Exportation montres suisses : FH appelle à la prudence (guide frontalier)

Juin et juillet augmentent, mais l'incertitude mondiale freine l'optimisme. USA stable (+14,9%), Chine crise (-7,1%), France boom anormal (+70%). Accord La Chine réduira les droits de douane.
Contexte
En bref
- Deux mois d'augmentation des exportations de montres, mais le président FH Bugmann met en garde contre la prudence pour le reste de l'année
- Les États-Unis restent solides : croissance de 14,9 % par rapport à juillet 2024 ; la Chine en crise profonde avec -7,1 % sur 7 mois
- France boom anormal (+70%) dû au rôle de centre logistique, pas de consommation locale
- Accord Chine signature récente : il éliminera progressivement les droits résiduels sur les positions tarifaires horlogères
Faits clés
- Chi : Yves Bugmann, président de la Fédération de l'industrie horlogère (FH)
- Quoi : Invite à rester prudent en interprétant les exportations mensuelles ; les marchés mondiaux montrent des tendances hétérogènes
- Quand : juin-juillet 2026 (données agrégées janvier-juillet 2026)
- Où : Suisse ; marchés de destination États-Unis, Chine, France, Royaume-Uni, Allemagne
- Montant : -7,4 % (7 mois US), +14,9 % (USA vs juillet 2024), -7,1 % (Chine 7 mois), -16,5 % et -18,5 % (juin-juillet Chine)
- Accord commercial : Modernisation du libre-échange Chine récemment signée Berne-Pékin
Malgré deux mois consécutifs de hausse des exportations de montres, le président de la Fédération de l'industrie horlogère (FH) Yves Bugmann invite à la prudence pour le reste de l'année en raison d'un contexte mondial encore incertain. « Il est prématuré de tirer des conclusions optimistes », déclare-t-il dans une interview à l'agence ATS. Juin et juillet 2026 ont marqué des hausses encourageantes, mais le président de la FH réitère sa prudence. « Nous restons prudents dans l'interprétation des résultats mensuels pris individuellement », précise-t-il.
La
Details pratiques
Accord commercial et perspectives de relance
M. Bugmann s'est toutefois félicité de la modernisation de l'accord de libre-échange avec la Chine, signé la semaine dernière entre Berne et Pékin. « C'est une bonne nouvelle pour notre industrie », a-t-il déclaré, « dans la mesure où l'accord éliminera progressivement les droits de douane résiduels qui subsistent encore sur la plupart des positions tarifaires horlogères ». Cette modernisation de l'accord représente un instrument concret pour soutenir le secteur manufacturier suisse dans le contexte de crise chinoise prolongée. Lorsque les droits diminueront, les coûts d'exportation vers le marché chinois diminueront, améliorant potentiellement la compétitivité suisse par rapport aux autres producteurs internationaux.
France : anomalie logistique ou opportunité ?
Un phénomène qui a attiré l'attention est l'explosion des exportations vers la France, qui avec +70% au cours des sept premiers mois de 2026 est devenue le deuxième débouché pour les montres suisses. Cependant, selon la FH, la hausse n'est pas due à un boom de la consommation française, mais au fait que l'hexagone fait office de centre logistique et de plateforme de redistribution mondiale. « Cette évolution ne concerne que l'Union européenne », précise Bugmann. « Notre première hypothèse était effectivement celle d'un changement des flux logistiques, mais pour le moment elle ne peut pas être validée clairement ». Cela signifie que les exportations vers la France ne
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Points cles
Comment la situation mondiale influence l'économie suisse
L'industrie horlogère suisse emploie des milliers de travailleurs répartis entre le canton de Genève, la Vallée de Joux et autres districts spécialisés. Elle représente un secteur stratégique des exportations manufacturières nationales et contribue significativement à la balance commerciale suisse. La situation actuelle met en évidence comment le secteur reste fortement dépendant de quelques marchés clés : les États-Unis offrent la stabilité, la Chine représente un défi à court-moyen terme, tandis que l'Europe traverse une phase d'incertitude.
Pour ceux qui travaillent dans le secteur – artisans, ouvriers spécialisés, ingénieurs, commerçants et entrepreneurs – le message de la FH est clair : les commandes des États-Unis restent fiables et la demande des consommateurs américains continue d'être soutenue par la valeur perçue du « Swiss made ». Cependant, attention aux fluctuations à court terme et aux risques liés aux tarifs commerciaux, comme l'a démontré l'effet de base d'avril 2025.
Pas à pas : qu'est-ce à monitorer dans les prochains mois
1. Marché des USA : suivre les oscillations du taux CHF/USD et les communications sur la politique tarifaire américaine. Les tarifs influencent marginalement la rentabilité des producteurs suisses à court terme.
2. Accord Chine : suivre le calendrier de mise en œuvre de la modernisation du traité de libre-échange. Une fois que les tarifs diminueront, les entreprises pourront se repositionner sur le marché chinois.
3. Diversification européenne : tandis que la France sert de centre logistique (pas un véritable débouché direct de consommation), la stratégie pour l'Allemagne nécessite de l'attention. Explorer les marchés de l'UE secondaires où les données sont moins négatives.
…
Questions fréquentes
- Les exportations de montres suisses augmentent-elles vraiment ?
- Oui, juin et juillet 2026 ont marqué deux mois consécutifs d'augmentation. Cependant, le président de la FH Yves Bugmann invite à la prudence, car juin a été favorisé par deux jours ouvrables de plus qu'en 2025 et par un effet de base positif. L'évolution globale sur sept mois reste mitigée, avec le marché américain en hausse de 14,9 % par rapport à juillet 2024, mais la Chine toujours en difficulté avec -7,1 % sur sept mois.
- Quel marché est actuellement le plus important pour les montres suisses ?
- Les États-Unis restent le marché prioritaire, avec une croissance de 14,9 % par rapport à juillet 2024. La France est devenue le deuxième marché avec une augmentation de 70% au cours des sept premiers mois de 2026, mais selon la FH, cela reflète son rôle de centre logistique et de plateforme de redistribution mondiale, plutôt qu'un véritable boom de la consommation française.
- Comment se porte le marché chinois pour les montres suisses et qu'est-ce qui va changer ?
- Le marché chinois est en crise profonde, avec des baisses de 16,5 % en juin et de 18,5 % en juillet, portant le solde sur sept mois à -7,1 %. Le marché a chuté d'un tiers en deux ans et ne montre pas de perspectives de reprise significatives à court terme. Cependant, la modernisation de l'accord de libre-échange entre Berne et Pékin, récemment signé, éliminera progressivement les droits de douane résiduels sur les positions tarifaires horlogères, améliorant potentiellement la compétitivité à moy
- Pourquoi Yves Bugmann invite-t-il à la prudence malgré deux mois d'augmentation ?
- Le contexte mondial reste incertain. Bien que les données de juin et juillet soient positives, l'évolution d'autres marchés cruciaux (Chine, Allemagne) et l'incertitude économique mondiale qui affecte la confiance des consommateurs suggèrent la prudence. Bugmann souligne qu'il est prématuré de tirer des conclusions optimistes en interprétant individuellement les résultats mensuels.
- Quel est l'impact de l'accord commercial Chine sur les montres suisses ?
- L'accord modernisé éliminera progressivement les droits de douane résiduels sur la plupart des positions tarifaires horlogères, réduisant ainsi les coûts d'exportation vers la Chine. Bugmann a salué l'entente, la décrivant comme « une bonne nouvelle pour l'industrie ». Cependant, l'effet concret sera visible à moyen et long terme, pas immédiatement.
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