Surveillance des banques en Suisse : nouvelles règles après les crises (guide frontalier)

Le gouvernement suisse propose de nouveaux pouvoirs à la Finma pour infliger des amendes et faire connaître les banques défaillantes après l'effondrement du Credit Suisse.

Contexte

En bref

  • Le gouvernement propose à la FINMA des pouvoirs pour les amendes et la publication des manquements
  • La loi sur les banques du 1er mars 1935 est née de la nécessité de la crise
  • Scandale historique 1965 : président CFB destitué pour liens avec Trujillo
  • En 1977, la BNS est intervenue pour soutenir le Credit Suisse

Faits clés

  • Chose : Nouvelles compétences de supervision bancaire
  • Quand : Proposition actuelle (3 ans après l'effondrement CS)
  • Où : Suisse (niveau fédéral)
  • Qui : Conseil fédéral, Finma, Parlement
  • Montant : 100 millions de francs (soutien Banque Populaire Suisse 1933)

Le Conseil fédéral envisage de renforcer considérablement l'autorité de surveillance bancaire. L'objectif est de doter la Suisse d'instruments de contrôle que d'autres places financières internationales utilisent déjà, notamment à la suite de l'effondrement du Credit Suisse (CS) il y a trois ans. La proposition prévoit que l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FMA) peut infliger des sanctions pécuniaires et, ce qui est tout aussi important, rendre publiques les identités des banques qui ne respectent pas les règles.

Une évolution marquée par les crises

L'histoire de la réglementation bancaire suisse n'est pas linéaire. Un projet de loi fédérale existait déjà en 1916, mais il resta inutilisé jusqu'à la crise des années 1930. La nécessité d'agir est devenue pressante après la faillite de la Banque de Genève en 1931 et la crise de la Banque populaire suisse, qui a nécessité une intervention en 1933

Details pratiques

Analyse de l'impact sur la stabilité financière

L'introduction de sanctions pécuniaires et de la transparence sur les manquements marque un changement de paradigme pour l'écosystème bancaire suisse. À ce jour, l'absence de pouvoirs de sanction directs de la FINMA a limité la capacité d'intervenir rapidement sur les irrégularités. Si ces outils avaient été disponibles plus tôt, il aurait été possible de faire la lumière de manière plus exhaustive sur les problématiques qui ont conduit à l'effondrement du Credit Suisse.

Comparaison entre les anciens et les nouveaux pouvoirs de surveillance

Pour comprendre le saut qualitatif, il est utile d'analyser ce qui change concrètement pour les établissements financiers opérant en Suisse :

| Fonction | Système précédent | Nouveau système proposé | | :--- | :--- | :--- | | Sanctions | Limitées / Indirectes | Amendes directes infligées par la FINMA | | Transparence | Gestion discrète des cas | Publication des banques défaillantes | | Délais | Interventions souvent post-crise | Suivi et action rapide |

L'opposition au Parlement reflète une résistance historique à la réglementation étatique, un sujet qui divise le monde politique depuis des décennies. Ce conflit entre le besoin de stabilité et la volonté de maintenir un marché libre a conduit à des résultats contradictoires. Par exemple, en mai 1984, une initiative pour une plus grande réglementation a été rejetée en votation populaire avec 73% de « non ».

Scénarios d'intervention d'urgence

L'histoire

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Points cles

Ce qui change pour les détenteurs de comptes et les investisseurs

Bien que les nouvelles normes concernent principalement la relation entre les autorités et les établissements, l'impact pour ceux qui détiennent des capitaux en Suisse est significatif en termes de sécurité et de transparence. Une surveillance plus stricte réduit le risque de faillites soudaines et accroît la confiance dans la gestion des fonds. Pour ceux qui opèrent dans le secteur financier ou possèdent des comptes bancaires, il est utile de suivre les communications officielles de la Finma, qui deviendront l'indicateur principal de la santé normative d'un établissement.

Étapes pour surveiller la sécurité de son établissement

Pour les résidents ou les personnes travaillant en Suisse qui souhaitent évaluer la fiabilité de leur banque, il est conseillé de suivre ces étapes :

1. Consulter périodiquement les communiqués de la Finma : avec ses nouveaux pouvoirs, l'autorité rendra publiques les banques défaillantes, fournissant ainsi un signal d'alarme immédiat. 2. Vérifier la solidité des fonds propres : comme prévu déjà par la loi de 1935, la liquidité et les fonds propres restent les paramètres cardinaux pour la protection des créanciers. 3. Analyser l'exposition aux risques étrangers : l'histoire des fonds de Trujillo enseigne que des crédits sans garantie à des sociétés étrangères peuvent être un signe d'instabilité.

Questions fréquentes
Quels sont les nouveaux pouvoirs proposés pour la FINMA ?
Le Gouvernement suisse envisage d'attribuer à la FINMA la possibilité d'infliger des amendes et de rendre publiques les banques défaillantes. Ces instruments serviraient à intervenir de manière plus opportune et exhaustive sur les irrégularités bancaires, en évitant des situations comme celle qui a conduit à l'effondrement du Credit Suisse.
Quand est née la première loi fédérale sur les banques en Suisse ?
La loi fédérale sur les banques et les caisses d'épargne est entrée en vigueur le 1er mars 1935. Elle fut rapidement élaborée comme « fille de la nécessité » à la suite de la crise économique mondiale des années 1930, de l'effondrement de la Banque de Genève en 1931 et de la crise de la Banque populaire suisse en 1933.
Quel rôle a joué la BNS dans la crise de 1977 ?
Dans la nuit du 26 avril 1977, la Banque nationale suisse (BNS) a annoncé qu'elle soutiendrait le Credit Suisse, ainsi que SBS et UBS, à hauteur de 3 milliards de francs, si nécessaire, pour stabiliser l'établissement en difficulté.

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