Frontière fiscale Italie-Suisse: TVA et œuvres d'art

La frontière fiscale entre l'Italie et la Suisse dans la circulation des œuvres d'art : TVA à l'importation, confiscation et proportionnalité après la Cour constitutionnelle n° 93/2025.
Contexte
Résumé Cette contribution part de la commande Cass. civ., Sec. Unissez-vous, du 25 août 2026, n. 24764, pour montrer comment l'histoire relative à l'introduction en Italie, depuis la Suisse, d'une œuvre d'art de grande valeur constitue un observatoire privilégié sur les relations entre droit douanier, TVA à l'importation et système de sanctions. L'ordonnance de 2026 ne définit cependant pas le mérite de la polémique : après l'arrêt de la Cour Constitutionnelle n. 93/2025 et l'annulation par légitime défense de l'ordonnance de confiscation, les parties ont renoncé au recours et le jugement a été déclaré éteint. Mais précisément cette "non-décision" nous permet d'approfondir la question centrale : malgré le haut degré d'intégration économique entre la Suisse et l'Union européenne, la circulation des œuvres d'art et des biens de grande valeur continue de se heurter à une véritable frontière fiscale en matière de TVA. L'article analyse la distinction entre droits et TVA à l'importation, le sens et les limites de l'accord CEE-Suisse du 22 juillet 1972, le report de l'art. 70 d.P.R. n. 633/1972 à la réglementation douanière, les effets de la dépénalisation de la simple contrebande et, surtout, la remodulation de la confiscation à la lumière du principe de proportionnalité constitutionnelle et euro-unitaire.
Présentation L'ordre du Cass. civ., Sec. Unissez-vous, du 25 août 2026, n. 24764, est une disposition procédurale concluante mais essentiellement interlocutoire. Il ne résout pas la question d'interprétation initialement soumise aux sections des États-Unis concernant la survie et le fonctionnement de la confiscation douanière en matière de TVA sur les importations après la décriminalisation de la simple contrebande ; au contraire, il note qu'entre-temps, la Cour Constitutionnelle a modifié le cadre réglementaire avec la sentence no. 93/2025 et que, suite à l'annulation de légitime défense de l'ordre de confiscation par l'administration douanière, les parties ont renoncé au recours, avec pour conséquence l'extinction de la procédure. C’est précisément cette circonstance qui rend l’affaire particulièrement significative. L'histoire naît de l'introduction en Italie, en provenance de Suisse, d'un tableau d'une valeur énorme, non déclaré à la douane et sans TVA à l'importation non payée. Cela touche un point essentiel des relations italo-suisse : l'absence ou l'atténuation des droits de douane dans les échanges commerciaux n'élimine pas la pertinence de la TVA sur les importations, qui continue de marquer une « frontière fiscale » claire entre le territoire suisse et le territoire de l'UE. La thèse sous-jacente à cette contribution est double. Tout d'abord, l'affaire démontre que, même dans le contexte d'échanges économiques intenses et d'un cadre conventionnel consolidé entre la Suisse et l'Union européenne, il reste une frontière fiscale pleinement opérationnelle en matière de TVA, particulièrement sensible pour les œuvres d'art et les biens de grande valeur, pour lesquels l'accomplissement déclaratif et la qualification correcte de l'opération revêtent une importance décisive. Deuxièmement, l’arrêt de la Cour constitutionnelle. n.
La loi 93/2025 peut être lue comme le passage d'un modèle de confiscation essentiellement automatique à un système plus respectueux du principe de proportionnalité, en particulier lorsque les intérêts fiscaux de l'État ont été pleinement satisfaits par le paiement de l'impôt, des accessoires, des intérêts et de la pénalité financière.
L'histoire : de l'incident de 2012 à la fin du jugement en 2026 Selon ce qui ressort des documents rapportés dans l'Ordonnance des Sections Unies de 2026, le 3 octobre 2012, le contribuable a été contrôlé à l'aéroport de Milan-Linate alors qu'il introduisait en Italie un tableau d'une valeur considérable en provenance de Suisse, sans déclaration et sans paiement de TVA à l'importation, d'un montant de 448.443,00 €. Dans un premier temps, une procédure pénale s'ensuivit ; par la suite, à la suite de la dépénalisation de la simple contrebande réalisée par le décret législatif n. Le 15 janvier 2016, le 8, le procès pénal s'est terminé par un acquittement car le fait n'était plus prévu par la loi comme un délit, avec transmission des documents à l'autorité administrative. L'administration des douanes a d'abord ordonné la saisie puis la confiscation des biens, rappelant les articles. 282 et 301 du TULD en relation avec l'art. 70 du décret présidentiel n. 633/1972. Le CTR de Lombardie a estimé que la confiscation conformément à l'art. 301 Le TULD a été considérablement dépassé par la dépénalisation, en l'absence de dispositions expresses prévoyant des sanctions supplémentaires pour l'infraction administrative qui en résultait. La question, en raison de son importance systématique, a été renvoyée aux Sections Unies d'abord par la Cinquième Section avec l'ordonnance interlocutoire no. 21917/2023 puis, avec l'ordonnance interlocutoire no. 18284/2024, à la Cour Constitutionnelle. La Cour Constitutionnelle, avec la sentence no. 93/2025, a déclaré l'illégitimité constitutionnelle de l'art. 70, premier alinéa, décret présidentiel n. 633/1972, dans la partie où il ne prévoit pas que, en cas d'application de l'art. 301 TULD, les choses objet de la violation ne sont pas confisquées si le débiteur pourvoit au paiement intégral du montant éludé, des accessoires, des intérêts et de la sanction financière.
À ce stade, l'Administration des douanes a annulé de manière indépendante la décision de confiscation et les parties ont renoncé conjointement à se pourvoir en cassation ; les Sections Unies, avec l'ordonnance no. 24764/2026, a donc déclaré la clôture de la procédure. Il se pose un point qui doit être expressément clarifié : l'ordonnance no. 24764/2026 ne résout pas le fond de la question initialement soumise aux Sections Unies, mais clôt le processus en raison du manque d'intérêt pour le litige suite à la décision du Conseil et à l'autodéfense administrative.
La frontière fiscale italo-suisse : position de la Suisse par rapport au territoire douanier et TVA de l'Union La Suisse n'appartient ni au territoire douanier de l'Union ni au système commun de TVA de l'Union. L'introduction de marchandises en provenance de Suisse sur le territoire italien constitue, du point de vue de l'Union et du point de vue national, une "importation", avec pour conséquence l'activation de la réglementation douanière et, en règle générale, de la TVA à l'importation. La jurisprudence en matière de légitimité a souligné à plusieurs reprises que l'accord de 1972 supprimait ou éliminait progressivement les droits de douane dans les échanges entre la Suisse et la Communauté/Union pour les produits concernés, mais "n'incluait pas la Suisse dans le territoire douanier de la Communauté" et n'éliminait pas non plus la TVA à l'entrée des marchandises. En ce sens, déjà Cass. stylo. n. 32111/2023 rappelle que, même si la contrebande douanière liée aux droits de douane ne peut être configurée dans certains cas, l'éventuelle fraude à la TVA sur les importations reste distincte, dans la limite de l'interdiction de double imposition. Sur le plan systématique, la Cour civile de cassation a précisé que la TVA à l'importation constitue une taxe intérieure, bien qu'elle partage avec les droits le moment génétique de l'importation et certaines spécificités procédurales et sanctionnantes. Ordonnance no. 21917/2023 souligne en effet que la TVA sur les importations "est la même taxe que la TVA intra-union", bien qu'elle soit soumise, en vertu de l'art. 70 d.P.R. n. 633/1972, aux dispositions de sanction spécifiques aux droits frontaliers.
Cette approche permet de saisir l'essentiel des profils transfrontaliers : une frontière douanière complète ne fonctionne pas entre la Suisse et l'Italie dans les mêmes termes que des relations avec tout pays tiers non liés à des accords préférentiels, mais une « frontière fiscale TVA » demeure. Pour les œuvres d'art et les biens de grande valeur, cela signifie que le passage physique du bien à travers la frontière peut déterminer, sauf régimes suspensifs ou temporaires spécifiques, le début de l'obligation de TVA et des obligations de déclaration qui y sont liées.
Droits de douane et TVA à l’importation : distinction structurelle et conséquences d’application L'un des principaux malentendus pratiques dans la circulation des œuvres d'art entre la Suisse et l'Italie consiste à supposer que l'absence de droits équivaut à l'absence de taxe à l'importation. Les sources examinées par l'auteur nient clairement cet automatisme. La Cour suprême a rappelé que la Cour de justice a expressément déclaré que les droits d'importation n'incluent pas la TVA à percevoir pour l'importation de marchandises. Parallèlement, la jurisprudence nationale constate que la TVA sur les importations naît du fait de l'importation dans l'Union et de son introduction ultérieure dans le circuit économique des États membres, mais reste distincte des droits, bien que liés à ceux-ci en termes de fait générateur et d'exigibilité. La pratique administrative confirme également que, pour les marchandises importées, le fait générateur de la taxe survient au moment de l'importation et, lorsque les marchandises sont soumises à des droits de douane, l'exigibilité de la TVA est coordonnée avec celle des droits ; cela ne signifie toutefois pas que la dette de TVA dépend de l’existence d’un droit dû. C'est le point décisif dans les relations avec la Suisse : l'accord préférentiel peut supprimer le droit, mais pas la TVA. D’où l’importance pratique de la distinction. Un collecteur ou un exploitant peut se retrouver dans une situation où :
- aucun droit n'est dû en vertu du régime conventionnel ou de l'origine de la marchandise ;
- mais la TVA à l'importation est toujours due en Italie, car il s'agit d'une taxe intérieure perçue à l'entrée des marchandises sur le territoire de l'Union.
L'absence de cette prise de conscience est particulièrement risquée sur le marché de l'art, où la valeur du bien est souvent très élevée et où les transports personnels, les transports spécialisés ou la circulation pour les expositions et les restaurations peuvent conduire à sous-estimer le montant de la taxe.
L'accord CEE-Suisse du 22 juillet 1972 : pertinence et limites L'accord entre la Communauté économique européenne et la Confédération suisse du 22 juillet 1972, conclu par le règlement CEE no. 2840/72, a été constamment évoqué dans le contentieux comme paramètre d'évaluation du régime d'importation en provenance de Suisse. Il prévoit la suppression progressive des droits de douane sur les importations dans les échanges entre les parties, l'interdiction d'introduire de nouveaux droits et de nouvelles taxes d'effet équivalent, ainsi qu'une réglementation inspirée du principe de « neutralité commerciale ». Cependant, la Cour de cassation a rejeté à plusieurs reprises que l'accord empêchait la perception de la TVA à l'entrée des marchandises sur le territoire italien. En particulier, il a été précisé que la TVA sur les importations a une base financière différente des droits de douane, ne constitue pas une duplication de ceux-ci et continue d'être due à l'État au moment de l'entrée des marchandises, à moins qu'il ne soit prouvé que la taxe a déjà été payée antérieurement, à l'exclusion de la double imposition discriminatoire. Pour le sujet abordé ici, l'accord de 1972 remplit donc une fonction ambivalente : d'une part, il réduit ou brise la barrière tarifaire, favorisant les échanges ; en revanche elle ne supprime pas la barrière TVA, qui reste autonome. La conséquence systématique est que les relations économiques intenses entre la Suisse et l’Italie ne se traduisent pas par une assimilation fiscale complète. Comparée au système de TVA de l’UE, la Suisse reste un système externe ; par conséquent, l'entrée de la marchandise en Italie continue d'être, en principe, un événement qualifié fiscalement d'importation.
Details pratiques
Art. 70 Décret présidentiel n. 633/1972 et réglementation douanière : la référence aux articles. 282 et 301 TULD
L'art. 70 d.P.R. n. 633/1972 constitue la pierre angulaire du lien entre la TVA sur les importations et la réglementation douanière. La disposition établit que la taxe relative aux importations est fixée, liquidée et perçue pour chaque opération et ajoute que, pour les litiges et les sanctions, les dispositions de la législation douanière relatives aux droits de frontière sont applicables. Ce report a historiquement permis l'extension de la TVA sur les importations des institutions de sanction typiques du droit douanier, y compris la confiscation prévue par l'art. 301 TULD en relation avec les hypothèses de contrebande évoquées dans l'art. 282 TULD. Ordonnance interlocutoire no. 21917/2023 reconstitue précisément le point : art. 70 rappelle les sanctions prévues par les lois douanières sur les droits à la frontière, comprenant également la confiscation, entendue au sens large comme une mesure ablative liée à la fraude à la TVA sur les importations. Ici émerge un nœud dogmatique de grande importance. D’une part, la TVA à l’importation est qualifiée de taxe intérieure et structurellement homogène à la TVA intérieure ; en revanche, pour des raisons historiques et fonctionnelles, ses règles de procédure et de sanctions sont fondées sur les règles du droit douanier. Il s’agit d’une hybridation réglementaire qui explique bon nombre des tensions qui ont abouti à la question de la légitimité constitutionnelle. Sur un plan ratione temporis, pour les événements de 2012, la discipline de référence était celle du TULD mentionnée dans l'art. 70 dans le texte alors en vigueur. Les évolutions réglementaires ultérieures, y compris celles enrichies par la jurisprudence de 2024-2026, ne peuvent donc pas être mécaniquement rétroprojectées sur les faits originels, mais sont pertinentes pour comprendre l’évolution du cadre interprétatif et constitutionnel.
Dépénalisation de la simple contrebande et problème de la survie de la confiscation Décret législatif no. Le décret n° 8/2016 a dépénalisé la simple contrebande, ouvrant le problème du sort des mesures accessoires et, en particulier, de la confiscation en cas de non-paiement de la TVA à l'importation. La question est de savoir si, une fois que le délit n'existe plus, la confiscation obligatoire des biens faisant l'objet de la violation peut perdurer dans le contexte administratif. Les Sections Unies, dans l'ordonnance interlocutoire no. 18284/2024, enregistrez le contraste. D’une part, l’administration a soutenu l’applicabilité administrative persistante de la confiscation obligatoire ; de l'autre, le contribuable a invoqué le principe de légalité et le caractère déraisonnable d'un système qui aurait conservé une mesure ablative très sévère après la dépénalisation. Ordonnance no. 21917/2023 souligne l'affliction particulière de la confiscation douanière conformément à l'art. 301 TULD, plus large que la confiscation ordinaire conformément à l'art. 240 du Code criminel, et rappelle sa qualification traditionnelle de mesure de sécurité fondée sur la dangerosité de la chose et non sur la dangerosité du sujet. Mais ce cadre même s'est avéré insuffisant pour neutraliser les doutes sur la proportionnalité, surtout lorsque la confiscation s'accompagnait de sanctions financières déjà très élevées et lorsque le débiteur avait pleinement satisfait à sa demande fiscale. Le cas transfrontalier avec la Suisse a rendu le problème encore plus évident : un bien de très grande valeur, comme une œuvre d’art, peut être confisqué pour fraude à la TVA à l’importation, avec des conséquences financières potentiellement bien supérieures à la taxe due, surtout en l’absence de dommages résiduels pour le trésor après paiement intégral.
Nature et fonction de la confiscation : légalité, garantie et proportionnalité La jurisprudence oscille entre deux lectures de la confiscation. Selon une ligne, elle n'a pas un caractère sanctionnant au sens strict, mais constitue une véritable mesure de sécurité visant à éviter l'utilisation ou la circulation ultérieure de marchandises illégales. Selon une autre perspective, sans nier sa qualification formelle, son cumul concret avec des sanctions pécuniaires et son caractère automatique imposent un contrôle de proportionnalité similaire à celui requis pour les sanctions administratives et fiscales. Les Sections Unies de 2024 ont bien saisi le problème : le caractère fixe et automatique de la mesure finit par affecter de la même manière des faits globalement différents, négligeant également le comportement ultérieur du contrevenant, comme le paiement intégral de l'impôt éludé et des sanctions financières. D'où le doute de compatibilité avec l'art. 3 Constitution et à l'art. 49 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. La Cour Constitutionnelle, dans la phrase no. 93/2025, n'élimine pas fondamentalement la confiscation du système de TVA sur les importations. Il redessine plutôt son fonctionnement légitime, jugeant son maintien disproportionné lorsque l'auteur de l'infraction agit pour remédier au non-paiement, en payant l'impôt éludé, les accessoires, les intérêts et la sanction financière. Dans ce cas, la fonction de garantie qui peut justifier la confiscation obligatoire est perdue, puisque l'État a déjà récupéré la totalité de la dette fiscale.
La décision se prête donc à être lue comme une transformation du modèle : de la confiscation comme conséquence essentiellement automatique de la violation, à la confiscation comme mesure qui doit être annulée lorsque l'intérêt fiscal a été pleinement satisfait.
L'ordonnance des Sections Unies n. 18284/2024 : les raisons de la saisine de la Cour Constitutionnelle Ordonnance interlocutoire no. 18284/2024 représente le véritable nœud théorique de l’histoire. Les Sections Unies observent tout d'abord que, dans le cas d'espèce, le contribuable avait déjà payé intégralement tant l'impôt éludé que les sanctions administratives imposées avant l'adoption de la mesure de confiscation. À partir de ces données, le Tribunal souligne que la structure de sanction résultant de l'art. 70 d.P.R. n. 633/1972, en relation avec les articles. 282 et 301 TULD, semblaient difficiles à concilier avec les principes du caractère raisonnable et de la proportionnalité. L'ordonnance compare trois plans :
- le régime de TVA sur les importations ;
- le régime interne de TVA ;
- le régime des droits de douane.
Par rapport à la TVA intérieure, la confiscation n'opère pas dans des termes similaires, ou en tout cas elle peut être annulée lors du paiement de la dette fiscale conformément à l'art. 12-bis du décret législatif n. 74/2000 ; en matière de droits de douane, le Code des douanes de l'Union prévoit qu'en cas de confiscation, la dette douanière s'éteint, de sorte que le cumul de la créance fiscale totale, de la sanction financière et de la confiscation des marchandises apparaît excessif. Il est particulièrement important que les sections unies aient exclu la possibilité d'une interprétation constitutionnelle de l'art. 70, jugeant insurmontable la référence littérale aux sanctions douanières et saisissant donc le Conseil. L'affaire montre ainsi un exemple paradigmatique de dialogue entre la Cour suprême, la Cour constitutionnelle et le droit de l'Union sur une matière à forte densité technico-fiscale mais avec des implications claires pour la protection des droits de propriété.
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Points cles
Cour constitutionnelle n°. 93/2025 : la remodulation de la confiscation Phrase n° 93/2025 du Tribunal Constitutionnel constitue le point d'équilibre atteint par le système. La Consulta prend note, conformément à la jurisprudence et à la légitimité de l'UE, de l'identité structurelle entre la TVA à l'importation et la TVA intérieure, malgré le cadre procédural et de sanction différent de la première. C’est précisément cette identité qui rend problématique un traitement de sanction radicalement plus lourd pour la TVA à l’importation, en particulier lorsqu’il implique l’ablation automatique du bien même après une conformité totale. La Cour souligne que le principe de proportionnalité concerne également les sanctions fiscales et ne repose pas seulement sur l'art. 3 de la Constitution, mais aussi dans les obligations européennes auxquelles l'Italie est tenue, notamment dans l'art. 49, par. 3, CDFUE. Il précise que la disproportion constatée n'est pas « intrinsèque » à la confiscation en tant que telle, mais plutôt « relative » ou « ordinale », par rapport à d'autres secteurs de l'ordre juridique : le régime des droits et le régime intérieur de la TVA. La solution adoptée est additive : l'art. 70 est constitutionnellement illégitime dans la partie où il ne prévoit pas que, en cas d'application de l'art. 301 TULD, les choses objet de la violation ne sont pas confisquées si le débiteur pourvoit au paiement intégral du montant éludé, des accessoires, des intérêts et de la sanction financière. L'effet systématique de la décision est notable. La confiscation reste abstraitement compatible avec le régime de TVA à l'importation, mais son maintien n'est plus justifiable lorsque la finalité de garantir la perception a cessé. Un modèle est donc esquissé dans lequel la réaction ablative doit céder face à la pleine satisfaction de l’intérêt fiscal.
Les implications transfrontalières pour le marché de l’art entre la Suisse et l’Italie Les œuvres d’art constituent le terrain idéal pour observer la frontière fiscale persistante entre la Suisse et l’Italie. Il s'agit de biens : souvent de très grande valeur ; fréquemment mobiles et destinés à une circulation internationale ; parfois accompagné d’une documentation complexe ou d’étapes intermédiaires ; susceptibles d'être transférés pour vente, stockage, restauration, exposition ou héritage. Dans ce contexte, l'ordonnance no. 24764/2026, même s'il ne décide pas du bien-fondé, conserve une forte importance symbolique et pratique. Symbolique, car il montre que le système a ressenti le besoin de corriger, par le biais de la Cour constitutionnelle, les excès d'un appareil d'ablation conçu pour la répression douanière traditionnelle mais appliqué à la TVA à l'importation. Pratique, car après la phrase no. 93/2025, la position de l'opérateur qui a entièrement payé le montant dû est considérablement renforcée contre la permanence de la confiscation. Il est toutefois entendu que la décision constitutionnelle n'atténue pas les obligations substantielles de déclaration et de paiement. Cela n’efface pas la frontière fiscale ; cela ne fait que rendre les conséquences des sanctions plus proportionnées en cas de régularisation complète ultérieure. Pour le marché de l’art, le message est clair : le respect préventif reste essentiel, mais le système ne peut plus exiger, une fois les intérêts fiscaux pleinement satisfaits, un sacrifice financier supplémentaire et potentiellement disproportionné que représente la perte définitive du bien.
Conclusions L'affaire a abouti à Cass. civ., Sec. Unis, ordre. n. La loi n° 24764/2026 démontre tout d’abord que la forte intégration économique entre la Suisse et l’Union européenne n’a pas effacé la frontière fiscale de la TVA. La Suisse reste en dehors du territoire douanier et du système commun de TVA de l'Union ; par conséquent, l'introduction d'œuvres d'art et de biens de grande valeur en Italie continue, en règle générale, d'intégrer une importation fiscalement pertinente. L’absence de droits, ou leur atténuation suite à l’accord de 1972, n’implique pas l’absence de TVA sur les importations, qui conserve une autonomie fonctionnelle et réglementaire. Sur le plan de la sanction, la relation entre l'art. 70 d.P.R. n. 633/1972 et TULD ont produit depuis longtemps un régime particulièrement sévère, aboutissant à la possibilité de confiscation des biens. La dépénalisation de la simple contrebande a mis en lumière les contradictions de ce système, surtout lorsque la mesure ablative survivait dans le contexte administratif même après paiement intégral de la taxe et des sanctions. Ordonnance no. La loi 18284/2024 a correctement transformé cette tension en une question de constitutionnalité ; l’arrêt de la Cour constitutionnelle. n. 93/2025 a répondu en imposant une lecture proportionnée de la confiscation, incompatible avec son maintien une fois que l'intérêt fiscal de l'État a été pleinement satisfait. Enfin, le fait peut-être le plus intéressant demeure : l'ordonnance no. 24764/2026 n'est pas la décision définitive sur le fond à laquelle on aurait pu s'attendre, mais l'enregistrement procédural d'une solution qui s'est désormais développée ailleurs - dans la jurisprudence constitutionnelle et la légitime défense administrative.
En ce sens, la « non-décision » des Sections Unies confirme la pertinence de l'affaire : non pas pour ce qu'elle décide formellement, mais pour ce qu'elle permet de comprendre de la spécialité fiscale persistante de la frontière italo-suisse et de la nécessité, désormais incontournable, de soumettre également la confiscation douanière appliquée à la TVA à l'importation au contrôle du principe de proportionnalité.
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Questions fréquentes
- Quelle est la différence entre les droits de douane et la TVA à l'importation pour les marchandises en provenance de Suisse?
- Les droits de douane sont imposés sur les marchandises franchissant une frontière, souvent réduits ou supprimés par des accords tels que l'accord CEE-Suisse de 1972. La TVA à l'importation, en revanche, est une taxe sur la valeur ajoutée qui s'applique à l'introduction de biens provenant de pays hors UE, comme la Suisse, sur le territoire européen. Même si les droits sont assouplis, la TVA reste pleinement opérationnelle.
- Pourquoi la Suisse est-elle considérée comme une « frontière fiscale » pour la TVA malgré son intégration économique avec l'UE?
- La Suisse ne fait pas partie du territoire douanier de l'Union européenne ni de son système commun de TVA. Cela signifie que l'introduction de marchandises en provenance de Suisse en Italie est soumise à la TVA à l'importation, ce qui constitue une « ligne de frontière fiscale » claire. Le haut degré d'intégration économique n'élimine pas cette taxation.
- Comment la confiscation des biens pour la TVA impayée a-t-elle évolué après la décision de la Cour constitutionnelle de 2025?
- Le jugement n° 93/2025 de la Cour constitutionnelle a modifié la confiscation, la rendant non automatique. Maintenant, si le débiteur paie intégralement la TVA évasée, les accessoires, les intérêts et la pénalité financière, l'actif ne peut pas être confisqué. Cela reflète un principe de proportionnalité, qui surpasse le modèle précédent.
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