Le système de santé tessinois a besoin de nouvelles incitations

Le lac de Lugano entouré de montagnes, représentant les défis des coûts de santé au Tessin.

La Covid a laissé des coûts extraordinaires et durables ; les caisses-maladie ne retiennent au maximum que 5 % des dépenses ; jusqu’à un cinquième des dépenses de santé est lié à des prestations inutiles.

Contexte

En bref

  • Tessin : la trajectoire du système de santé est préoccupante.
  • Le Covid a généré des coûts extraordinaires et durables.
  • Les caisses-maladie peuvent retenir au maximum 5 %.
  • Jusqu’à un cinquième des dépenses serait lié à des prestations inutiles.

Faits clés

  • Auteur → Matteo Galgiani, vice-président PLR Terre di Pedemonte
  • Domaine → système de santé suisse, avec une attention particulière portée au Tessin
  • Pression indiquée → coûts extraordinaires et durables liés au Covid
  • Dépenses administratives → au maximum 5 % des dépenses de santé
  • Exemple numérique → de 10 à 20 milliards : 5 % passe de 500 millions à 1 milliard
  • Estimation citée → jusqu’à un cinquième des dépenses pour des prestations inutiles
  • Médicaments cités → produits à base de GLP-1 contre l’obésité

Matteo Galgiani, vice-président PLR Terre di Pedemonte, décrit le système de santé suisse et, avec une intensité particulière, celui du Tessin comme un système engagé sur une trajectoire préoccupante. La crise due au Covid a généré des coûts extraordinaires et durables. Selon l’auteur, toutefois, le problème est plus vaste : dans le modèle actuel, aucun des acteurs n’a réellement intérêt à le résoudre. Chaque incitation conçue pour l’une des parties déclenche le renvoi de responsabilité sur les autres et bloque les réformes.

Le patient et les dépenses

Des primes d’assurance élevées et un mécanisme qui, une fois la franchise et la quote-part dépassées, permet un accès pratiquement illimité et gratuit aux prestations poussent souvent le patient à se faire soigner. Le catalogue très vaste propose des services dont le bénéfice est réel ou perçu. Pour le volet assurantiel, on peut consulter la guida alla cassa malati. Le citoyen reste le maillon faible : il vote et décide, mais ne dispose ni de la force contractuelle ni des ressources des grands lobbies, notamment des entreprises pharmaceutiques et des caisses-maladie.

Les caisses-maladie peuvent retenir au maximum 5 % des dépenses de santé pour l’administration. Si les dépenses augmentent, la part absolue augmente également : dans l’exemple de la source, de 10 à 20 milliards de francs, les 5 % passent de 500 millions à 1 milliard. Pour une caisse individuelle, mettre fin à une prestation inutile peut coûter plus cher que l’économie réalisée ; pour le système, l’augmentation des dépenses profite à toutes les caisses.

Offre, profit et arbitrage

Les médecins, pharmaciens, hôpitaux et physiothérapeutes doivent s’assurer un revenu stable. Le système n’offre aucune incitation concrète à refuser des soins inutiles ou superflus : répondre à la demande permet d’éviter de perdre des patients au profit de confrères plus accommodants. Les hôpitaux, également guidés par des objectifs financiers, peuvent privilégier la quantité plutôt que l’utilité. La source relie à ce mécanisme une « bulle » sanitaire et estime que jusqu’à un cinquième des dépenses seraient liées à des prestations non nécessaires, comportant des risques, des contre-indications ou des effets secondaires.

Les entreprises pharmaceutiques sont présentées selon une logique de maximisation du profit : les médicaments innovants et rentables, souvent coûteux, ne coïncident pas nécessairement avec une population en meilleure santé. Pour les produits GLP-1 contre l’obésité, la source indique que, dans l’immense majorité des cas, dans l’année qui suit l’arrêt du traitement, une grande partie du poids perdu est reprise. Galgiani demande donc des incitations orientées vers la santé publique, des récompenses non excessives et l’intervention de la politique fédérale et cantonale, afin d’éviter le stress familial et l’augmentation de la demande de soins psychiques.

Details pratiques

Où se brise la responsabilité

La thèse de Galgiani se traduit par une question pratique : qui gagne lorsqu’une prestation est fournie, et qui supporte le coût lorsque cette prestation n’est pas nécessaire ? La source n’indique pas un centre de commandement unique. Elle décrit au contraire une chaîne dans laquelle les patients, les caisses-maladie, les fournisseurs, les hôpitaux et les industries pharmaceutiques répondent à des incitations différentes. Pour ceux qui vivent en Suisse, l’effet le plus visible passe par les primes et le poids qu’elles ont sur le coût de la vie.

Une cartographie des incitations

Table 1: Acteur
ActeurIncitation décriteEffet indiqué
PatientsAccès pratiquement illimité après franchise et quote-partDemande de soins même pour des bénéfices seulement perçus
Caisses-maladiePart administrative liée aux dépenses globalesÉconomie peut-être inférieure au coût nécessaire pour bloquer les prestations inutiles
FournisseursNécessité d’un revenu stableTendance à répondre favorablement à la demande
HôpitauxObjectifs financiersPriorité accordée à la quantité de prestations
Entreprises pharmaceutiquesMaximisation du profitProduits innovants, rentables et à usage prolongé

Le tableau met en évidence le court-circuit : chaque comportement peut être compréhensible pour l’acteur individuel, mais le résultat collectif est une dépense qui augmente. Le patient cherche un bénéfice ; le professionnel protège son revenu ; l’hôpital se concentre sur la quantité ; la caisse évalue le coût du contrôle ; l’industrie vise la rentabilité. La responsabilité se répartit et personne ne dispose, à lui seul, du levier nécessaire pour corriger l’ensemble du parcours.

La comparaison chiffrée concernant les caisses-maladie clarifie la différence entre un pourcentage inchangé et une dépense absolue plus élevée. Le 5% reste le même, mais sur 20 milliards il produit 1 milliard au lieu de 500 millions sur 10 milliards. Pour une famille, l’augmentation des primes peut devenir un stress psychologique ; la source relie ce stress à une demande accrue de soins psychiques, alimentant une spirale négative. Le sujet ne concerne donc pas seulement les comptes des assurances, mais le rapport entre les dépenses de santé et le coût de la vie.

Pour les cantons et la politique fédérale, la conséquence pratique signalée par l’intervention est la nécessité d’arbitrer entre les lobbies, les associations professionnelles et l’électorat. Une réforme orientée vers un seul groupe risque de produire un nouveau renvoi de responsabilité. Une solution commune devrait au contraire évaluer si l’incitation maintient la population en bonne santé et si elle évite des primes excessives. Ceux qui souhaitent approfondir l’aspect familial peuvent utiliser le costo della vita in Svizzera comme point de départ.

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Points cles

Du principe à l’action

La source ne propose pas une mesure technique unique, mais indique un critère : chaque décision devrait orienter les acteurs vers une population en bonne santé et vers des primes non excessives. Pour transformer ce critère en une vérification personnelle, on peut utiliser une checklist construite à partir des mécanismes décrits par Galgiani.

Quatre étapes pour évaluer une prestation

1. Définir le bénéfice. Face à un traitement ou à un service du catalogue de santé, se demander quel bénéfice concret on en attend. La distinction entre bénéfice réel et bénéfice perçu est le premier filtre indiqué par la source : un accès large ne démontre pas à lui seul qu’une prestation soit nécessaire.

2. Clarifier l’utilité et les risques. Avant d’y recourir, demander au fournisseur d’expliquer pourquoi la prestation est utile, quelles contre-indications elle présente et quels effets secondaires elle entraîne. La source rappelle que les soins inutiles peuvent comporter des risques, même lorsqu’ils sont demandés ou proposés.

3. Voir à long terme. Si la décision concerne des médicaments à base de GLP-1 contre l’obésité, distinguer l’effet immédiat de la continuité de la prise. Le texte rappelle la reprise d’une grande partie du poids perdu dans l’année suivant l’arrêt, dans la grande majorité des cas, et décrit une prise continue et prolongée.

4. Séparer les coûts. Dans le budget personnel, distinguer les primes d’assurance, la franchise et la participation aux coûts. Ce sont les éléments que la source met en relation avec la propension à recourir aux soins. Pour approfondir le thème de l’assurance, la guida alla cassa malati est disponible.

Un critère pour lire les propositions

Quand on évalue une solution politique, la question opérationnelle est de savoir si elle modifie les incitations de tous les acteurs ou si elle ne fait que déplacer le coût d’une partie à l’autre. Le critère indiqué par Galgiani tient ensemble la santé publique et la soutenabilité des primes, sans perdre de vue les lobbies, les organisations professionnelles et l’électorat. Une proposition est cohérente avec cette approche lorsqu’elle réduit le recours à des prestations non nécessaires, limite le fait de se défausser sur autrui et n’alimente ni le stress familial ni la demande de soins psychiques.

Pour compléter la vérification du budget familial, utilise le calcolatore stipendio.

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Source: tio.ch

Questions fréquentes
Quelle est la limite maximale de rétention administrative pour les caisses-maladie en Suisse ?
Les caisses-maladie peuvent retenir au maximum 5 % des dépenses de santé pour l’administration ; cela signifie que, si les dépenses passent de 10 à 20 milliards de francs, 5 % passent de 500 millions à 1 milliard de francs absolus.
Selon l’article, quel pourcentage des dépenses de santé pourrait être lié à des prestations non nécessaires ?
La source estime que jusqu'à un cinquième des dépenses de santé, soit environ 20 %, sont liées à des prestations inutiles, avec des risques, des contre-indications ou des effets secondaires, contribuant ainsi à la croissance des coûts.
Comment l’accès pratiquement illimité aux soins après franchise et participation aux coûts affecte-t-il le comportement des patients ?
Après avoir dépassé la franchise et la participation aux coûts, les patients peuvent accéder pratiquement sans restriction et gratuitement aux prestations, ce qui les pousse à recourir également à des soins dont le seul bénéfice est perçu, augmentant ainsi la demande de services.

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