Plus de 65 ans et moins de 20 ans : le tournant démographique suisse (guide frontalier)

Vue du lac Lugano entouré des Alpes et villages suisses, paysage alpin tranquille

Les plus de 65 ans (1,811 million) dépassent pour la première fois les moins de 20 ans (1,804 million) en Suisse. La population augmente de 0,8 %, avec de fortes implications sur l'AVS, la LPP et la caisse-maladie.

Contexte

En bref

  • Pour la première fois, les plus de 65 ans dépassent les moins de 20 ans en Suisse
  • La population croît de 0,8 % en 2025, plus lentement qu'en 2024 (1,0 %)
  • Naissances en baisse mais à un rythme plus lent qu'en 2024 et 2023
  • L'immigration nette reste positive à +70 400 personnes

Faits clés

  • Quand : 2025 (données définitives OFS, nouvellement publiées)
  • Où : Suisse (9'127'100 résidents permanents)
  • Qui : Office fédéral de la statistique (OFS)
  • Investissement démographique : 1,811 million de plus de 65 ans vs 1,804 million de moins de 20 ans
  • Croissance de la population : 0,8 % par an (ralentissement vs 1,0 % en 2024)
  • Solde migratoire : +70 400 personnes (-14,9 % vs 2024)

Pour la première fois dans l'histoire démographique suisse, le nombre de résidents de plus de 65 ans a dépassé celui des jeunes de moins de 20 ans. C'est ce que confirment les données définitives de l'Office fédéral de la statistique (OFS), qui viennent d'être diffusées, relatives à l'évolution démographique de 2025. Un balayage historique qui signale le vieillissement progressif de la population suisse, avec des conséquences importantes pour le système de sécurité sociale, le marché du travail et les finances publiques nationales.

Les personnes de plus de 65 ans ont atteint 1,811 million de personnes, tandis que les moins de vingtans s'élèvent à 1,804 million. La différence est marginale — seulement 7'000 personnes — mais symbolique : pour la première fois, les personnes âgées dépassent les jeunes. Le ratio de dépendance économique (nombre d'inactifs sur 100 actifs entre 20 et 64 ans) reflète également ce changement historique : les personnes âgées pèsent désormais avec

Details pratiques

Implications sur la prévoyance et le fisc suisse

L'inversion démographique n'est pas seulement une donnée statistique : elle représente un défi structurel pour le financement de la sécurité sociale suisse. Avec plus de seniors et moins de jeunes actifs sur le marché du travail, la pression sur les cotisations AVS (assurance vieillesse) et LPP (prévoyance professionnelle) augmentera significativement.

Actuellement, chaque résident actif entre 20 et 64 ans soutient par des cotisations salariales un nombre croissant de retraités. En 2025, le ratio de dépendance des personnes âgées était de 32,8 inactifs pour 100 personnes en âge de travailler — pour la première fois supérieur au ratio de dépendance des jeunes (32,7). Cela signifie que la charge financière de la prévoyance vieillesse a dépassé celle de la prévoyance générationnelle. Si en 2024 le rapport était encore favorable aux jeunes, l'écart s'est effacé en l'espace d'un an. En projetant cette tendance, la charge des personnes âgées augmentera encore au cours des prochaines décennies.

Pression fiscale : impôt fédéral direct et LAMal

L'impôt fédéral direct, qui finance une part importante des dépenses sociales fédérales (y compris la compensation de l'AVS entre régions), ressentira les pressions de cette transition. Avec un taux de croissance démographique de 0,8 % en 2025, les recettes fiscales provenant des revenus personnels pourraient augmenter moins que les dépenses de santé et de sécurité sociale.

La caisse-maladie (LAMal), notamment,

Outils utiles pour la planification

Pour estimer votre stratégie retraite, utilisez le planificateur retraite et le simulateur 3e pilier.

Points cles

Que faire aujourd'hui pour se préparer au vieillissement démographique

Les données OFS n'invitent pas à la panique, mais nécessitent une prise de conscience et une planification. Si le ratio de dépendance des personnes âgées a dépassé celui des jeunes, cela signifie que les ressources affectées à la prévoyance publique (AVS) devront être mieux rationnées à l'avenir, ou que les cotisations salariales pourraient augmenter. Dans ce contexte, les individus ont la responsabilité de renforcer leur sécurité retraite à travers des outils complémentaires.

Étape 1 : Évaluer votre position AVS/LPP

La prévoyance professionnelle (LPP) en Suisse n'est pas facultative pour les salariés : elle est obligatoire par un salaire minimum cantonal (variable par canton). La contribution est répartie par tranche d'âge : 7 % du salaire coordonné pour les 25-34 ans, 10 % pour les 35-44 ans, 15 % pour les 45-54 ans, et 18 % pour ceux qui sont proches de la retraite (55 ans et plus jusqu'à l'âge de référence). Si vous n'avez jamais vérifié votre relevé LPP, c'est le moment. Vérifiez les cotisations versées jusqu'à présent et la projection de rente.

Pour l'AVS, la donnée pertinente est le nombre d'années de cotisation. Avec l'augmentation de l'espérance de vie et le vieillissement de la population, le système AVS pourrait subir des ajustements futurs. Il n'est pas évident que la rente AVS couvre pleinement les besoins d'un retraité moyen.

Étape 2 : Renforcer le troisième pilier

Le troisième pilier 3a (dépôt volontaire) est l'outil principal pour compléter la prévoyance

Source: tio.ch

Questions fréquentes
Que signifie exactement « relation de dépendance » ?
Le ratio de dépendance est le nombre d'inactifs (personnes âgées de plus de 65 ans et jeunes de moins de 20 ans) qui pèsent économiquement sur 100 personnes en âge de travailler (20-64 ans). En 2025, les seniors pèsent avec un indice de 32,8, les jeunes avec 32,7 : pour la première fois, les seniors dépassent. Cela signifie qu'il faut plus de cotisations salariales pour financer les retraites et les services aux personnes âgées.
Le Tessin croît démographiquement moins que la moyenne nationale. Qu'est-ce que cela implique ?
Oui, le Tessin a enregistré une croissance de 0,2% en 2025, la plus faible de Suisse avec Glaris. Cela reflète un vieillissement relatif : moins d'arrivées nettes, plus de sorties générationnelles. À moyen terme, une assiette fiscale plus réduite pourrait peser sur le fisc cantonal tessinois et la capacité à financer les services locaux.
Les naissances sont en baisse. À quel point le problème est-il sérieux ?
En 2025, 77'900 naissances contre 78'300 en 2024 (baisse de 0,5%). Le rythme de baisse s'atténue : en 2024, il était de -2,2 %, en 2023 de -2,8 %. Le taux de fécondité est stable à 1,28 enfant par femme. C'est une tendance structurelle à long terme qui nécessite des politiques familiales cohérentes, mais qui ne s'accélère pas rapidement.
L'immigration compense-t-elle le déficit générationnel ?
Partiellement. En 2025, solde migratoire positif de +70'400 (204'300 immigrations - 133'800 émigrations), mais le flux baisse de 14,9% par rapport à 2024. La population étrangère croît de 1,9%, double de celle de la Suisse (+0,4%), également grâce à 41'500 naturalisations. L'immigration reste cruciale mais n'élimine pas le problème structurel du vieillissement.
La caisse-maladie (LAMal) coûtera-t-elle plus cher à l'avenir ?
Très probablement. Avec 1,811 million de résidents de plus de 65 ans en croissance, les coûts de santé agrégés pour cette tranche augmenteront. Les seniors ont une demande de prestations 3 à 4 fois supérieure aux jeunes. Même si les primes par habitant restent stables, le nombre de seniors qui les paient augmente, amplifiant la pression sur les budgets cantonaux de subvention aux primes.

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