Recrutements en Suisse : entreprises prudentes malgré le PIB

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NEO suisse à +21% pour octobre-décembre 2026 NEO mondial +29%; moyenne européenne +20% PIB suisse en hausse de 1,5% au deuxième trimestre 2026 Junior : 35% de plus

Contexte

En bref

  • NEO suisse à +21% pour octobre-décembre 2026
  • NEO mondial +29%; moyenne européenne +20%
  • PIB suisse en hausse de 1,5% au deuxième trimestre 2026
  • Junior : 35% d'embauches en plus, 21% en baisse

Faits clés

  • Période -> octobre-décembre 2026
  • NEO désaisonnalisé en Suisse -> +21%
  • NEO mondial -> +29%
  • Moyenne européenne -> +20%
  • PIB suisse -> +1,5% au deuxième trimestre 2026
  • Recrutements de juniors en hausse -> 35%
  • Recherche de talents plus longue -> 32%
  • CV générés par l'IA -> 16%

Au quatrième trimestre 2026, la perspective nette d'emploi (Net Employment Outlook, NEO) désaisonnalisée en Suisse s'établit à +21%. L'indicateur pour la période octobre-décembre s'améliore d'un point de pourcentage par rapport au trimestre précédent, mais recule de quatre points sur un an. Pour le troisième trimestre consécutif, il reste à ses niveaux les plus bas depuis 2022.

La comparaison internationale confirme ce positionnement prudent : le NEO mondial s'établit à +29%, huit points au-dessus de celui de la Confédération. Le chiffre suisse reste juste au-dessus de la moyenne européenne, fixée à +20%.

Le PIB et le travail temporaire dessinent un tableau différent

C'est ce que révèle une enquête de ManpowerGroup, reprise par Keystone-ATS, qui met en évidence le contraste entre la prudence des entreprises et l'évolution générale de l'économie. Au deuxième trimestre 2026, le produit intérieur brut helvétique a progressé de 1,5% par rapport au trimestre précédent : il s'agit du rythme le plus soutenu depuis 2021. Depuis le début de l'année, le marché du travail temporaire progresse en outre, considéré comme un indicateur de l'évolution future des cycles économiques.

« Les signaux économiques sont plus positifs que les intentions d'embauche des entreprises », observe dans un communiqué Eric Jeannerod, responsable pour la Suisse de la multinationale.

Le responsable explique que les entreprises évaluent avec davantage de prudence les compétences nécessaires, les domaines où de nouvelles embauches sont avantageuses à long terme et la manière d'utiliser l'intelligence artificielle après l'enthousiasme initial.

Le tableau sectoriel reste contrasté. La construction et l'industrie continuent d'afficher des besoins en personnel ; dans d'autres secteurs, les postes comportant une forte proportion d'activités potentiellement automatisables sont sous pression. La recherche de collaborateurs se concentre ainsi sur des qualifications et des domaines spécifiques, et non sur une demande uniforme.

Un signal positif vient des profils juniors. Par rapport à l'année précédente, la dynamique des recrutements s'améliore de 14 points de pourcentage : 35% des responsables interrogés signalent une hausse, légère ou nette, tandis que 21% indiquent une baisse. Pour ceux qui entrent dans le monde du travail, l'accès à l'emploi reste difficile, mais cette évolution peut laisser entrevoir un retournement de tendance.

Details pratiques

La demande de travail se répartit selon les compétences

Pour les personnes qui vivent ou travaillent en Suisse, l’interprétation pratique ne consiste pas à choisir entre croissance et crise. Les données décrivent une demande qui évolue dans des directions différentes : la vigueur de l’économie n’entraîne pas automatiquement la même intensité de recrutement dans chaque activité. L’enjeu devient le rapport entre les compétences requises et les compétences identifiables.

Le filtre de la sélection

32% des responsables interrogés affirment que la recherche de talents adéquats prend aujourd’hui plus de temps qu’il y a un an, tandis que 20% seulement jugent le recrutement plus simple. La principale difficulté signalée par les entreprises est le manque de compétences des candidats, cité par 43%. Suivent l’écart entre les attentes des candidats et les exigences des employeurs, à 26%, et les CV générés par l’IA, indiqués par 16% comme un facteur qui complique l’identification des profils adéquats.

Pour les personnes à la recherche d’un emploi, le message est concret : une candidature doit rendre reconnaissables les compétences réelles et leur rapport avec l’activité demandée. La source décrit des CV optimisés par l’IA et assimilés ; une présentation indistincte risque de ne pas aider les recruteurs à distinguer les aptitudes, les qualifications et le potentiel. Le problème ne concerne donc pas seulement le nombre de postes ouverts, mais aussi la clarté avec laquelle la demande et l’offre parviennent à se rencontrer.

Deux trajectoires pour ceux qui entrent

L’amélioration des profils juniors ouvre une trajectoire différente de celle des postes exposés à l’automatisation. La hausse annuelle de 14 points de pourcentage témoigne d’une ouverture, mais l’entrée dans le monde du travail reste difficile. Pour un jeune, le signal positif n’élimine pas la nécessité de démontrer des compétences pertinentes ; il suggère plutôt que les entreprises peuvent évaluer l’intelligence artificielle de manière plus différenciée.

Du côté des entreprises, le problème ne se résout pas en choisissant entre pénurie et excédent de main-d’œuvre. La demande et l’offre divergent dans certains domaines, tandis que les entreprises doivent décider quelles compétences sont réellement nécessaires et quels recrutements sont judicieux à long terme. Le développement des employés existants et la reconnaissance de potentiels au-delà des parcours classiques deviennent ainsi des leviers de sélection et de croissance, parallèlement à la recherche de nouveaux collaborateurs.

Points cles

De la photographie au choix opérationnel

L'horizon à retenir est octobre-décembre 2026, le trimestre pris en compte par la prévision. Pour transformer la donnée nationale en décision, il est préférable de procéder par qualifications, activités et potentiel, sans se limiter à l'évolution du PIB.

Cinq étapes pour les personnes à la recherche d'un emploi

1. Notez la période : octobre-décembre 2026 est la fenêtre de la prévision. Utilisez-la comme repère temporel, et non comme garantie individuelle.

2. Commencez par l'activité, et non par l'intitulé général. La source signale des besoins dans le bâtiment et l'industrie, ainsi qu'une recherche concentrée sur des qualifications et des domaines spécifiques. Comparez votre profil à ces besoins.

3. Mettez en évidence vos compétences réelles. Les CV optimisés par l'IA peuvent se ressembler ; décrivez donc ce que vous savez faire et le potentiel que vous pouvez exprimer.

4. Si vous êtes junior, considérez l'amélioration des embauches comme une ouverture, et non comme une garantie. L'entrée dans le monde du travail reste difficile, y compris pour les parcours non classiques.

5. Si une candidature ne reçoit pas de réponse, relisez votre profil au regard de la qualification et du domaine choisis. 32% des responsables signalent une recherche de talents plus longue : il est préférable de vérifier l'adéquation, plutôt que d'interpréter chaque résultat comme un jugement général sur le marché.

Indications pour les recruteurs

Pour les entreprises, l'étape opérationnelle consiste à évaluer les compétences réellement nécessaires et à déterminer si une nouvelle embauche est avantageuse à long terme. La prudence relevée par ManpowerGroup coexiste avec les besoins mentionnés dans le bâtiment et l'industrie : elle les rend plus sélectifs. Il est préférable d'associer la recherche externe au développement des employés actuels et à l'évaluation de potentiels au-delà des parcours classiques. Les CV générés par l'IA doivent également être lus en distinguant le texte du profil des compétences effectivement requises.

Un contrôle utile distingue les trois difficultés indiquées par l'enquête : compétences manquantes, à 43% ; attentes et demandes non alignées, à 26% ; CV générés par l'IA, à 16%. Pour les candidats, chaque élément suggère une vérification différente ; pour les entreprises, cela aide à ne pas confondre la difficulté de lecture des profils avec l'absence de demande.

Les personnes à la recherche d'un emploi peuvent consulter les aziende che assumono et utiliser le cadre des qualifications comme critère de sélection. Pour passer de la lecture du marché à la recherche d'opportunités, consultez les annunci di lavoro.

Source: swissinfo.ch

Questions fréquentes
Quelle est la situation des recrutements en Suisse pour la fin de 2026 ?
Pour la période d’octobre à décembre 2026, la perspective nette d’emploi (NEO) désaisonnalisée en Suisse s’établit à +21%. Bien que l’indicateur progresse d’un point de pourcentage par rapport au trimestre précédent, il recule de quatre points sur un an et reste à son plus bas niveau depuis 2022. L’indicateur suisse se situe juste au-dessus de la moyenne européenne (+20%) et en dessous du NEO mondial, qui atteint +29%.
Pourquoi les entreprises sont-elles prudentes malgré la croissance du PIB ?
Bien que le PIB suisse ait progressé de 1,5% au deuxième trimestre 2026 (rythme le plus soutenu depuis 2021), les entreprises évaluent avec prudence les compétences dont elles auront besoin à long terme et la manière d’intégrer l’intelligence artificielle après l’enthousiasme initial. Eric Jeannerod de ManpowerGroup souligne que les signaux économiques sont plus positifs que les intentions d’embauche effectives des entreprises.
Quelles sont les principales difficultés liées au recrutement de personnel ?
Selon l'enquête de ManpowerGroup, 32% des responsables indiquent que la recherche de talents dure plus longtemps qu'il y a un an. Les principales difficultés sont le manque de compétences des candidats (43%), l'écart entre les attentes des candidats et les exigences des employeurs (26%) et l'utilisation de CV générés par l'IA, qui complique l'identification des profils adaptés (16%).

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