Confapi: crédit difficile bloque investissements PMI Nord

Rapport Confapi sur 2 000 PME : 60 % en difficulté en raison de la géopolitique et du crédit. Impact direct sur l’emploi et les salaires des travailleurs transfrontaliers de Varèse-Tessin.
Contexte
En bref
- Premier semestre 2026 : PME du nord de l’Italie en difficulté en raison de la géopolitique et du crédit
- 60 % de la production diminuée ou stable ; le chiffre d’affaires s’est arrêté de 60 % (32,54 % de baisse)
- Les exportations sont passées de 55 % (2025) à 58,3 % (E1 2026), mais 51,67 % des PME n’investissent pas
Faits clés
- Quoi : Confapi présente un rapport économique sur les PME italiennes
- Quand : 28 août 2026, premier semestre 2026
- Où : Rome (échantillon 2 000 entreprises, 47,18 % Nord-Ouest - région de Varèse)
- Qui : le président Cristian Camisa, le directeur de Confapi Varese Piero Baggi
- Risques principaux : tensions géopolitiques, crédit difficile, transformations technologiques
Le rapport économique Confapi présenté le 28 août 2026 à Rome dresse un tableau de tensions économiques aiguës pour les petites et moyennes entreprises italiennes. L’enquête a concerné 2 000 sociétés membres réparties à travers le pays : 47,18 % dans le Nord-Ouest (la province de Varèse fait partie de cette zone), 28,21 % dans le Nord-Est et 24,61 % entre les îles Centre et du Sud.
Piero Baggi, directeur général de Confapi Varese, a résumé le climat dans un article sur LinkedIn : la phase actuelle est marquée par une « incertitude complexe ». Les tensions géopolitiques, les transformations technologiques soudaines et les difficultés croissantes d’accès au crédit mettent le secteur sous pression, freinant la propension à investir et à la croissance sur les marchés internationaux.
Pour les travailleurs transfrontaliers travaillant dans les PME de Varèse et de Lombardie, cela implique de réels risques : les entreprises qui n’investissent pas n’embauchent pas, les entreprises en difficulté de crédit compressent leurs salaires, réduisent les horaires, risquent de recourir à des licenciements, réduisent les perspectives d’évolution de carrière.
Production, commandes, chiffre d’affaires : la première moitié de l’année ralentit
Les données du premier semestre 2026 montrent une contraction généralisée :
- Production : en baisse ou stable pour 60,89 % des entreprises, en hausse de 39,11 %.
- Commandes : en baisse ou inchangées pour 64,18 % des PME, en hausse de 35,82 %.
- Chiffre d’affaires : en baisse ou stable pour 60 % des entreprises (32,54 % en baisse, 28,05 % stable). Seulement 39,41 % ont enregistré une augmentation, principalement entre 1 % et 10 %.
Un point positif vient de l’internationalisation. La propension à l’exportation est passée de 55 % en 2025 à 58,3 % au premier semestre 2026, grâce à l’activité accompagnante menée par Confapi en synergie avec le ministère des Affaires étrangères, la SACE, le CDP de Simest et l’ICE. Cependant, 41,7 % des entreprises continuent de ne pas exporter, signe d’un potentiel non exprimé.
Details pratiques
Investissements bloqués : la moitié des PME abandonnent
Un chiffre inquiétant émerge du côté des investissements. 48,33 % des PME ont investi au premier semestre, mais 51,67 % n’en ont réalisé aucun. Parmi ceux qui ont investi, les investissements tangibles ont prévalu (70,11 %, notamment dans les machines et les usines) sur les investissements immatériels (45,98 %, stimulés par la formation, l’intelligence artificielle et la recherche et développement).
Sur la Transition 5.0, l’intérêt reste limité : seulement 8,3 % des entreprises ont investi dans ce domaine, tandis que 91,7 % n’ont rien fait. Les principaux obstacles rapportés par les entreprises sont : des investissements déjà planifiés mais reportés en raison du contexte économique (19,46 %), des entreprises déjà efficaces (20,81 %) et une bureaucratie excessive dans la présentation des projets (15,38 %).
Les énergies renouvelables peinent également à décoller : seulement 5,6 % des entreprises ont investi dans ce domaine au premier semestre, avec une nette préférence pour les usines d’autoconsommation (93,33 %). Cette immobilité des investissements a des répercussions directes sur les navetteurs transfrontaliers : les PME qui ne croissent pas n’ouvrent pas de nouveaux postes, ne recherchent pas de nouveaux talents, risquent de bloquer la progression de carrière et l’augmentation des salaires.
Crédit difficile : autofinancement forcé
Le crédit est devenu un obstacle sérieux. Deux entreprises sur trois (66,46 %) n’ont pas demandé de nouveau financement au cours du semestre. 56,33 % ont eu recours à l’autofinancement, une part en hausse de 10 % par rapport à 2025, face à la hausse des coûts bancaires.
Les raisons pour lesquelles les PME ne se tournent pas vers les banques sont significatives : 34,62 % craignent une évaluation négative de leur situation économique, tandis que 30,77 % considèrent que les taux d’intérêt sont trop élevés. Pour les navetteurs transfrontaliers employés, cette situation est cruciale : une entreprise qui n’accéde pas au crédit est une entreprise en difficulté de liquidité, avec des risques de retard de paie, de réduction des heures d’emploi et de recours à des fonds de licenciement.
Occupation : étancheté de surface, marges compressées
Sur le plan de l’emploi, les chiffres semblent rassurants. 68,04 % des entreprises n’ont pas changé leur effectif, 22,04 % l’ont élargie et 9,92 % l’ont réduite. Mais il y a l’envers : 63,56 % des entreprises ont enregistré une augmentation des coûts du personnel, pourtant pour 69,93 % cette augmentation n’a pas été compensée par une augmentation égale de la productivité.
En d’autres termes : baisse des revenus, coûts salariaux stables ou plus élevés, marges de plus en plus réduites. Ce tableau expose directement les travailleurs transfrontaliers au risque de compression relative des salaires (hausses bloquées), d’une moindre volonté d’embaucher de nouvelles recrues, du blocage des renouvellements de contrats. Il convient de noter que 43,8 % des entreprises déclarent avoir des employés en situation de handicap dans leur effectif.
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Points cles
Attentes pour la seconde moitié de l’année : la prudence l’emporte
En regardant vers la seconde moitié de l’année, l’ambiance reste prudente. 33,15 % des entreprises s’attendent à une contraction du marché, 28,93 % le considèrent comme stable, tandis que seulement 28 % voient une croissance, principalement modérée.
De manière constante, la production, le chiffre d’affaires et les commandes attendues sont indiquées comme stables ou en baisse respectivement de 76 %, 73 % et 71 % des PME. Sur le plan de l’emploi, l’attente et la vue prévalent : 71,62 % des entreprises conserveront leur effectif inchangé, tandis que 16,71 % s’attendent à devoir recourir aux filets de sécurité sociale. Ce chiffre est crucial pour les travailleurs transfrontaliers : l’utilisation d’amortisseurs (fonds de licenciement, CIGO, CIGS) réduit le salaire perçu et a des implications directes sur le crédit d’impôt que le travailleur transfrontalier peut récupérer en Italie (cadre CE de 730) ainsi que sur la déclaration fiscale suisse.
Pour les investissements prévus au second semestre, 30,9 % des PME prévoient d’investir. Les priorités restent l’achat de nouvelles installations et machines (63,6 %), suivie du renforcement des compétences (23,8 %) et de la transition numérique (22,7 %).
Intelligence artificielle et choc géopolitique
L’adoption de l’IA est en croissance. 23,28 % des entreprises prévoient d’investir dans ce domaine (un pourcentage qui monte à 43,75 % si l’on considère uniquement les investissements immatériels). Les principaux objectifs sont l’optimisation des processus de production (90,16 %) et l’amélioration des capacités de traitement et de gestion des données (81,97 %). Pour les navetteurs transfrontaliers ayant des compétences en informatique, automatisation ou gestion des données, cela représente une opportunité concrète de reconversion professionnelle.
Sur le front des tarifs américains, l’impact reste limité : 87,5 % des entreprises déclarent ne pas avoir subi d’effets significatifs, bien que 48,21 % rapportent une augmentation du coût des matières premières importées.
L’effet de la crise au Moyen-Orient est plus significatif. 69,47 % des entreprises estiment qu’une aggravation de la situation pourrait avoir des répercussions sur la rentabilité de l’entreprise, et plus de la moitié ont déjà enregistré un impact négatif : 76,19 % en raison de l’augmentation des coûts des matières premières et 72,55 % en raison des coûts logistiques. Environ 60 % des entreprises estiment que l’effet sur le chiffre d’affaires pourrait rester limité à 6 %, mais même une réduction de 6 % sur des marges déjà réduites peut entraîner des manquements d’embauche ou des réductions salariales.
Que faire en tant que navetteur transfrontalier : stratégies concrètes
Les statistiques de Confapi décrivent un scénario où la prudence est le mot d’ordre. Pour les travailleurs transfrontaliers travaillant dans la province de Varèse et en Lombardie frontalière, l’impératif est de surveiller la santé de leur entreprise et de planifier des alternatives.
Actions recommandées :
1. Mettez à jour votre profil professionnel : La recherche d’emploi pourrait s’intensifier si les entreprises en viennent à des suppressions de personnel (9,92 % l’ont déjà fait au cours du premier semestre). Inscrivez-vous sur les plateformes de mise en relation d’emploi du Tessin pour réduire les délais de transition professionnelle.
2. Diversifier les compétences vers des secteurs à forte demande : 23,28 % des PME investissent dans l’IA, 23,8 % dans la formation, 22,7 % dans la transition numérique. Si vous travaillez dans des domaines traditionnels, envisagez de suivre des formations de requalification vers ces secteurs offrant de meilleures perspectives.
3. Connaître le filet de sécurité sociale disponible : Si votre entreprise signale des difficultés de crédit ou des refus de commandes, vérifiez la couverture du fonds de licenciement (CIGO/CIGS en Italie) à laquelle votre entreprise adhère. 16,71 % de l’échantillon prévoient de l’utiliser dans la seconde moitié de l’année. Savoir comment fonctionnent les subventions salariales vous permet de planifier votre budget familial.
4. Consultez un expert-comptable pour le cadre fiscal 2026 : Si votre employeur subit des modifications de salaire, des fonds de licenciement ou des modifications des horaires, l’impact sur le crédit d’impôt (cadre CE de 730) et les allocations familiales en Suisse peut être important. Un avis précoce évite les surprises dans la déclaration.
5. Surveiller les données économiques de Conflagi : Le rapport de Confapi est régulièrement mis à jour. Suivre les indicateurs de production, de commandes et de chiffre d’affaires des PME de Varèse vous fournit un indicateur anticipant les décisions commerciales.
Pour surveiller les opportunités d’emploi dans la zone frontalière, consulta gli annunci di lavoro su Frontaliere Ticino. Si vous évaluez les effets des changements de salaire sur votre taux net, licenciements ou changements d’horaire, usa il calcolatore di busta paga pour simuler différents scénarios et comprendre leur véritable impact sur vos impôts suisses et sur le crédit d’impôt italien.
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Source: varesenews.it
Questions fréquentes
- Quel est le pourcentage de PME qui ont réduit leurs commandes au premier semestre 2026 ?
- 64,18 % des PME ont signalé des commandes en baisse ou inchangées, avec seulement 35,82 % de croissance. Dans le contexte de la province de Varèse, où de nombreux frontaliers travaillent, cela implique moins de demande de produits/services et un risque accru de révisions des charges de travail et des heures travaillées.
- Quel est l'impact de la crise au Moyen-Orient sur les salaires des frontaliers ?
- 69,47 % des PME estiment qu'une aggravation de la crise pourrait affecter la rentabilité. Déjà 76,19 % signalent des augmentations des coûts des matières premières et 72,55 % des coûts logistiques. Des marges plus faibles peuvent se traduire par de moindres augmentations de salaire, un blocage des progressions de carrière, ou une réduction des heures de travail.
- Que doivent savoir les frontaliers sur le recours aux amortisseurs sociaux ?
- 16,71 % des PME prévoient de recourir à des amortisseurs sociaux dans la seconde moitié de 2026. Si votre employeur active la caisse d'intégration (CIGO/CIGS), votre salaire est réduit mais complété par l'INPS. Cela affecte le crédit d'impôt que vous pouvez récupérer en Italie (cadre CE du 730) et la déclaration fiscale suisse, il est donc essentiel d'en informer votre comptable.
- L'intelligence artificielle augmentera-t-elle les opportunités d'emploi dans la province de Varèse ?
- Oui, 23,28 % des PME prévoient d'investir dans l'IA (43,75 % si l'on considère les seuls investissements immatériels), en se concentrant sur l'optimisation des processus (90,16 %) et la gestion des données (81,97 %). Les frontaliers ayant des compétences en informatique, en automatisation ou en gestion de données auront une plus grande propension à l'emploi que les rôles traditionnels.
- Comment puis-je vérifier la santé économique de mon entreprise ?
- Il surveille les signaux du rapport Confapi : réduction des commandes (64,18 % signalent une contraction), difficultés de crédit (66,46 % ne demandent pas de nouveaux financements), report des investissements (51,67 % n'ont pas investi au premier semestre). Si votre entreprise présente plus d'un de ces signaux, il est prudent de mettre à jour votre profil de recherche d'emploi par précaution.
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