Neutralité dans la Constitution : le 27 septembre, le vote fédéral (guide frontalier)

Initiative déposée en avril 2024 avec plus de 132'000 signatures valables. Sanctions de l'UE et coopération militaire dans le collimateur des promoteurs.
Contexte
En bref
- Votation fédérale du 27 septembre : on vote sur l'initiative sur la neutralité
- Déposée en avril 2024 avec plus de 132'000 signatures valides
- Le texte demande de renforcer la neutralité dans la Constitution fédérale
- La reprise des sanctions de l'UE après l'agression russe contre l'Ukraine deviendrait difficile
Faits clés
- Chose : Initiative populaire pour insérer une définition intégrale de la neutralité dans la Constitution fédérale
- Quand : Votation fédérale du 27 septembre ; dépôt des signatures avril 2024
- Où : Suisse, premier point à l'ordre du jour des votations fédérales
- Qui : Promoteurs de l'initiative ; Conseil fédéral et Chambres fédérales (contraires)
- Signatures collectées : plus de 132'000 signatures valides
- Contexte ONU : La Suisse est membre de l'ONU depuis 2002
- Exception prévue : les sanctions décidées par les Nations Unies resteraient autorisées
- Collaboration militaire : possible uniquement en cas d'agression ou d'actes préparatoires contre la Suisse
Le 27 septembre, le corps électoral suisse sera appelé à s'exprimer sur un thème de politique étrangère qui touche à l'un des piliers historiques de la Confédération : la neutralité. L'initiative populaire, déposée en avril 2024 avec plus de 132'000 signatures valables recueillies à l'appui, est le premier objet à l'ordre du jour des votations fédérales.
La neutralité est un principe qui s'est consolidé au cours des siècles et qui a été consacré au XIXe siècle d'abord par le droit international, puis par la Constitution fédérale. Il a un caractère permanent et
Details pratiques
Ce qui changerait dans la pratique
Les promoteurs de l'initiative considèrent la reprise des sanctions de l'UE contre la Russie comme une violation du devoir de neutralité et craignent un rapprochement avec l'UE et l'OTAN, avec des dérives possibles vers des dépendances militaires et des conflits. Sur le terrain des sanctions, les activistes soutiennent que celles-ci touchent rarement les responsables directs des conflits, alors que ce sont souvent les populations civiles qui en subissent les effets, entre privations et réduction de la faim. La Suisse, conformément à sa vocation humanitaire, ne devrait donc pas adhérer à des mesures coercitives qui pèsent sur des innocents. Les partisans soulignent les turbulences du cadre international actuel et la valeur d'une neutralité éprouvée pour la prévention des conflits et la promotion de la paix.
Le Conseil fédéral et les Chambres, qui se sont prononcés contre l'initiative à une nette majorité, défendent la marge de manœuvre actuelle en matière de neutralité et rappellent qu'elle est de toute façon délimitée par le droit international et le droit interne. La définition stricte prévue par le texte se traduirait par une restriction des options à la disposition de la Confédération.
Les opposants notent que l'initiative formule des demandes qui, à plusieurs égards, se reflètent déjà dans la pratique suivie par la Confédération : ce sont toutefois les restrictions prévues sur le terrain des sanctions et de la coopération qui font la différence. La Suisse, grâce à sa position de
Outils utiles pour protéger votre net
Pour réduire les pertes de change, comparez le change CHF-EUR et les banques pour frontaliers.
Points cles
Comment se préparer au vote
La votation fédérale du 27 septembre exige une préparation consciente de la part de l'électorat. Voici une procédure concrète en trois étapes.
1. S'informer sur le texte exact. Le texte de l'initiative est publié sur le site de la Chancellerie fédérale, accompagné du message du Conseil fédéral et des avis des Chambres. Lire le texte intégral est le premier pas pour comprendre ce qui changerait dans la Constitution et quels articles seraient modifiés ou ajoutés.
2. Comparer les positions. Les promoteurs et les opposants publient leurs arguments sur des sites dédiés et dans les fascicules distribués aux votants. Les recommandations des partis et des associations économiques et syndicales aident également à cerner le sujet. Pour ceux qui vivent dans un canton bilingue ou à la frontière, les prises de position des organisations économiques régionales peuvent offrir un angle local.
3. Vérifier la procédure de vote. Les modalités de vote varient selon le canton et la commune : vote par correspondance, à l'urne ou électronique lorsqu'il est actif. Il est opportun de contrôler les délais pour l'envoi du matériel électoral et, en cas de vote à l'étranger, les règles prévues pour les citoyens suisses à l'étranger enregistrés auprès de la commune de dernière résidence.
…
Questions fréquentes
- Que vote-t-on le 27 septembre en Suisse ?
- On vote sur une initiative populaire demandant l'insertion d'une définition intégrale de la neutralité dans la Constitution fédérale. L'initiative a été déposée en avril 2024 avec plus de 132'000 signatures valides et constitue le premier sujet à l'ordre du jour des votations fédérales. L'éventuel oui ferait de la neutralité un principe rigide et ancré dans la Constitution, à l'exception des sanctions décidées par les Nations unies, dont la Suisse est membre depuis 2002.
- Quelles sanctions seraient interdites par l'initiative ?
- La neutralité serait également étendue aux mesures coercitives non militaires contre les États belligérants : l'adoption de sanctions ne serait donc pas exclue. Les mesures visant à empêcher le contournement, via la Suisse, de sanctions imposées par d'autres États seraient autorisées. Concrètement, la possibilité, qui existe aujourd'hui, de reprendre les sanctions décidées par l'UE à l'encontre de la Russie après l'agression contre l'Ukraine, disparaîtrait.
- Qui s'oppose à l'initiative et pourquoi ?
- Le Conseil fédéral et les Chambres fédérales se sont prononcés contre l'initiative à une nette majorité, défendant la marge de manœuvre actuelle en matière de neutralité, bien que délimitée par le droit international et interne. Ils soutiennent que la définition stricte prévue par le texte se traduirait par une restriction des options à la disposition de la Confédération et rappellent le rôle de médiation et les bons offices rendus possibles par la flexibilité actuelle.
- Qu'est-ce que cela changerait pour la coopération militaire ?
- Le texte constitutionnaliserait l'interdiction de collaborer avec des alliances défensives, excluant l'adhésion à des alliances militaires. La Constitution fixerait directement la possibilité de collaborer uniquement en cas d'agression contre la Suisse ou d'actes préparatoires, comme déjà prévu par le droit international pour la défense du pays.
- Que se passe-t-il si l'initiative est rejetée ?
- Le cadre juridique resterait inchangé : la marge de manœuvre actuelle, bien que délimitée par le droit international et interne, continuerait de permettre à la Confédération de décider de temps à autre si et quelles sanctions non onusiennes adopter et quelles formes de coopération en matière de sécurité entreprendre. Les conséquences pratiques ne seraient cependant pas immédiates, car toute modification constitutionnelle suit le calendrier de l'ordre juridique fédéral.