AVS 2030 : la réforme de la prévoyance suisse

Palais fédéral à Berne discutant de la réforme AVS 2030

Présentation à Berne de la réforme AVS 2030. Revenus supplémentaires estimés à 600 millions par an et augmentation de l'âge minimum de 58 à 63 ans. Divisions entre les partis.

Contexte

En bref

  • AVS 2030 réforme la prévoyance suisse
  • Recettes supplémentaires estimées à 600 millions par an
  • Augmentation de l'âge minimum de 58 à 63 ans
  • Droite et gauche divisées sur les mesures

Faits clés

  • Quoi : Réforme du premier pilier AVS 2030-2040
  • Quand : Projet présenté le 20 mai 2024
  • Où : Berne
  • Qui : Conseil fédéral et Elisabeth Baume-Schneider
  • Montant : 600 millions de francs par an jusqu'en 2040

Alors que le gouvernement vise de nouvelles recettes et une augmentation graduelle de l'âge minimum de la retraite, les partenaires sociaux restent insatisfaits des mesures proposées. Bien que tout le monde s'accorde sur la nécessité de réformer l'AVS, les recettes pour y parvenir divergent fortement. À Lugano comme à Mendrisio, les frontaliers et les résidents envisagent ces modifications avec appréhension, craignant des répercussions sur leur pouvoir d'achat. Alors que la gauche salue le projet, la droite et les associations économiques tessinoises déplorent l'absence de réformes structurelles, telles qu'une augmentation de l'âge de la retraite, fixé aujourd'hui à 65 ans pour tous.

Au moment de la présentation du projet de loi le 20 mai dernier, la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider avait justifié la réforme par la nécessité pour le premier pilier de se préparer au mieux à la retraite des baby-boomers, nés entre 1946 et 1964. En somme, l'AVS doit être révisée pour s'adapter à l'évolution démographique de la Suisse pour la période 2030-2040. Le projet devrait générer des recettes supplémentaires d'environ 600 millions de francs par an jusqu'en 2040. C'est pourquoi l'exécutif renonce pour l'instant à augmenter l'âge de référence général.

Le contexte de la réforme gouvernementale

Parmi les principales mesures figure le relèvement progressif de l'âge minimum pour la retraite anticipée, qui passera de 58 à 63 ans pour faire face à l'augmentation de l'espérance de vie, passée à 83 ans en moyenne dans la Confédération, et à la pénurie de main-d'œuvre spécialisée dans des secteurs clés tels que la santé et l'industrie mécanique tessinoise. L'objectif déclaré est de faire en sorte que les travailleurs restent actifs le plus longtemps possible. Quelques exceptions sont toutefois prévues, en particulier en cas de restructuration d'entreprise ou dans le cadre de conventions collectives de travail dotées de clauses spécifiques, mais il ne sera de toute façon pas possible de descendre en dessous de 60 ans.

Après 65 ans, les salariés, y compris les quelque 90 000 frontaliers actifs dans le canton du Tessin, devraient en outre avoir la possibilité de rester affiliés à une institution de prévoyance du deuxième pilier afin de combler d'éventuelles lacunes de cotisations. L'exécutif vise également à introduire de nouveaux taux de réduction en cas de perception anticipée de la rente, calculés sur une base actuarielle pour éviter le sous-financement de la caisse.

Parmi les autres mesures figurent l'alignement du taux de cotisation des travailleurs indépendants à hauts revenus sur celui des salariés, fixé à 8,7% au lieu des 8,1% actuels, ainsi que l'assujettissement aux cotisations des dividendes excessifs distribués par les sociétés anonymes et les Sàrl. Actuellement, les dividendes ne sont en effet pas soumis aux cotisations sociales de l'AVS, ce qui peut inciter les entrepreneurs à les privilégier par rapport au salaire imposable, éludant ainsi en partie le prélèvement de prévoyance.

Details pratiques

Les réactions du monde politique et économique à la réforme AVS 2030 mettent en évidence une profonde fracture entre les partis, avec des répartitions financières qui impactent directement les quelque 80 000 travailleurs frontaliers actifs au Tessin. Sans surprise, le Parti socialiste et les Verts saluent la décision du Conseil fédéral de ne pas relever l'âge de la retraite à 67 ans, un paramètre qui aurait pénalisé la main-d'œuvre active dans les pôles industriels de Mendrisio et Lugano. Le Parti socialiste soutient des mesures visant à combler les lacunes de cotisations, notamment l'obligation de verser des cotisations sur les indemnités journalières de maladie et d'accidents, protégeant ainsi ceux qui travaillent dans le secteur tertiaire et de la santé. Les pourcentages de réduction liés au revenu en cas de retraite anticipée trouvent également un consensus, permettant ainsi aux travailleurs à faible revenu de prendre leur retraite plus tôt avec des pertes moindres. Le Parti socialiste et les Verts réclament en outre une meilleure reconnaissance du travail éducatif et de soins, demandant que les bonifications d'éducation du premier pilier soient augmentées de manière significative et appliquées également dans la prévoyance professionnelle, étant donné que ce sont principalement les femmes qui effectuent ce travail, subissant ainsi des rentes plus bas.

Les critiques du centre-droit et de l'économie

Les partis bourgeois critiquent en revanche le projet, le qualifiant d'insuffisant face à un déficit estimé à plus de 4 milliards de francs d'ici 2030. Le Parti libéral-radical souhaite un âge de référence plus élevé au lieu d'une augmentation des impôts et des cotisations, tandis que l'Union démocratique du centre exige des dépenses fédérales réduites pour stabiliser l'AVS. Le centre relève le manque de mesures structurelles et propose un modèle basé sur la durée globale de la vie active. Les milieux patronaux rejettent également le projet. Le monde économique souhaite des réformes structurelles plutôt qu'une simple augmentation des recettes, craignant des répercussions sur la compétitivité des entreprises basées dans les communes frontalières telles que Chiasso ou Stabio. Economiesuisse qualifie le projet de décevant, car le débat sur l'âge de référence fait défaut. L'Union syndicale suisse accueille en revanche favorablement la couverture des lacunes de cotisations, mais critique le relèvement de l'âge minimum dans le deuxième pilier, ce qui rendrait plus difficile la retraite anticipée pour les personnes ayant des problèmes de santé. Plusieurs cantons s'opposent au relèvement de l'âge minimum dans le deuxième pilier, mais évaluent positivement l'abandon d'un âge de référence plus élevé. Zurich estime toutefois qu'un ajustement sera inévitable à long terme pour garantir la pérennité du système aux taux actuels.

Outils utiles pour la planification

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Points cles

Pour s'orienter parmi les changements prévus par la réforme de l'AVS et en comprendre les effets sur sa situation de prévoyance et de cotisation, il faut suivre l'évolution du débat institutionnel à Berne. Les nouvelles dispositions en matière de taux de cotisation, telles que l'adaptation pour les travailleurs indépendants et l'examen des dividendes, requièrent l'attention de ceux qui gèrent des revenus complexes. Un frontalier domicilié à Lugano percevant 90'000 francs par an verra une augmentation des prélèvements contributifs estimée à 0,3% à compter du 1er janvier 2026, affectant directement le net mensuel.

Le suivi des échéances législatives permet d'anticiper les impacts sur son plan de prévoyance et d'évaluer avec précision la planification de sa retraite en Suisse. Ceux qui travaillent à Chiasso ou Mendrisio doivent envisager l'alignement progressif de l'âge de la retraite des femmes à 65 ans d'ici 2028, introduit par la loi fédérale du 17 décembre 2021.

Pour mieux gérer la transition, il convient de suivre une check-list opérationnelle : vérifier le relevé AVS auprès de la Caisse de compensation du canton du Tessin à Bellinzone, analyser les versements du deuxième pilier (LPP) et éventuellement planifier des rachats volontaires avant la fin de l'année fiscale. Pour approfondir les aspects liés aux cotisations et calculer l'impact sur vos revenus, vous pouvez utiliser le calculateur fiscal disponible en ligne.

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Source: tio.ch

Questions fréquentes
Que prévoit la réforme AVS 2030 présentée par le Conseil fédéral ?
La réforme du premier pilier AVS 2030-2040, présentée le 20 mai à Berne par la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider, prévoit des recettes supplémentaires estimées à environ 600 millions de francs par an jusqu'en 2040. Parmi les principales mesures figure l'augmentation progressive de l'âge minimum de la retraite de 58 à 63 ans, ainsi que de nouveaux taux de réduction pour la perception anticipée et l'alignement des cotisations pour les travailleurs indépendants ayant des revenus élevés à 8,7 %.
Quelles sont les réactions du monde politique et économique à la réforme ?
Les réactions mettent en évidence une profonde fissure. Le Parti socialiste et les Verts se félicitent de la décision de ne pas augmenter l'âge de départ à la retraite de référence et demandent de combler les lacunes en matière de cotisations et de valoriser le travail de soin. Au contraire, le Parti libéral-radical souhaite un âge de référence plus élevé, l'UDC exige des coupes dans les dépenses fédérales et le monde économique, via Economiesuisse, qualifie le projet de décevant en raison de l'absence de réformes structurelles sur l'âge de la retraite.
Quelles modifications sont prévues pour les cotisations et les indépendants ?
Le projet prévoit l'alignement du taux de cotisation des indépendants à revenus élevés sur celui des salariés, fixé à 8,7 % au lieu de 8,1 %. L'assujettissement à cotisation des dividendes excessifs, actuellement non soumis aux cotisations AVS, est également introduit pour éviter qu'ils ne soient privilégiés par rapport au salaire.

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