Droit à l'allocation de maternité de la travailleuse frontalière (guide frontalier)
La Cour de cassation a statué que les travailleuses frontalières italiennes ont droit à l'allocation de maternité, quelle que soit leur activité professionnelle.
Contexte
La Cour de cassation, dans son arrêt n° 18960/2024, a relevé que la travailleuse frontalière italienne au chômage dans son pays de résidence, bien qu'elle ait exercé une activité professionnelle exclusivement en Suisse, a le même droit à l'allocation de maternité qu'une travailleuse qui a exercé une activité professionnelle en Italie. L’intéressante question qui a impliqué les Ermellini a vu l’I.N.P.S. faire appel de l'arrêt de la Cour d'appel qui avait confirmé l’acceptation d'une demande d'indemnité de maternité pour une travailleuse qui franchissait quotidiennement la frontière pour travailler. En particulier, l’organisme de prévoyance se plaignait que l'exclusivité de l'activité professionnelle exercée à l’étranger ait été négligée au moment de la charge et que la travailleuse, en tant que frontalière, ait été munie en Italie d'un rapport d'assurance adapté à la totalisation des exigences pour l’obtention de la mesure.
Details pratiques
Les juges de la place Cavour ont souligné que l'affaire en question est régie par le règlement de la Communauté européenne du 29/04/2004, n ° 883/2004/CE, applicable en vertu de la décision 1-2012 du Comité mixte de la Communauté européenne et de la Confédération suisse. Le règlement offre une protection aux travailleurs migrants par le cumul des périodes de travail dans les différents États membres, en garantissant l'égalité de traitement entre eux. Plus précisément, l’article 11, point c), dispose qu'une personne qui reçoit des allocations de chômage en vertu de la législation de l'État membre de résidence est soumise à la législation de cet État membre. En l'espèce, la travailleuse était au chômage en Italie au moment de la demande d'allocation de maternité. En conséquence, l'État compétent était l'État italien. En outre, l’article 6 dudit règlement dispose que l'institution compétente d'un État membre, - dont la législation subordonne l'acquisition, le maintien, la durée ou le recouvrement du droit aux prestations, l'admission au bénéfice d'une législation, ou l'accès à l'assurance obligatoire, facultative continue ou volontaire ou l'exonération de celle-ci, à l'échéance de périodes d'assurance, d'emploi, d'activité non salariée ou de résidence - tient compte, dans la mesure nécessaire, des périodes d'assurance, d'emploi, d'activité non salariée ou de résidence accomplies sous la législation de chaque État membre.
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Points cles
On arrive ainsi à la conclusion que la frontalière résidant en Italie et travaillant exclusivement en Suisse, déjà bénéficiaire de l'allocation de chômage à la charge de l'organisme de prévoyance italien, a droit à l’allocation de maternité dans les mêmes conditions que la travailleuse qui a travaillé en Italie, le fait qu'elle n'ait pas exercé d'activité professionnelle en Italie n'étant pas pertinent.
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Questions fréquentes
- Un frontalier Italie-Suisse qui n'a toujours travaillé qu'en Suisse a-t-il droit à l'allocation de maternité italienne ?
- Oui, la Cour de cassation (arrêt n° 18960/2024) a statué qu'une travailleuse frontalière au chômage en Italie, bien qu'ayant travaillé exclusivement en Suisse, a droit à l'allocation de maternité italienne, dans les mêmes conditions que celle qui a travaillé en Italie. Il n'est pas pertinent de ne pas avoir exercé d'activité professionnelle dans son pays de résidence.
- Quelle est la base légale qui garantit l'allocation de maternité aux frontaliers Italie-Suisse ?
- La base légale est le Règlement UE n ° 883/2004/CE, appliqué grâce à la décision 1-2012 du Comité mixte UE-Suisse. Ce règlement permet le cumul des périodes de travail accomplies dans différents États membres, garantissant l'égalité de traitement et de protection des travailleurs migrants, y compris les frontaliers.
- L'INPS peut-il refuser l'allocation de maternité à un frontalier qui n'a travaillé qu'en Suisse ?
- Non, la Cour de cassation a rejeté les recours de l'INPS. Si la travailleuse frontalière est au chômage en Italie au moment de la demande et déjà bénéficiaire de l'allocation de chômage italienne, l'Italie est l'État compétent et l'INPS doit reconnaître l'allocation de maternité.
- Comment les périodes de travail en Suisse sont-elles prises en compte pour l'allocation de maternité italienne ?
- L'article 6 du règlement UE 883/2004/CE prévoit que l'institution compétente (INPS) tient compte des périodes d'assurance ou d'emploi accomplies en Suisse, comme si elles avaient été accomplies en Italie. Ce principe de « totalisation » est fondamental pour l'acquisition du droit aux prestations.
- Faut-il être chômeur en Italie pour pouvoir prétendre à l'allocation de maternité en tant que frontalière ?
- Oui, le Règlement UE 883/2004/CE (article 11 lettre c) prévoit que si une personne reçoit des allocations de chômage dans l'État de résidence (Italie), elle est soumise à la législation de cet État. En l'espèce, la travailleuse était au chômage en Italie au moment de la demande, faisant de l'Italie l'État compétent.
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