De Schilpario aux Grisons : vivre en frontalier (guide frontalier)

Permis G, fiscalité, impôt à la source, AVS et LAMal : découvrez comment fonctionne le régime fiscal pour les frontaliers qui vivent à Schilpario et travaillent dans les Grisons.
Contexte
En bref
- Permis G pour travailler en Suisse depuis une résidence italienne
- Nouvel Accord 2024 : franchise de 10'000 € pour les nouveaux frontaliers
- Impôt à la source retenu uniquement par l'employeur suisse
- AVS, LAMal et prévoyance selon les normes suisses
Faits clés
- Quoi : Régularisation fiscale et de prévoyance pour les frontaliers
- Quand : À partir du 1er janvier 2024 (Nouvel Accord en vigueur)
- Où : Passages de Chiasso, Brogeda, Gaggiolo vers les Grisons
- Qui : Frontaliers G résidant en Italie
- Franchise : 10'000 € pour les nouveaux frontaliers
- Impôt : Retenu par l'employeur suisse
- Prévoyance : Gérée selon les normes AVS/LPP suisses
Qui est un frontalier et comment se régulariser
Celui qui choisit de vivre à Schilpario et de travailler dans les Grisons signe un contrat de travail suisse et obtient le permesso G (frontalier). Ce statut régularise la situation fiscale et de prévoyance selon la Convention entre l'Italie et la Suisse du 9 décembre 1976 et le Nouvel Accord Frontaliers, entré en vigueur le 1er janvier 2024.
L'employeur suisse retient l'impôt à la source sur la fiche de paie selon la législation helvétique. Il n'y a pas de double imposition : l'Italie reconnaît le crédit d'impôt via le cadre CE de la déclaration de revenus (Modèle 730). Le frontalier verse des impôts directement en Suisse et non en Italie sur le revenu du travail salarié.
La Loi 83 du 13 juin 2023 a ratifié le Nouvel Accord en Italie. Les nouveaux frontaliers (embauchés après le 17 juillet 2023) bénéficient d'une franchise de 10'000 € sur le revenu italien provenant de capitaux, de loyers ou de pensions étrangères. Les frontaliers déjà en service avant cette date bénéficient d'une franchise réduite de 7'500 €, mais en régime transitoire jusqu'au 31 décembre 2033.
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Details pratiques
Comment fonctionne la taxation du frontalier
L'impôt à la source est retenu directement par l'employeur suisse sur le bulletin de salaire. En Suisse, les cotisations sociales obligatoires sont également versées : AVS 5.3 % (à la charge de l'employé), assurance chômage AD/AC 1.1 %, assurance accidents LAINF entre 0.7 % et 1.5 %, prévoyance complémentaire LPP entre 7 % et 18 % selon l'âge.
L'Italie ne prélève pas d'impôts supplémentaires sur le revenu du travail suisse grâce au crédit d'impôt dans le cadre CE du 730. Cependant, si le frontalier possède des biens immobiliers ou des locations en Italie, ce revenu reste soumis à l'IRPEF : 23 % jusqu'à 28 000 €, 35 % entre 28 001 € et 50 000 €, 43 % au-delà de 50 000 €.
Le Nouvel Accord 2024 introduit une franchise qui exonère le revenu italien jusqu'à 10 000 € pour les nouveaux frontaliers. Les anciens frontaliers conservent une franchise de 7 500 € jusqu'en 2033. Au-delà du seuil, le montant total est taxé selon l'IRPEF.
Prévoyance et choix de l'assurance maladie
Le frontalier est obligatoirement affilié à l'AVS suisse et accumule des droits à la retraite helvétiques. Les cotisations AVS (5.3 %) sont gérées par le canton des Grisons. La LPP (deuxième pilier) est obligatoire si le revenu dépasse un minimum et varie de 7 % à 18 % selon l'âge. Ensemble, AVS et LPP forment la base de la retraite suisse.
Pour l'assurance maladie, le frontalier a le droit de choisir : il reste dans le Service Sanitaire Italien ou opte pour une LAMal suisse. S'il choisit LAMal suisse, il paie une prime mensuelle (entre CHF 300 et CHF 2 500 selon la franchise). S'il reste dans le SSI, il ne paie pas de primes, mais contribue avec une rémunération figurative suisse pour le calcul de la retraite.
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Points cles
Que faire avant de signer le contrat
Avant de signer le contrat de travail, l'employeur suisse demande au frontalier une communication d'inscription auprès de l'INPS italien. Cette communication enregistre la relation de travail transfrontalière dans les archives italiennes et permet le versement correct des cotisations IVS (Invalidité, Vieillesse, Survivants). Le frontalier doit se rendre au guichet INPS de son lieu de résidence (ou faire une demande en ligne) et présenter : passeport/carte d'identité, lettre d'offre d'emploi de l'employeur suisse, permis de séjour italien (si citoyen étranger).
Une fois embauché, l'employeur suisse procède à l'envoi de la demande de permis G aux Services de Migration (SEM). Le frontalier recevra le permis par courrier dans un délai de 4 à 8 semaines environ. Simultanément, il doit s'enregistrer auprès de la caisse maladie suisse (s'il choisit LAMal) ou communiquer le choix de rester dans le SSI à l'INPS.
D'ici le 31 mai de l'année suivante, le frontalier déclare son revenu suisse via le Modèle 730 ou via une déclaration ordinaire. Dans le cadre CE, il indique le revenu de travail dépendant suisse et l'impôt à la source versé. L'Agenzia delle Entrate calcule le crédit d'impôt et éventuellement liquide un remboursement (si l'impôt suisse est supérieur à l'IRPEF italienne).
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Questions fréquentes
- Qu'est-ce que le permis G et comment l'obtenir ?
- Le permis G est un permis de travail annuel délivré par le SEM (Services de migration) aux frontaliers qui résident en Italie et travaillent en Suisse. L'employeur suisse le demande dans le cadre de la procédure d'embauche. Il est valable 12 mois et renouvelable et permet le retour quotidien en Italie. La demande est transmise par l'employeur à SEM Berne ; le frontalier reçoit l'autorisation dans un délai de 4 à 8 semaines.
- Où dois-je payer les impôts : en Italie ou en Suisse ?
- L'impôt à la source est retenu par l'employeur suisse sur le bulletin de paie. L'Italie ne perçoit pas d'impôts supplémentaires sur le revenu du travail suisse grâce au crédit d'impôt dans le cadre CE de 730. Si vous avez un revenu italien (loyers, capitaux), celui-ci reste soumis à l'IRPEF italienne, sauf qu'il rentre dans la franchise de € 10'000 (nouveaux frontaliers) ou € 7'500 (anciens frontaliers jusqu'en 2033).
- Comment fonctionne la pension AVS et puis-je rester inscrit à l'INPS italien ?
- Travaille en Suisse, verse des cotisations AVS suisses au canton des Grisons et accumule des droits à pension suisses. Vous n'êtes pas obligé de rester inscrit à l'INPS, mais si vous souhaitez des contributions de regroupement pour des périodes de travail italiennes antérieures, contactez l'INPS avant de résilier votre inscription. Vous pourrez demander la pension AVS à 64-65 ans auprès du bureau AVS du canton.
- Que se passe-t-il si je choisis la LAMal suisse au lieu de rester dans le SSI italien ?
- En choisissant LAMal Suisse, vous payez une prime mensuelle (entre CHF 300 et CHF 2'500) et êtes couvert par le système de santé suisse. Si vous restez dans le SSI italien, vous ne payez pas de primes supplémentaires, mais vous payez une rémunération figurative suisse pour la retraite. Les deux choix sont valables ; la décision dépend de vos besoins de santé et de votre mobilité.
- Quels sont les avantages fiscaux du nouvel accord frontalier 2024 ?
- Le nouvel accord (en vigueur depuis le 1er janvier 2024) introduit une franchise de 10000 € pour les nouveaux frontaliers sur le revenu italien des capitaux, des loyers et des pensions étrangères. Les frontaliers précédents conservent 7 '500 € jusqu' à fin 2033. Passé la franchise, le revenu excédentaire est imposé à l'IRPEF. En outre, l'impôt suisse est toujours compensé par le crédit d'impôt italien.
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