Industrialiser la Lune : des opportunités pour les entreprises suisses

La filière spatiale suisse réalise un chiffre d'affaires de ~330 mln CHF, emploie près de 3000 personnes dans 120 entreprises et l'économie lunaire pourrait valoir 343-566 mld USD d'ici 2050.
Contexte
En bref
- La filière spatiale suisse réalise un chiffre d'affaires d'environ 330 millions de francs
- Le secteur regroupe environ 120 entreprises et emploie près de 3000 personnes
- Artemis prépare une présence humaine durable sur la Lune
- L'économie lunaire pourrait représenter 343-566 milliards d'ici à 2050
Faits clés
- Chiffre d'affaires spatial → environ 330 millions de francs
- Entreprises actives → environ 120
- Employés → près de 3000
- Augmentation du chiffre d'affaires de Beyond Gravity en 2025 → 12%
- Économie lunaire estimée en 2050 → 343-566 milliards de dollars
La filière spatiale suisse se prépare à l'industrialisation de la Lune. Selon Keystone-ATS, l'industrie génère environ 330 millions de francs de chiffre d'affaires ; en incluant le secteur scientifique, on atteint 400-600 millions. Le secteur compte environ 120 entreprises actives et emploie près de 3000 personnes. Swissmem, l'association de l'industrie technologique, décrit le marché comme encore jeune mais en forte croissance.
Une présence déjà intégrée aux programmes européens
La Confédération est la sixième puissance européenne dans le domaine spatial et le septième contributeur de l'ESA, dont elle est membre fondateur. Didier Manzoni, directeur général adjoint d'Apco Technologies, souligne qu'aucune mission européenne ne vole sans un équipement important fabriqué en Suisse. La société basée à Aigle (VD) a fourni des équipements pour le vaisseau Orion de la mission Artemis, pour la fusée Ariane 6 et pour tous les programmes de l'ESA, y compris le rover martien d'ExoMars. La valeur des commandes et le chiffre d'affaires du groupe restent confidentiels, tandis que Manzoni décrit ce dernier comme étant en hausse.
Le programme Artemis de la NASA, qui vise une présence humaine durable autour de la Lune et sur la Lune, implique également Beyond Gravity, filiale de Ruag International. Pour Orion, le groupe a développé des mécanismes d'orientation des panneaux solaires. Son chiffre d'affaires, corrigé des effets des cessions, a augmenté de 12% en 2025, atteignant 402 millions de francs ; le groupe zurichois investit dans l'extension de ses capacités de production sur plusieurs sites.
L'EPFL est également un point de départ pour cette trajectoire industrielle. Emmanuelle David, directrice du Centre spatial de l'EPFL, signale que les investissements dans le marché lunaire sont en hausse. Pave Space, start-up issue de l'EPFL et fondée en 2024, a levé au printemps environ 40 millions de dollars, soit 33 millions de francs, pour développer des véhicules destinés à accélérer la mise en orbite des satellites. David considère cette levée comme l'une des plus importantes du secteur spatial européen.
Le passage de la technologie déjà développée à la présence lunaire reste le fil conducteur : les entreprises travaillent désormais sur des équipements et des véhicules, tandis que la Lune est présentée comme une future frontière.
Details pratiques
Du programme Artemis à une filière aux temporalités différentes
Deux horizons pour les entreprises et les travailleurs
Pour celles et ceux qui vivent ou travaillent en Suisse, la distinction décisive se situe entre l'économie spatiale déjà active et l'industrialisation lunaire qui reste à construire. Les commandes mentionnées concernent des équipements, des mécanismes, des systèmes de survie et de transfert d'énergie. Elles ne décrivent pas encore l'extraction de ressources sur la Lune. Manzoni situe l'exploitation industrielle dans plusieurs décennies, tandis que Sirin Orbital Systems signale que les contrats signés jusqu'à présent sont limités.
Cette distance temporelle change la perspective pour les entreprises et les travailleurs. Matteo Madi prévoit une forte croissance de la demande d'ici à la fin de la décennie, qu'il relie aux lancements réussis de grands opérateurs comme Starship de SpaceX. L'analyse de Deloitte, publiée fin août, mesure quant à elle le potentiel à l'horizon 2050. Ce sont deux horizons différents : croissance de la demande au cours de la décennie et dimension économique à long terme.
| Horizon | Indication |
|---|---|
| Situation actuelle | Technologies et contrats pour des missions spatiales et de futures bases. |
| Fin de la décennie | Forte croissance attendue du marché selon Sirin. |
| 2050 | Économie lunaire estimée entre 343 et 566 milliards de dollars. |
Les estimations ne concernent pas un seul secteur. Les infrastructures nécessaires pour vivre et travailler sur la Lune comprennent le transport, l'énergie, les communications, la mobilité, la construction et les systèmes de survie. Dans un scénario de croissance accélérée, ce premier marché représenterait 282 milliards de dollars d'ici 2050. Une fois l'infrastructure de base créée, la sécurité nationale, les données et services lunaires, les nouvelles ressources et matériaux ainsi que la production dans l'espace ajouteraient 284 milliards.
Pour la Suisse, le point pratique est sa position dans la chaîne technologique. Apco, Beyond Gravity, Sirin et Pave Space sont citées pour les équipements, l'orientation des panneaux, la survie, l'énergie et les véhicules. Toute personne souhaitant vérifier le volet de l'emploi peut consulter les annunci di lavoro, en séparant les activités déjà développées des perspectives dépendant des futurs programmes spatiaux.
Les Accords Artemis ont eux aussi une fonction précise. Lancés en 2020 à l'initiative de la NASA et des États-Unis et signés par plusieurs pays, dont la Suisse, ils jettent les bases de l'exploration et de l'exploitation des ressources de la Lune, de Mars et d'autres corps célestes. Le principe cité par la source admet l'extraction et l'utilisation des ressources sans appropriation nationale : il s'agit d'un cadre pour l'activité future, et non d'une date de début indiquée.
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Points cles
De l’information à une vérification concrète
Pour transformer l’information en une vérification concrète, il convient de suivre un ordre qui sépare les données, les entreprises et les échéances. L’objectif n’est pas de considérer la Lune comme un marché déjà mature, mais de comprendre quelles technologies suisses sont déjà liées à des programmes spatiaux et lesquelles dépendent de développements futurs.
Quatre étapes opérationnelles
1. Commencer par les activités vérifiables. Apco Technologies est liée à Orion, Ariane 6, aux programmes de l’ESA et à ExoMars ; Beyond Gravity à Orion ; Sirin Orbital Systems aux systèmes de survie et au transfert sans fil de l’énergie ; Pave Space à des véhicules destinés à la mise en orbite des satellites.
2. Séparer la technologie de l’exploitation. La source décrit des solutions permettant la survie et la distribution de l’énergie ; elle ne présente pas encore d’activités industrielles opérationnelles à la surface lunaire. Cette distinction évite de considérer chaque investissement comme le début d’une extraction.
3. Utiliser les horizons appropriés. La fin de la décennie est la référence indiquée par Sirin pour la croissance de la demande ; 2050 est l’année des estimations de Deloitte ; Manzoni parle de plusieurs décennies pour l’exploitation. Il s’agit de références différentes, et non d’une seule échéance.
4. Vérifier l’aspect professionnel. Toute personne qui envisage une reconversion peut consulter les aziende che assumono et comparer les postes disponibles, sans attribuer automatiquement à chaque fonction une perspective lunaire.
Pour évaluer une information sur l’utilisation des ressources, le contrôle suivant concerne la référence institutionnelle mentionnée dans l’article : les Accords Artemis, lancés en 2020 et également signés par la Suisse. Leur principe autorise l’extraction et l’utilisation sans appropriation nationale ; la source ne les présente toutefois pas comme un calendrier pour le lancement d’activités industrielles sur la Lune. Cette distinction aide à ne pas confondre un cadre international avec une activité déjà engagée.
Pour vérifier le lieu et le type d’activité, la source indique Aigle (VD) pour Apco, Zurich pour Beyond Gravity et Sirin, ainsi que le Centre spatial de l’EPFL à Lausanne pour la référence scientifique. La même analyse indique le pôle Sud lunaire comme zone probable pour les premières activités, en raison de la présence de glace, de l’exposition prolongée au soleil et de terrains stratégiques.
Les chiffres doivent ensuite rester distincts : chiffre d’affaires, effectifs, levées de capitaux et estimations de l’économie lunaire mesurent des réalités différentes. Le texte ne quantifie pas les salaires individuels. Pour vérifier personnellement le revenu, utilisez le calcolatore stipendio.
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Source: swissinfo.ch
Questions fréquentes
- Quel est le chiffre d'affaires actuel de la filière spatiale suisse ?
- Selon Keystone-ATS cité dans la source, la filière spatiale suisse génère environ 330 millions de francs de chiffre d’affaires ; en incluant le secteur scientifique, on atteint 400-600 millions de francs.
- Combien d'entreprises et de salariés compte le secteur spatial en Suisse ?
- La source indique environ 120 entreprises actives et près de 3000 personnes employées dans le secteur. Swissmem décrit le marché comme jeune mais en forte croissance.
- Quelles sont les estimations de l’économie lunaire d’ici 2050 et quels scénarios infrastructurels sont mentionnés ?
- Selon l’analyse de Deloitte citée, l’économie lunaire pourrait représenter entre 343 et 566 milliards de dollars d’ici 2050 ; dans un scénario de croissance accélérée, les infrastructures de base représenteraient 282 milliards et, une fois créées, des ressources et une production supplémentaires dans l’espace ajouteraient 284 milliards.
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