Anciens dirigeants de Credit Suisse, l'annulation des bonus confirmée

Le TF confirme la révocation des bonus des anciens dirigeants de CS Le TAF avait admis les recours en mars 2025 Réductions des bonus : 100%, 50% et 25% pour trois niveaux Le 19
Contexte
En bref
- Le TF confirme la révocation des bonus des anciens dirigeants de CS
- Le TAF avait admis les recours en mars 2025
- Réductions des bonus : 100%, 50% et 25% pour trois niveaux
- Le 19 mars 2023 l'acquisition de CS par UBS a été annoncée
Faits clés
- Quoi → révocation des rémunérations variables non encore versées
- Autorité → TF, après le recours de la Confédération et d'UBS
- Norme → article 10a de la LBCR
- Mesures → 100%, 50% et 25% aux trois niveaux hiérarchiques les plus élevés
- Réduction moyenne → 68'000 francs
- Aides à la liquidité → 168 milliards de francs, entièrement remboursés
LAUSANNE - Le Tribunal fédéral (TF) a jugé légitime la révocation des bonus accordés aux anciens dirigeants de Credit Suisse (CS), annulant la décision du Tribunal administratif fédéral (TAF) et faisant droit au recours de la Confédération et d'UBS. L'arrêt concerne les rémunérations variables destinées aux trois niveaux hiérarchiques les plus élevés de l'établissement aujourd'hui disparu, mais non encore versées.
Au cœur de l'affaire se trouvait l'article 10a de la Loi sur les banques (LBCR). Le TF devait déterminer si cette norme suffisait à permettre au Conseil fédéral de révoquer totalement ou partiellement les rémunérations encore dues lorsqu'une banque d'importance systémique, ou sa société mère, reçoit une aide étatique directe ou indirecte au moyen de fonds de la Confédération.
Les recours des cadres concernés avaient été admis par le TAF en mars 2025. L'instance inférieure estimait que la norme autorisait exclusivement des mesures temporaires, à savoir la suspension du paiement. Dans son arrêt du 16 septembre, publié aujourd'hui, le TF a en revanche retenu une interprétation différente.
La lecture de l'article 10a
Pour les juges de Lausanne, la durée du soutien visée par la loi désigne la période pendant laquelle le gouvernement est habilité à édicter des mesures, et non la durée de chaque mesure. En outre, le fait que le droit à la rémunération variable puisse être « limité » indique davantage qu'un simple report du paiement.
Le TF s'est également référé au message du Conseil fédéral au Parlement concernant la modification de la LBCR et l'introduction des règles too big to fail. Dans ce document, selon l'arrêt, le gouvernement précisait que les interventions pouvaient aller jusqu'à la révocation des rémunérations variables et affecter les droits y afférents.
Le but était d'empêcher que des fonds publics financent des bonus jugés inappropriés, y compris ceux prévus contractuellement mais pas encore versés au titre d'exercices précédents. Le TF a considéré que les conditions de l'article 10a étaient remplies et a établi que le Conseil fédéral devait prendre des mesures. La réduction a été appliquée progressivement : 100% au premier niveau hiérarchique, 50% au deuxième et 25% au troisième. En moyenne, la réduction s'est élevée à 68'000 francs, tandis que la rémunération fixe de la dernière année d'emploi, non réduite, était d'environ 1,4 million.
Details pratiques
Ce qui change pour le cas examiné
La différence pratique entre les deux arrêts concerne la signification de la mesure adoptée par le Conseil fédéral. Le TAF l'avait interprétée comme une suspension temporaire : le versement des rémunérations variables aurait été reporté. Le TF a en revanche estimé que le terme « limité » permettait également une réduction substantielle ou une suppression, totale ou partielle, des bonus non encore versés.
Trois niveaux, trois mesures
| Niveau hiérarchique | Réduction appliquée aux bonus |
|---|---|
| Premier niveau | 100% |
| Deuxième niveau | 50% |
| Troisième niveau | 25% |
Le cas ne présente donc pas une réduction uniforme pour toutes les personnes concernées. Le pourcentage dépend du niveau hiérarchique : 100% indique la mesure la plus large, tandis que 25% est la plus limitée parmi celles indiquées dans la source. La comparaison économique fournie par les juges ajoute deux références : la réduction moyenne s'est élevée à 68'000 francs et, au cours de la dernière année d'emploi, la rémunération fixe moyenne non réduite était d'environ 1,4 million de francs.
Pour qui doit interpréter une rémunération variable dans le cas Credit Suisse, la distinction entre la part fixe et le bonus est donc décisive. L'arrêt concerne des rémunérations variables non encore versées ; selon les données rapportées par le Tribunal fédéral, la rémunération fixe n'a pas été réduite. La source précise en outre que pouvaient être concernées des rémunérations variables prévues par contrat pour des exercices précédents, lorsque les bases de la nécessité de l'aide de l'État avaient été posées.
Les juges ont rejeté l'argument des cadres selon lequel la décision aurait constitué une sanction. L'article 10a, selon l'interprétation du TF, poursuit un objectif préventif et non répressif. Les collaborateurs avaient été informés de la possibilité de suppressions de la part variable par l'intermédiaire de clauses restrictives insérées dans leurs plans de rémunération.
Le champ d'application de la décision reste celui décrit par la source : une aide d'État directe ou indirecte financée par des fonds de la Confédération à une banque d'importance systémique ou à sa société mère. Les mesures s'appliquent pendant la période au cours de laquelle le gouvernement est autorisé à intervenir. L'arrêt ne transforme donc pas tout litige salarial en une question analogue : le raisonnement du TF est lié à la norme, au soutien public et aux trois niveaux hiérarchiques de l'affaire CS.
Points cles
Comment reconstituer l'affaire
La chronologie des événements permet de vérifier pourquoi la question des bonus a été liée à la crise de liquidité et à l'intervention de la Confédération. Pour suivre l'affaire sans confondre les différentes étapes, il convient de procéder par dates et de distinguer les annonces des autorités des décisions judiciaires.
La séquence institutionnelle
1. Le 15 mars 2023, FINMA et BNS ont annoncé que Credit Suisse continuait de satisfaire aux exigences en matière de fonds propres et de liquidités. Au même moment, la BNS a annoncé un soutien à la liquidité.
2. Le 16 mars, le Conseil fédéral a édicté l'ordonnance sur le soutien à la liquidité. Celle-ci prévoyait des prêts supplémentaires et des garanties de la Confédération en cas de défaillance pour les prêts accordés par la BNS aux banques d'importance systémique.
3. Le 19 mars 2023, l'acquisition de CS par UBS a été annoncée. Le même jour, le Conseil fédéral a modifié l'ordonnance sur les aides à la liquidité, en y ajoutant une disposition sur l'adoption de mesures concernant les rémunérations.
4. À la fin mars 2023, CS avait reçu des aides à la liquidité à hauteur de 168 milliards de francs ; le montant a été intégralement remboursé.
5. Ce n'est qu'après avoir reconstitué cette chronologie que l'on peut lire le volet judiciaire : en mars 2025, le TAF avait admis les recours, tandis que le TF a ensuite annulé cette décision dans l'arrêt du 16 septembre publié aujourd'hui.
Pour appliquer correctement la logique de l'affaire, trois points doivent être vérifiés : la rémunération doit être variable et ne pas encore avoir été versée ; la mesure doit concerner l'un des trois niveaux hiérarchiques les plus élevés ; la référence normative est l'article 10a de la LBCR, lié au soutien public prévu par la loi. L'échelle indiquée par les juges reste celle de 100 %, 50 % et 25 %, et non un pourcentage unique pour tous.
La source ne décrit pas de procédure individuelle, de formulaire ou de délai pour d'autres travailleurs. C'est pourquoi l'affaire doit être lue comme une décision fédérale concernant la rémunération des anciens dirigeants de CS, sans en étendre automatiquement les effets à des situations différentes. Pour relier la distinction entre rémunération fixe et variable à la lecture de votre fiche de paie, consultez la busta paga svizzera.
Source: tio.ch
Questions fréquentes
- Quelles sont les entités concernées par la décision du Tribunal fédéral ?
- L’arrêt du Tribunal fédéral (TF) du 16 septembre concerne les recours déposés par la Confédération et UBS contre la décision du Tribunal administratif fédéral (TAF) de mars 2025. L’affaire porte sur la légalité de la révocation des rémunérations variables non encore versées destinées aux trois niveaux hiérarchiques les plus élevés de feu Credit Suisse, en application de l’article 10a de la Loi sur les banques (LBCR).
- Comment les réductions des bonus des dirigeants ont-elles été réparties ?
- La réduction des bonus n’a pas été uniforme, mais graduée selon le niveau hiérarchique : le premier niveau a subi une réduction de 100%, le deuxième de 50% et le troisième de 25%. En moyenne, la réduction appliquée a été de 68'000 francs. La rémunération fixe de la dernière année d’emploi, qui n’a pas fait l’objet d’une réduction, s’élevait à environ 1,4 million de francs.
- Que prévoit l'article 10a de la LBCR selon le TF ?
- Selon le Tribunal fédéral, l’article 10a de la loi sur les banques (LBCR) autorise le Conseil fédéral à intervenir sur les rémunérations variables lorsqu’une banque d’importance systémique reçoit une aide de l’État. Le TF a précisé que le terme « limité » n’implique pas seulement une suspension temporaire du paiement, mais permet également une réduction substantielle ou la suppression, totale ou partielle, des bonus non encore versés, à des fins préventives.
Articles connexes
- Tous les articles : Impôts
- Frontaliere bonus famiglia 2026: guida aggiornata e pratica
- Banche sotto la lente: Berna stringe sui bonus e rafforza le regole anti-crisi
- Casse malati: tetto agli stipendi dei dirigenti
- Swiss, dal 2027 CCL migliorato per il personale di terra
- Assicurazione RC auto svizzera: differenze con la polizza italiana per i frontalieri