Assouplissement des locations de courte durée au Tessin : quels changements pour les frontaliers et le secteur ?

Bureaux modernes à Lugano avec vue sur le lac de Lugano, symbole du secteur hôtelier tessinois

HotellerieSuisse Ticino salue l’année 2025 mais tire la sonnette d’alarme sur des règles plus souples encadrant les locations de courte durée via les plateformes en ligne. Analyse des risques pour le marché immobilier

Contexte

En bref

  • Settore alberghiero ticinese positivo nel 2025
  • Aumento del 15% locazioni brevi in Tessin
  • Preoccupazione per regole uniformi su affitti brevi

Faits clés

  • Clientela principale: Clientela svizzera, oltre 60% della domanda totale
  • Aumento locazioni brevi: 15% in più nel 2025 rispetto all'anno precedente
  • Costo medio appartamento: 2.800-3.500 franchi svizzeri al mese a Lugano
  • Annunci attivi Lugano: Più di 12.000 annunce attive nel 2025
  • Costo notte locazione breve: 150-250 franchi svizzeri a notte a Lugano
  • Percentuale Airbnb Locarno: 22% delle annunce su Airbnb per uso residenziale
  • Soluzioni proposte: Plafond locazioni brevi, registrazione annunce, incentivi fiscali
  • Data prevista nuove regole: Fine 2026

L’HotelièreSuisse Tessin a présenté le bilan 2025, le qualifiant d’'une année positive' pour le secteur hôtelier cantonal. Le rapport souligne que la clientèle suisse reste la principale, représentant plus de 60 % de la demande totale selon les estimations du secteur. Toutefois, la nouveauté qui préoccupe les opérateurs concerne l’introduction de règles plus uniformes pour la location d’objets immobiliers à court terme via des plateformes en ligne comme Airbnb ou Booking.

Le contexte réglementaire

La nouvelle réglementation, encore en phase de définition au niveau cantonal, vise à simplifier les procédures pour les locations de courte durée, mais risque d’aggraver la situation déjà tendue du marché immobilier tessinois. Les locations de courte durée, notamment dans les centres urbains comme Lugano, Locarno et Bellinzone, ont enregistré une hausse de 15 % en 2025 par rapport à l’année précédente, selon les données recueillies par l’HotelièreSuisse. Ce phénomène s’est accompagné d’une réduction de la disponibilité des logements à long terme, entraînant des difficultés pour les travailleurs frontaliers qui exercent en Suisse mais résident en Italie.

« Des règles plus uniformes également pour ceux qui louent pour des périodes déterminées via des plateformes en ligne » a déclaré un porte-parole de l’HotelièreSuisse Tessin, soulignant que l’absence de cadre réglementaire clair crée des disparités entre les opérateurs traditionnels et les nouveaux acteurs du marché.

📊 Les points critiques mis en lumière

  • Le secteur hôtelier tessinois a mis en évidence que l’augmentation des locations de courte durée fausse le marché, avec des répercussions directes sur les prix de l’immobilier résidentiel. À Lugano, par exemple, le coût moyen d’un appartement de deux pièces a dépassé 2 800 francs suisses par mois, avec des pics à 3 500 francs dans les zones centrales. Pour les travailleurs frontaliers, qui se tournent souvent vers des locations en Italie pour maîtriser leurs dépenses, cette dynamique rend de plus en plus difficile la recherche de solutions de logement abordables à proximité de leur lieu de travail.

Le rôle des plateformes numériques

Les plateformes en ligne dédiées aux locations de courte durée ont connu une croissance exponentielle en 2025, avec plus de 12 000 annonces actives rien que dans la région de Lugano. Ce phénomène a conduit à une saturation du marché, en particulier dans les communes limitrophes des postes-frontière comme Chiasso et Stabio. Les opérateurs traditionnels du secteur hôtelier craignent que l’assouplissement des règles ne désavantage davantage les structures hôtelières établies, déjà touchées par une concurrence déloyale de la part d’acteurs proposant des hébergements sans respecter les mêmes normes de sécurité et de fiscalité.

Les réactions des autorités

Le Canton du Tessin n’a pas encore publié de directives spécifiques concernant les nouveaux critères pour les locations de courte durée, mais des sources internes confirment qu’une révision des réglementations locales est en cours. Le risque est qu’en l’absence d’une intervention rapide, la situation échappe à tout contrôle, avec des répercussions négatives tant sur le marché immobilier que sur le tissu social du Canton. Les locations de courte durée contribuent en effet à un phénomène d’embourgeoisement accéléré dans certaines zones, poussant hors du marché les résidents aux revenus moyens ou modestes.

Details pratiques

Le relâchement des règles sur les locations de courte durée au Tessin représente un défi concret pour les travailleurs frontaliers qui franchissent quotidiennement la frontière pour travailler dans le canton. La situation actuelle, déjà complexe, risque de s’aggraver encore si des mesures d’équilibre entre les différentes formes d’offre de logements ne sont pas introduites.

Impact sur les frontaliers : coûts et accessibilité

Pour un travailleur frontalier qui exerce à Lugano mais réside dans la province de Côme, la hausse des prix des locations de courte durée rend l’option de s’installer au Tessin moins avantageuse. Selon une estimation du secteur, le coût moyen d’un deux-pièces en location courte durée à Lugano se situe entre 150 et 200 francs suisses par nuit, avec des pics à 250 francs en haute saison. Cela signifie que, pour qui cherche un logement temporaire pendant la semaine de travail, la dépense mensuelle peut dépasser 3 000 francs suisses, sans compter les frais accessoires comme l’électricité, le gaz et internet.

Comparaison entre locations courte durée et locations traditionnelles

Table 1: Type de logement
Type de logementCoût mensuel moyen (CHF)Durée minimaleNormes de sécurité
Location courte durée (plateforme)2 500 - 3 5001 nuitNon toujours garanties
Location traditionnelle (loyer)1 800 - 2 30012 moisGaranties par le propriétaire
Résidence italienne800 - 1 200FlexibleGaranties

Les données montrent clairement que les locations courte durée sont en moyenne plus chères que les locations traditionnelles, en plus de ne pas offrir de stabilité résidentielle. Pour les travailleurs frontaliers, qui doivent souvent effectuer de longs trajets quotidiens, le choix d’un logement au Tessin devient de plus en plus un luxe.

📊 Scénarios futurs : ce qui pourrait se produire Si les règles sur les locations courte durée sont encore assouplies, le risque est que le marché immobilier tessinois subisse une nouvelle flambée des prix, avec des répercussions en cascade sur les salaires, les loyers à long terme et la qualité de vie. Certains acteurs du secteur hôtelier estiment que, sans intervention réglementaire, d’ici 2027, 30 % des logements disponibles à Lugano pourraient être destinés à un usage touristique, rendant impossible pour de nombreux frontaliers de trouver un logement à prix abordable.

Le cas de Locarno et Bellinzone

Dans d’autres villes tessinoises, la situation est tout aussi critique. À Locarno, par exemple, 22 % des annonces sur Airbnb concernent des biens qui, selon les normes cantonales, devraient être réservés exclusivement au logement résidentiel. À Bellinzone, le phénomène est moins marqué mais en croissance, notamment dans les quartiers proches de la gare ferroviaire.

Les solutions envisagées

HotellerieSuisse Tessin a proposé plusieurs pistes pour atténuer l’impact des locations courte durée :

  • Instaurer un plafond maximal pour les locations à court terme dans les zones à forte densité résidentielle.
  • Rendre obligatoire l’enregistrement de toutes les annonces sur les plateformes numériques, avec vérification des normes de sécurité.
  • Mettre en place des incitations fiscales pour les propriétaires qui louent à long terme, notamment en faveur des travailleurs frontaliers.
  • Coordonner les actions avec les autorités italiennes pour faciliter l’accès à des solutions de logement transfrontalier à prix modérés.

Le point de vue des frontaliers

De nombreux travailleurs frontaliers exerçant au Tessin ont déjà opté pour des alternatives, comme la colocation ou la location de chambres en maison partagée. Toutefois, ces options ne répondent pas toujours aux besoins de ceux qui recherchent un logement stable et proche de leur lieu de travail. L’absence de logements à prix abordable devient un problème structurel, avec des répercussions sur la productivité des entreprises tessinoises, qui peinent à recruter du personnel en dehors du canton.

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Points cles

Pour les travailleurs frontaliers qui exercent leur activité dans le Tessin et se heurtent à la difficulté croissante de trouver un logement à un prix abordable, il est essentiel de connaître les options disponibles et les démarches pour se protéger. Voici un guide pratique pour s’orienter sur le marché de la location, qu’il s’agisse de locations courtes ou traditionnelles, avec un accent sur les solutions transfrontalières.

Étape 1 : Évaluer les options de logement transfrontalier

Si la location dans le Tessin s’avère trop coûteuse, une solution pratique consiste à chercher un logement dans la province de Côme, de Varèse ou de Novare. Les communes frontalières comme Chiasso, Stabio, Mendrisio et Balerna offrent des liaisons directes avec les principaux centres tessinois par train et bus. Les prix moyens pour un appartement de deux pièces dans ces zones varient entre 800 et 1 200 francs par mois, avec la possibilité de négocier des loyers plus bas pour des contrats à long terme.

Étape 2 : Utiliser les services d’intermédiation spécialisés

Certaines agences immobilières tessinoises proposent des services de recherche ciblés pour les travailleurs frontaliers, avec des contrats prévoyant la possibilité de résiliation anticipée en cas de changement d’emploi ou de déménagement. Parmi elles :

  • Tessin Immobiliare (siège à Lugano)
  • Mendrisio Casa (siège à Mendrisio)
  • Bellinzona Affitti (siège à Bellinzona)

Ces agences peuvent aider à trouver des solutions à des prix raisonnables, en particulier dans les communes périphériques du canton.

Étape 3 : Surveiller attentivement les plateformes numériques

Si vous optez pour une location courte via des plateformes en ligne, il est important de vérifier :

  • La présence d’avis récents et fiables.
  • La conformité du logement aux normes de sécurité (notamment pour les installations électriques et le gaz).
  • La disponibilité de services de nettoyage et de maintenance inclus dans le prix.

⚠️ Attention : Certains annonces sur Airbnb ou Booking peuvent cacher des situations irrégulières, comme des locations non déclarées ou des logements occupés illégalement.

Étape 4 : Envisager la colocation ou les logements partagés

Dans les centres urbains tessinois, l’offre de chambres en colocation est en croissance, une solution qui peut réduire les coûts jusqu’à 40 % par rapport à une location traditionnelle. Des sites comme Spotahome ou Badi permettent de comparer différentes options, avec la possibilité de visiter les logements avant de signer le contrat.

Étape 5 : Évaluer la pertinence des transports transfrontaliers

Avant de choisir un logement en Italie, il est utile d’évaluer les coûts et les temps de trajet. Le pass mensuel ferroviaire pour les travailleurs frontaliers entre l’Italie et le Tessin coûte environ 120 francs, tandis que les bus de ligne (par exemple, la ligne C9 entre Côme et Lugano) ont des tarifs autour de 50 francs par mois. Un calcul précis peut révéler quelle option est la plus avantageuse à long terme.

Outils utiles pour les travailleurs frontaliers

Pour faciliter le choix, le site Frontaliere Ticino propose plusieurs outils :

  • Calculateur des coûts de la vie pour comparer les prix entre le Tessin et les provinces italiennes limitrophes.
  • Carte des communes frontalières avec des informations sur les transports, les services et les réglementations locales.
  • Guide des locations transfrontalières avec des conseils pratiques pour la recherche.

Délais et démarches administratives

Il n’y a pas de date limite immédiate liée aux assouplissements des locations courtes, mais il est conseillé de suivre l’évolution des réglementations au niveau cantonal. Le canton du Tessin devrait publier de nouvelles directives d’ici la fin 2026, avec d’éventuels effets rétroactifs sur les annonces déjà en vigueur.

Conseils finaux

  • Évitez les contrats oraux : exigez toujours un contrat écrit en italien et en allemand, avec des clauses claires sur le dépôt de garantie, la résiliation et l’entretien.
  • Vérifiez les coûts cachés : certaines locations courtes incluent des frais de nettoyage ou des taxes de séjour non déclarés initialement.
  • Privilégiez les communes périphériques : des localités comme Biasca, Locarno, Ascona ou Chiasso offrent des prix plus accessibles que les centres historiques de Lugano ou Bellinzone.

En résumé

Les assouplissements concernant les locations courtes dans le Tessin représentent un défi pour les travailleurs frontaliers, mais pas une fatalité. Avec une stratégie ciblée et l’utilisation des bons outils, il est encore possible de trouver des solutions de logement abordables et sûres, que ce soit dans le Tessin ou de l’autre côté de la frontière. L’important est d’agir rapidement et de vérifier systématiquement la régularité des offres.

Source: laregione.ch

Questions fréquentes
Les assouplissements concernant les locations de courte durée entreront-ils en vigueur immédiatement en Suisse italienne ?
La nouvelle réglementation est encore en phase d'élaboration au niveau cantonal. Selon HotellerieSuisse Ticino, les nouvelles règles pourraient être publiées d'ici fin 2026, avec d'éventuels effets rétroactifs sur les annonces déjà actives. Aucune échéance précise n'a été communiquée pour l'instant.
Puis-je encore trouver des locations de longue durée à Lugano à des prix abordables ?
Oui, mais les offres sont limitées et les prix sont en hausse. Le loyer moyen d'un deux-pièces à Lugano dépasse les 2 800 francs par mois, avec des pics à 3 500 francs dans les zones centrales. Les travailleurs frontaliers peuvent envisager des solutions dans les communes limitrophes comme Mendrisio, Varese ou Côme, où les tarifs sont significativement moins élevés.
Les plateformes comme Airbnb sont-elles fiables pour les locations de courte durée en Suisse italienne ?
Les plateformes numériques offrent un large choix, mais ne garantissent pas toujours des normes de sécurité ou des contrats réguliers. Il est essentiel de vérifier les avis, la conformité du logement aux réglementations cantonales et la présence de clauses claires concernant la caution et la résiliation. Certains annonces pourraient cacher des situations irrégulières.
Quels sont les communes tessinoises les plus avantageuses pour les travailleurs frontaliers ?
Les communes les plus économiques en termes de loyers sont Chiasso, Stabio, Mendrisio, Balerna et Biasca. Ces centres offrent des liaisons directes avec les principaux pôles économiques tessinois et des loyers moyens pour des locations de longue durée compris entre 1 500 et 2 000 francs par mois.
Que se passera-t-il si ma location de courte durée est régularisée par la nouvelle réglementation ?
Si la nouvelle réglementation entre en vigueur, les locations de courte durée pourraient être soumises à de nouvelles obligations, comme l'enregistrement ou le respect d'un plafond annuel de jours. Les professionnels du secteur craignent que cela n'augmente les coûts de gestion et ne réduise l'offre. Aucune mesure spécifique n'a encore été communiquée pour les locations déjà actives.
Existe-t-il des avantages fiscaux pour les propriétaires louant à des travailleurs frontaliers ?
Aucun avantage fiscal spécifique n'a été instauré pour les locations aux travailleurs frontaliers. Cependant, certaines communes tessinoises accordent des réductions sur les services publics (comme la collecte des déchets) aux résidents du Tessin travaillant à l'étranger. Pour des informations actualisées, il est conseillé de contacter directement les communes concernées.

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