits clés

TermeValeur
Période analysée2016-2023
Échantillonenviron 300'000 familles
Source des donnéesassurés Helsana et revenus officiels anonymisés
Catégories de revenusdix
Revenu brut médian en 201688'875 francs
Revenu brut médian en 202395'760 francs
Prime standard+19% de 2016 à 2023
Subventions pour la famille médianeenviron 440 francs de plus

Le constat central de l'analyse

Depuis Zurich, la Neue Zürcher Zeitung relaie le résultat d'une évaluation spéciale fondée sur une étude de l'Université de Bâle. La conclusion concerne un problème qui préoccupe toute la Suisse : malgré l'augmentation des primes, la charge nette supportée par les familles est restée globalement stable ces dernières années.

Comment la charge a été calculée

Les économistes Stefan Felder, Stefan Meyer et Kurt Schmidheiny, du Basel Center for Health Economics, ont analysé les informations de tous les assurés Helsana. Les données ont été croisées sous forme anonymisée avec les informations officielles sur les revenus. Pour la NZZ, le groupe a ensuite élaboré une évaluation portant sur environ 300'000 familles réparties dans toute la Suisse, en observant la période de 2016 à 2023 et en divisant les ménages en dix catégories de revenus.

Le résultat concerne les factures après déduction des subventions publiques. Dans toutes les tranches de revenus, la charge est restée stable. Pour une famille de la classe moyenne, la part du revenu brut consacrée aux primes est passée de 6,5% en 2016 à 6,4% en 2023, même si la prime standard, calculée avec la franchise la plus basse et le libre choix du médecin, a augmenté de 19%.

La NZZ relève trois éléments. De nombreux assurés ont choisi des modèles avec un choix limité du médecin et des franchises plus élevées, réduisant ainsi les paiements. Pour la famille médiane, les primes brutes ont augmenté de 11%, soit de 750 francs par an. Entre-temps, le revenu brut médian est passé de 88'875 francs à 95'760, soit une augmentation de 6885 francs. Les subventions fédérales et cantonales ont augmenté d'environ 440 francs pour la famille médiane. Plus de la moitié de l'augmentation des primes a donc été absorbée par la Confédération et les cantons.

L'analyse prend également en compte les familles avec enfants, qui en 2023 n'ont payé en moyenne pas plus de 8% du revenu brut. Sans soutien de l'État, la charge dépasserait 20% pour le décile le plus bas ; avec l'aide sociale qui couvre entièrement les primes pour de nombreux ménages, elle tombe à moins de 5%.

La semaine prochaine, rappelle la NZZ, la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider annoncera la hausse moyenne des primes pour 2027, attendue entre 4% et 5%.

Details pratiques

Le rapport entre la prime et le revenu

La comparaison suggérée par l’analyse porte sur la facture brute, le revenu brut et la part qui reste après les subventions. Se limiter à la prime standard peut donc donner une image différente de celle qui se dégage pour le budget familial. La famille médiane illustre bien cet écart : le prix du modèle standard a augmenté, mais la charge nette par rapport au revenu est restée presque inchangée.

IndicateurÉvolution observée
Revenu brut médiande 88'875 à 95'760 francs
Charge pour la classe moyennede 6,5% à 6,4%
Prime standard+19%
Primes brutes de la famille médiane+11%, soit 750 francs par an
Subventions fédérales et cantonalesenviron 440 francs supplémentaires

Cette différence compte surtout lorsqu’on compare des années différentes. Une augmentation de la facture n’entraîne pas automatiquement la même hausse de la charge, si, entre-temps, le revenu ou les subventions augmentent. L’étude indique également que le passage à des modèles offrant un choix plus limité du médecin et des franchises plus élevées a réduit les paiements pour de nombreux assurés. Cela ne signifie pas que chaque famille ait suivi le même parcours, mais explique pourquoi la prime standard ne décrit pas à elle seule la dépense effective.

Pour les familles avec enfants, la donnée moyenne de 2023 ne dépasse pas 8% du revenu brut. La situation des revenus les plus faibles est toutefois plus sensible aux aides : sans soutien de l’État, la charge du décile inférieur dépasserait 20%; pour de nombreux ménages, le soutien social couvre entièrement les primes et ramène la charge sous 5%. Le résultat montre donc un effet redistributif des subventions, et non une réduction uniforme des factures.

La région modifie également la lecture. Au Tessin, dans certaines régions de la Suisse romande et à Bâle, les primes sont plus élevées et certaines familles dépassent une charge nette de 10% du revenu brut. La moyenne nationale n’efface pas ces différences. Pour mettre en regard la donnée d’assurance avec les autres dépenses du ménage, on peut consulter le costo della vita in Svizzera.

La vérification concernant les années les plus récentes reste ouverte. De 2024 à 2026, la progression globale des primes a été similaire à celle enregistrée de 2016 à 2023, tandis que les revenus n’ont augmenté que dans la moyenne. La NZZ reconnaît donc que la charge pourrait être devenue plus lourde, mais observe également que le lien entre les subventions et les primes de référence devrait avoir laissé à l’État une part substantielle des augmentations. Seules les données futures diront dans quelle mesure la charge a réellement augmenté.

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Points cles

Cinq étapes pour une vérification ordonnée

Un contrôle pratique peut être construit sur les variables prises en compte par l'évaluation, sans transformer une moyenne nationale en prévision individuelle. La source n'indique ni modules, ni bureaux, ni délais pour demander les aides : ajouter une procédure spécifique reviendrait à introduire des informations qui ne figurent pas dans l'analyse.

1. Séparer la prime brute de l'aide reçue. Noter le montant total et la part qui reste après les aides, en distinguant clairement le poste cassa malati.

2. Mettre à côté le revenu annuel brut du ménage. C'est la référence utilisée dans l'étude pour mesurer la charge effective ; mettre les deux chiffres en rapport permet de suivre l'évolution de la part payée.

3. Identifier le modèle d'assurance utilisé. L'évaluation distingue la prime standard, avec une franchise plus basse et le libre choix du médecin, des modèles avec un choix limité et des franchises plus élevées. La comparaison doit donc porter sur le même type de couverture au cours des années observées.

4. Contrôler séparément les aides fédérales et cantonales. Pour les familles qui reçoivent une aide sociale, il faut également vérifier quelle part de la facture est couverte, car cette composante modifie la charge nette.

5. Noter l'année et la zone de référence. La comparaison entre 2016 et 2023 relève de l'évaluation disponible ; pour la période 2024-2026, le tableau est encore provisoire et la NZZ renvoie aux données qui seront disponibles à l'avenir.

La vérification ne doit pas produire la promesse que chaque famille paiera moins. Elle sert à distinguer deux questions : de combien la facture a augmenté et quelle part du revenu elle absorbe après les aides. La réponse peut varier selon le revenu, la présence d'enfants, le modèle d'assurance et la région, variables toutes mentionnées par la source.

Si le résultat personnel paraît plus élevé que la moyenne nationale, ce n'est pas automatiquement une contradiction : l'analyse signale des différences régionales et des tranches de revenus différentes. Pour mettre en rapport le revenu disponible et le budget familial, complète le contrôle avec le calcolatore stipendio.

Pour un calcul précis du salaire net, utilisez notre comparateur fiscal : comparez permis G et permis B avec toutes les déductions 2026.

Source: tio.ch

Questions fréquentes
Quelle a été l'augmentation de la prime standard entre 2016 et 2023 ?
La prime standard, calculée avec la franchise la plus basse et le libre choix du médecin, a augmenté de 19 % sur la période2016-2023. Pour la famille moyenne, cela correspond à une augmentation d'environ 750 francs par an, soit 11% de la prime brute.
Comment l'augmentation des allocations a-t-elle affecté la charge nette des ménages ?
Les allocations fédérales et cantonales pour la famille moyenne ont augmenté d'environ 440 francs. Cela a absorbé plus de la moitié de l'augmentation des primes (750 francs), tout en maintenant la part nette du revenu presque inchangée : de 6,5% en 2016 à 6,4% en 2023.
Quelle est la prévision pour l’évolution des primes en 2027 ?
Selon la NZZ, la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider annoncera la croissance moyenne des primes pour 2027, prévue entre 4% et 5%.

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